Première partie ici
Simon Walls est un musicien et explorateur qui aime partager sa musique avec les gens qu’il rencontre. Il est même allé jusqu’à traverser le Canada à pieds, afin d’aider sa musique à voyager! On vous présente le deuxième extrait de l’entrevue écrite avec cet artiste, alors qu’il est présentement dans le coin du Nouveau-Brunswick. Pour plus d’informations, lisez la première partie de l’entrevue!
Dans la chanson « Any day », tu t’adresses à ton père, est-ce que ça été dur d’être loin de ta famille et de tes amis ?
On s’habitue et même qu’on apprécie l’éloignement. Je me souviens qu’une partie de la chanson a été composé quand j’étais à Thunder Bay, j’ai eu un appel de la compagnie de disque pour me dire qu’ils ne pourront plus financer mon nouvel album à mon retour, ce qui m’a plutôt mit a terre. Je voyais l’endettement arriver et la deuxième partie de la traversée était en jeu. Finalement après avoir parlé à plusieurs personnes près de moi, ils m’ont décompressé et m’ont tous apporté leur aide à leur façon. Donc, la chanson s’adresse à mon père, mais aussi à ma mère, mes amis et tout le monde dans mon entourage. Même quand je dis God, je ne suis pas très croyant, mais ça évoque plus la signification spirituelle de justement faire confiance à ce qui s’en vient. Foncer et espérer que quelque chose se passe. Après un horaire de débile entre le studio et la job, je suis finalement reparti, mais ça l’a passé proche que je reste chez nous tout l’été, je me considère vraiment chanceux que tout soit entré dans l’ordre de façon très indépendante.
As-tu eu de la visite de proches durant ton voyage ou tu as tout fait seul à pieds ?
Quelques reprises, mon père est venu me rejoindre pour marcher une semaine entre Lake Louise et Calgary, mes chum de Hey Sugar étaient en tournée canadienne pendant que j’étais en Saskatchewan, alors on a trippé ensemble. Mon ami Stevens et mon père sont venus aussi quand j’étais à Sault Ste Marie et j’ai eu d’autres membres de ma famille et des amis qui ont marché avec moi près de Montréal. Sinon, mon frère est présentement avec moi à Fredericton pour faire quelques jours. Des fois c’était dur de communiquer par téléphone, je passais souvent dans des recoins reculés où il n’y avait aucun service, ni maison ni personne pendant quelques jours, mais ça fait partie de la game. Ça rend l’aventure plus intense.
Plusieurs de tes chansons ont été écrites sur la route, est-ce que le fait d’écrire et de composer devenait ta thérapie quand tu te sentais seul ?
Totalement, à force de penser et philosopher toute la journée, arriver le soir, je tiens un journal très détaillé de ce qui ce passe et souvent des brins de paroles commençaient là. Il y avait des temps morts en plein milieu de nulle part où il faut que tu occupes ta tête à quelque chose sinon tu deviens fou, écrire à toujours fait partie de mes occupations depuis des années. J’ai surtout commencé à utiliser l’écriture après avoir lu le livre “The artist’s way” de Julia Cameron, que je recommande fortement à toute personne ayant une démarche artistique quelconque.
Pour toi, c’est quoi le meilleur ingrédient pour réussir une chanson ?
Pour moi, il faut que ça vienne naturellement. J’ai déjà essayé de me forcer à écrire, prendre 3 ou 4 jours de suite à juste faire ça, mais quand l’inspiration ne vient pas, ca ne marche pas. Alors, je commence juste quand j’ai une étincelle et à partir de là, je peux faire que ça jour et nuit. Sinon, je pense qu’une histoire vécue m’aide toujours plus à écrire, ça rend l’écriture fluide, ça permet de vraiment mettre une trame sonore à l’intensité de ce qui est arrivé.
Tu as enregistré et autofinancé ton premier album, où as-tu trouvé tout l’argent nécessaire pour arriver à amasser cette somme ?
Les 2 albums ont été financés de ma poche. J’ai amassé l’argent nécessaire quand je travaillais comme intervenant à la Maison des Jeunes de St-Rémi. Je me sers la ceinture et je coupe mes dépenses au max. À mon appart, je n’avais pas d’internet, une tv qui n’était pas branchée donc pas de câble, un forfait téléphone au minimum. C’est un bel apprentissage au bout du compte. J’ai pu aussi emprunter de l’argent à mon père, j’allais jouer de la musique dans le métro, tous les moyens sont bons. C’est souvent tout le processus d’amasser de l’argent et finalement d’enregistrer qui est trippant. Quand tu regardes le résultat final entre tes mains, souvent tu n’en reviens pas tout ce que tu peux faire pour la musique.
Tu es professeur de musique pour la fondation Tim Hortons, pour toi, qu’est-ce que la musique représente ?
Oui mais plus maintenant, c’était une autre chose que j’ai fait pour payer l’enregistrement. C’était fou la bas, j’ai eu la chance de faire la musique avec des jeunes qui ne savait même pas qu’ils avaient un potentiel fou. Juste ce partage de connaissance était d’une inspiration tellement profonde. Beaucoup des jeunes venaient d’un milieu assez rough et j’essayais d’utiliser la musique envers eux de la même façon qu’elle m’aide à tous les jours. Je faisais des ateliers d’écriture de chanson et des cours de djembé. Donc pour moi, c’est une façon incroyable de s’exprimer, et pas obligé de la commercialiser, c’est vraiment en premier lieu une façon de communiquer, une langue comme une autre.
Qu’est-ce qui t’animes le plus dans le fait de la partager en étant sur la route, ainsi qu’en donnant des cours ? Veux-tu en quelque sorte redonner à la musique ce qu’elle t’a apporté ?
On pourrait dire ca oui. En fait ce que je trouve vraiment trippant, c’est de voir l’éveil, le développement et l’évolution du jeune dans le processus, j’ai l’impression de me voir à travers eux parfois. Et c’est drôle à quel point c’est vraiment un partage, donner des connaissances et t’en faire donner en retour. De plus l’art des jeunes que j’ai rencontré m’en a apprit beaucoup sur la personne que je suis sans qu’ils le sachent.
Et pour finir, quels sont tes prochains projets, vas-tu rester un temps à St-Jean ou tu vas revenir à Montréal pour donner d’autres spectacles cet automne ?… Pas de voyage à l’horizon ?
Je termine ma traversée milieu septembre, et on commence déjà à booker quelques spectacles au Québec et en Ontario pour octobre et novembre. Pour ce qui est des voyages, je garde le prochain projet secret pour l’instant, mais ça va toujours avoir rapport à la musique et cette fois, je ne traverserai pas de pays à pied, j’en ai eu ma dose je pense. Mais ça va être trippant!
Si on veut te rejoindre, on va sur myspace et on peut acheter ton album sur i-tunes est-ce exact ?
Oui, et sur mon site web où il y a aussi un blog et tout le kit, beaucoup plus complet que myspace.
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