cocorosie

La première fois que je les ai vues en concert, c’était à Barcelone en 2007. Je me rappelle encore de chaque détail – le théâtre Apollo et ses énormes fresques rouges, la Estrella à un euro, le masque blanc du beat boxeur, les voix uniques et imposantes des sœurs Casady, ces mystérieuses femmes déguisées, ma transe qui ne finissait pas de durer… Au beau milieu de la nuit, dans les rues étroites de Barca, je me disais que jamais plus je pourrai revivre un tel moment. La beauté de l’éphémère.

Mais voilà que lundi soir, elles étaient là, à Montréal. À l’Olympia, cette salle que j’aime tant. Elles étaient là, de retour, traînant avec elles leur univers incongru texturé d’opéra, de lourds synthétiseurs, de beat box, d’harpes et de percussions, d’images organiques, de chant lyrique, de bruits psychiques – un monde parallèle de musique où elles s’abandonnent corps et âme. CocoRosie, c’est pour moi un groupe éclaté qui a su s’imposer de par leur marginalité, leur différence, leur excentricité. Et décrire CocoRosie me paraît littéralement impossible – parce que leur son, il est unique et que les mots me manquent. C’est du domaine de l’inclassable, et ça me plaît ainsi.

Après avoir lancé La Maison de mon rêve, Noah’s Ark et The Adventures of Ghosthorse & Stillborn, elles nous reviennent avec un quatrième album intitulé Grey Oceans. Le sentiment d’être sous l’eau, je l’ai vécu tout au long du concert. Cette bulle hermétique dans laquelle nous étions tous plongés, incapables de remonter à la surface, parce qu’on était aspirés, là, au fond de cet océan gris. La beauté du spectacle – elles n’ont joué que les chansons de leur nouveau disque, que je connaissais à peine. Découverte et déstabilisation. Elles gardent cette même sonorité qui leur est propre. Cette même émotion onirique.

Derrière elles défilait une projection vidéo étrange où manèges, masques, textures et nature s’entremêlaient. J’étais ailleurs, complètement ailleurs, et ce, pendant une heure trente.

//Transe transcendante//

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