Les soirées drum’n’bass du Petit Campus font peau neuve  

S’il y a une chose que l’on puisse dire du milieu du drum’n’bass (et des milieux des différents styles de musique électronique en général) c’est qu’il est dynamique. La métropole, comme la plupart des milieux urbains de ce monde, fourmille de spécialistes de la console qui vouent la majorité de leur temps aux rythmes convulsifs et saccadés. Certains sont artistes de la production musicale, d’autres communiquent leur amour du style en nourrissant les foules à partir de leur tribune derrière les platines, alors que d’autres se chargent d’organiser des événements dont l’ampleur ne cesse d’augmenter. Et bien entendu, toute une flopée de fans aguerris boit à même la source. Les choses bougent, les foules se déhanchent et les passions s’enflamment. Je me permets aussi d’insister sur le fait qu’il ne s’agit point d’un phénomène exclusif au drum’n’bass. Tous les styles de musique électronique y goûtent en ce moment : le dubstep, la trance psychédélique (ou psytrance), la house, et j’en passe. La scène électro locale est au sommet de sa forme. 

Le Petit Campus a son rôle à jouer dans cette explosion électronique et culturelle. En effet, le deuxième étage de cette véritable institution montréalaise abrite les soirées KO une fois par mois, des événements où le drum’n’bass est à l’honneur et où les amateurs du genre se réunissent pour partager leur enthousiasme. 

Le soir du 24 septembre n’était cependant pas une soirée KO comme les autres. En effet, il s’agissait du moment où le créateur même de la soirée, le DJ résident Golgo 13, tirait officiellement sa révérence. Maintenant un incontournable montréalais, les soirées KO sont nées en 2004 au Café Chaos, une époque ou Golgo 13 se buttait souvent contre des gérants de salles ne voulant pas d’un DJ drum’n’bass dans son genre.  Il a donc décidé de prendre le taureau par les cornes et de fournir aux DJs drum’n’bass locaux une tribune à partir de laquelle s’exprimer.  

Six ans plus tard, qu’est-ce qui pousse le chevronné producteur à mixer ses dernières boucles ? « J’ai fait ma part pour la scène en tant que DJ maintenant c’est plus en tant que promoteur, producteur, booker, directeur artistique que je veux poursuivre dans la musique » avoue-t-il. Sa « dernière mission » a certainement fait naître un peu de nostalgie dans l’âme de quelques-uns. Par contre, ce n’est pas la larme à l’œil que le public a reçu le fruit de ses efforts derrière les tables tournantes, un mix tout en puissance, mené de main de maître (c’est le cas de le dire). Précédemment, c’était Generic qui avait enchaîné les morceaux avec brio, suivi du tout nouveau DJ résident RCola. Ce dernier a charmé la foule avec son drum’n'bass à saveur reggae tout à fait sublime. On a entre autres pu entendre un remix à la sauce d’n'b de la chanson Waiting in Vain de Bob Marley & The Wailers : de toute beauté. Puis, c’est le deuxième nouveau DJ résident, Subtone, qui a terminé la nuit, en enfilant des boucles lourdes, sombres et énergiques qui conféraient à son mix des sonorités quasi-schizophrènes. Seul bémol (et c’est bien personnel): l’omniprésence du emcee. Ce n’est pas que Qbic ne soit pas talentueux, car sa façon d’enfiler les rimes improvisées sur les rythmes a tôt fait d’impressionner. Par contre, le drum’n'bass est un style qui se suffit à lui-même et ceux qui le produisent déploient généralement des aptitudes à générer des ambiances. Il aurait donc été intéressant de mieux équilibrer les moments instrumentaux et les moments de collaboration.  

Les soirées KO semblent vouloir tenir la route et il y a lieu de s’en réjouir. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’au terme d’une telle soirée, il nous est permis d’entrevoir les prochaines avec optimisme. À surveiller.  

Les soirées KO
Une fois par mois au Petit Campus
Avec DJs résidents RCola et Subtone


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