Lundi avait lieu le concert de l’artiste breton Yann Tiersen dans le cadre des festivités de Montréal en lumière. C’est dans un Métropolis qui affichait presque complet que l’homme aux mille talents nous a offert une performance plutôt déstabilisante.
Pour ceux qui aime Yann Yiersen pour sa trame sonore dans le film Amélie Poulin, je suis certaine qu’ils ont expérimenté une légère (le mot est faible) déception. Yann Yiersen, ce n’est pas seulement un homme romantico au piano, qui compose des balades légères et enfantines. Oublions les xylophones et les comptines. Venu nous présenter son nouvel album Dust Lane, le musicien, accompagné de ses cinq acolytes, a transporté le public dans une atmosphère mélancolique ponctuée de longues envolés musicales transcendantes.
Transcendantes, certes, mais il était difficile de pénétrer dans cette bulle que Tiersen semblait avoir tissé trop serrée. De longues pièces où l’acoustique et l’électronique se chevauchaient, tantôt instrumentales, tantôt aux paroles anglophones. Un aspect marquant : la quantité d’instruments sur scène. Le sextet s’est amusé avec guitares, violons, mandoline, piano, clavier, drums. Très orchestral.
Mon bémol : la nonchalance de Tiersen. Il a à peine salué son public. Un timide « bonsoir », avec un hochement de tête. Il n’a pas réussit à créer ce contact, cette chaleur avec la foule. Entre les chansons, un lourd malaise s’installait – le Métropolis semblait endormi dans un silence étouffant. Entendre la respiration de son voisin, alors qu’on est pas dans un concert de l’OSM, c’est normal?
Mais reste que Tiersen, c’est un musicien hors paire. Il a su me charmer de par la complexité et la diversité de ses pièces. On a eu droit à de grands moments. Dark Stuff, chanson en deux temps où on passe de la plénitude à l’agressivité, avec un riff qui atteint l’explosion. The Wire, c’était mon moment magique. Yann Tiersen et son violon endiablé. L’homme et l’instrument. Seuls sur scène.
Yann Tiersen, entre transe et silence.
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