4. Reflection Eternal

Bon, primo, je dois vous faire une confidence. Je suis une amateure de hip-hop. Oui, oui, une vrai de vrai. Ça commencé pendant mon adolescence. Vous voyez le genre : influençable, j’essayais d’intégrer la « bande », j’achetais des disques à vingt-cinq dollars qui ne me disent rien, j’assistais à des concerts sans trop apprécier. Et voilà qu’au fil du temps, mes goûts se raffinent, je développe mes intérêts, je découvre, et ça y est, je suis contaminée. Solidement. J’ai découvert Talib Kweli il y a déjà quelques années. J’aime ce qu’il produit en solo, mais sa collaboration avec Hi-Tek est vraiment ce qu’il y a de plus solide. Ensemble, ils forment le groupe Reflection Eternal, ils bâtissent des tracks qui sonnent et résonnent, qui nous font réagir et lever la main droite instinctivement pour suivre le beat. Leur premier album Train Of Thought, sorti en 2000 a fait des ravages. Peu de temps après, ils se séparent pour travailler sur des projets solos. Dix ans plus tard, de nouveau réunis, ils sortent Reflection Per Minute, collaborant notamment avec Estelle, Bilal, Bun B, Mos Def, Jay Electronica, J. Cole, Res, et Chester French. Cet album, il vous collera à la peau, croyez-moi.

Lundi dernier, au Club Soda, Talib Kweli et Hi-Tek nous ont offert une performance solide – du hip-hop franc et engagé, qui a fait fibrer la place au grand complet. Le duo est arrivé sur scène sans prétention aucune. Ils se sont installés, micros en main, enflammant le Club Soda au grand complet. La foule, visiblement hétéroclite, était festive et prête à encaisser des volts de bon beat ! Accompagnés de leurs musiciens, ils ont présenté la quasi totalité de leur nouvel album. On a aussi eu droit à leur bon vieux son, me ramenant des années derrières. Petit moment de nostalgie. Les chansons s’enchaînaient fluidement, le flow était incroyable. Le duo new-yorkais avait de l’énergie à revendre, et surtout, une parole à propager. La fin de concert était des plus impromptues : Talib et Hi-Tek ont invité toutes les filles de la place à monter sur scène pour danser. Talib a fini la soirée derrière les plaques tournantes pour le plaisir de tous.

Crédits à Marylin Dubeau pour les photographies.

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