Technical Kidman, superfossilpower et Pom Pom War à l’O Patro Vys : Atypique et psychédélique
par Antoine Leclerc et Emily H
Il y a de ces soirées quelque peu insolites, durant lesquelles on sait qu’on assiste à quelque chose de particulier. Le 1er décembre, soir que Technical Kidman, superfossilpower et Pom Pom War ont choisi pour offrir au public leur prestation colorée, constitue assurément une de ces veillées mystifiantes.
La manière dont s’entame la représentation correspond avec l’étrangeté qui caractérisera la soirée dans son ensemble. C’est dans une longue complainte de synthétiseur que le chanteur multi-instrumentiste du groupe Technical Kidman débute le spectacle. Pendant que cette longue vibration de basses fréquences fait vaciller les tympans, il hulule dans le microphone, en s’amusant avec les pédales à effets étalées à ses pieds. Couronné d’une casquette dont la teinte multicolore semble avoir abusé du LSD, il semble en transe, complètement perdu dans son monde étrange.
Puis, le batteur arrive, suivi du guitariste. Ce dernier ne s’installe pas tout de suite. Avant d’agripper son instrument, il distribue quelques tambourines à une dizaine de personnes du public. Pendant ce temps, le chanteur continue ses incantations sur fond de torrent sonore. Puis, une fois fin prêt, le trio plonge abruptement dans un rock bien rythmé, accentué par des voix pleines de reverb et des riffs de guitare rapides et bien sentis. On peut parler de rock psychédélique, capable de charmer les adeptes d’indie rock, mais également les fans de punk de ce monde. On peut notamment penser au dernier morceau joué par le groupe, qui se termine dans un jam tonitruant bourré de distorsion, au sein duquel les notes se succèdent à un rythme effréné. Ça varlope ! À n’en point douter, le public se régale. Les quelques spectateurs aux abords de la scène frappent sur leur tambourine frénétiquement, en bougeant de manière quasi-convulsive. On dit souvent que le premier groupe montant sur les planches lors d’un spectacle est là pour « réchauffer la foule ». Technical Kidman l’échaude, la brûle presque. Tout un début.
Next onstage is Tyler Rauman and his keyboards (AKA superfossilpower), and his set is fun not just for the ears, but the eyes as well. He begins his set with a little ritual, kneeling before the stage and mixing, with great pomp, some liquids together. The resultant stuff–exactly like glowstick innards–is splashed in a line before the stage band onto the big black monitors. Intriguing! He then takes his place behind the keys and, after asking to have all the floodlights on the stage turned off, begins to play.
superfossilpower’s music is a sort of indie electro that is sometimes tinny, sometimes heavy. The distorted vocals and Rauman’s good sense of timing make his music very danceable. He also clearly knows how to enhance his music’s ambiance–wearing colourful masks, lighting the stage with Christmas lights and candles, arranging fake flowers everywhere, and–best of all–handing out sparklers! If you’re a fan of dark bizarro danceparties, check out superfossilpower.
Puis, après une longue attente, c’est Pom Pom War qui s’installe sur scène. Ayant eu vent de la grande énergie qui les anime lorsqu’ils s’offrent à un public, je suis fébrile. Avec raison. Ils et elle sont costumé(e)s, concentré(e)s et disjoncté(e)s. Ils et elle sautent, se déhanchent, plongent les spectateurs dans un univers musical qui, tout en sonnant punk, se caractérise par un côté rock garage aux accents new age, électro, voire dance. Une espèce de post-rock entraînant un peu thrash, sale et granuleux, mouvementé et vif parvient à nos oreilles, qui ne s’en plaignent point. Ça pousse un peu dans les premiers rangs, alors que les riffs endiablés gorgés de distorsion embrasent les ardeurs d’un peu tout le monde. Je me rends compte qu’il s’agit d’un de ces groupes qu’il faut absolument voir en spectacle. Leurs pièces enregistrées en studio semblent prendre vie lorsqu’ils s’affairent à les interpréter devant une foule d’enthousiastes.
On se doit de remarquer la voix particulière de la chanteuse Caro Dostie, qui livre toute une performance. Les fins des vers qu’elle énonce d’un ton baveux à souhait semblent se retrousser vers l’aigu, conférant une belle désinvolture à son style vocal. Il est difficile de s’empêcher de comparer Dostie avec Karen O des Yeah Yeah Yeahs.
Au milieu de la prestation des étranges lurons de Pom Pom War, je comprends qu’ils et elle constituent une solide bande. Voyez vous-même, en dévorant le vidéoclip de l’excellente Cha Cha. Une séance particulière vient clore une soirée qui l’est encore plus. Une de ces veillées, vous dis-je…
Vidéoclip de Cha Cha, de Pom Pom War :
http://www.youtube.com/watch?v=2GVAcJH6qT8
MySpace de Pom Pom War :
MySpace de superfossilpower :
www.myspace.com/superfossilpower
MySpace de Technical Kidman :







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