En musique, tendre à la perfection est impossible mais plusieurs artistes et formations passent bien près de cet exploit. En cet après-campagne électorale où le peuple québécois se détache encore une fois du reste du Canada, je voulais vous présenter un album concept remplit d’émotions enregistré par une formation incomparable. Voici donc une humble appréciation de The Alchemy Index de Thrice.
Oui ce n’est pas un album récent mais la qualité créative de The Alchemy Index mérite d’être louangée à travers le plus de tribunes possibles. Un peu d’histoire Thricienne: formation formée en 1998 ayant touché au punk simpliste sur Identity Crisis, au punk-technique avec The Illusion of Safety et flirtant avec l’emo-punk grâce à The Artist in the Ambulance. 2005 est une année charnière pour le groupe qui nous offre un nouvelle tangente expérimentale dans Vheissu, audacieux, travaillé, différent, l’opus touche un nouveau public et obtient un succès retentissant. Maintenant je me permet d’arriver au vif du sujet: The Alchemy Index Vol.1-4. Vous avez bien lu, deux albums doubles, quatre éléments, un résultat épatant.
Parut en 2007, le volume 1-2 nous présente deux éléments contradictoires: le feu et l’eau. Certains puristes diront que la formation californienne a perdue sa flamme, à chacun ses opinions mais je voudrais glisser deux mots; audace et innovation. Le résultat élémentaire est-il respecté?! Merveilleusement selon moi, Fire est agressif, rageur, dotée d’une lourde noirceur agencée de moments vaporeux comme sur Backdraft et à la finale de The Flame Deluge. Les textes sont d’ailleurs toujours liés à l’élément en question, références historiques, titres évocateurs et refrains accrocheurs poussent Dustin Kensrue à se surpasser.
Il est maintenant temps de plonger à travers le planant et électro Water. À la première écoute on se dit ”Mais la polyvalence à un nom!”. Album atrocement opposé à Fire, il permet un moment de répit et de détente. La lenteur est dominante et la voix de Dustin est d’une légèreté enivrante. Un opus plongeant l’auditeur dans un état de relaxation… Oui oui! Aucune réelle surprise n’est perceptible à travers les différents titres. Nous nageons littéralement dans un territoire aquatique dense, calme et réconfortant. Les textes sont orientés sur le questionnement de la vie et de l’humanité. Les pensées d’un homme piégé sous l’eau. Par contre, il s’agit peut-être d’un couteau à doubles tranchants car certaines personnes pourraient trouver le rythme de l’album morose et ennuyeux.
Dégageons-nous de l’eau pour mieux s’envoler et continuer ce périple en terre inconnu. Thrice poursuit sont expérimentation avec Air, premier volume du deuxième album double. Air présente le retour anticipé de la batterie plus présente et des sulfureux riffs de guitares. Le chant, toujours aussi léger et vaporeux, s’enchaîne sur plusieurs rythmes différents. Les six titres se présentent sous divers tempos tels une tempête incontrôlable se changeant en une agréable brise de printemps. Les thèmes des pièces sont encore une fois liés à l’élément vedette à travers l’histoire mythique d’Icare, les vols du 11 septembre et du déplacement du corps en chute libre. Bref, un nouveau souffle rafraichissant après Water.
Il est temps de conclure cette longue tirade, en retombant sur nos pieds avec le 4e et dernier volume : Earth. Un dernier effort simple, efficace et acoustique qui confirme le succès créatif de Thrice. Dustin Kensrue nous partage plusieurs émotions à travers l’opus grâce à son talent pleinement maîtrisé. J’ai été transporté par la guitare acoustique, le piano, les instruments à vents et le banjo. Se sont deux albums que je recommande aux chercheurs d’expérimentation, de divertissement et de créativité. Dans l’optique où le groupe surfait sur une base punk, le résultat est totalement surprenant. D’ailleurs, les 4 albums terminent sur la même déclinaison, à vous de le découvrir. Une œuvre est un produit subjectif alors je conseille de laisser la chance au coureur, un peu comme en politique.








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