Interviewer Chromeo dans une petite ruelle crado derrière les Foufs ; c’est fait, je peux maintenant mourir en paix ! Je n’ai pas l’habitude d’être nerveuse, mais quand Dave One, avec ses lunettes rondes, son look fringué et son franc parlé a répondu à ma première question, en me regardant dans les yeux, avec son air détaché limite arrogant, mes mains moites glissaient affreusement sur mon micro.
« Il fait beau à Montréal. » Dave One, qui a quitté notre métropole pour un monde meilleur – je parle bien sur de New York City ! – est toujours heureux de revenir dans sa ville natale. Enseignant à l’Université de Columbia, il jongle entre les corrections d’examens, la musique et les tournées mondiales – quelle belle galère, non ? P-Thugg, lui, réside toujours à Montréal, fidèle à sa patrie. Fréquentant la même école secondaire, ils se sont rencontrés à l’âge de quinze ans, alors qu’ils étaient tous deux fans de hip-hop. Au fil du temps, les collabos et les rencontres les ont menés à vouloir créer leur propre son. Ils ont commencé à enregistrer leurs premières compositions en 2002. Huit ans plus tard, on a droit à deux excellents albums – She’s In Control et Fancy Footwork – sans oublier bon nombre de remixes, EPs, compilations et collaborations.
En cette soirée du 31 juillet, le duo electrofunk venait nous présenter leur nouvel album Business Casual, qui sera sur les tablettes le 14 septembre 2010. (on sort l’agenda, et on note) Dans le cadre de Osheaga en Ville, ils ont performé au Métropolis, qui a seulement commencé à se remplir au son des douze coups de minuit. Il fallait quand même donner le temps aux festivaliers de quitter l’île Ste-Hélène, se remettre de leur buzz d’Arcade Fire, et enfiler une dernière pinte avant d’être frais et dispos pour Chromeo ! Durant ce temps, l’excellent groupe Neon Indian, originaire de Denton, Texas, a réchauffé la salle avec une solide performance.
Le concert de Chromeo a été à la hauteur de mes attentes. Le tandem montréalais nous a offert un melting pot d’anciennes chansons, de gros tubes, et aussi, de pièces de leur nouveau bébé Business Casual. On sent toujours l’influence marquante des années quatre-vingt, avec un son « synthy, poppy, funky » qui s’avère être la marque de commerce du groupe. Une chaude soirée où, coincés comme des sardines, on a pu apprécier une musique de qualité, qui nous a fait danser jusqu’au milieu de la nuit.
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