Selon Simon, chaque chanson  a une histoire et chaque note, quelque chose à dire. Après la sortie de son premier album, Simon décida de partir en Espagne et de traverser tout le pays d’est en ouest, afin de tourner un vidéoclip. Cette fois-ci, il voulait traverser à pied le Canada en partant de Victoria jusqu’à St-Jean à Terre-Neuve. Il est présentement sur la route dans le coin du Nouveau Brunswick.

D’où te viens cette envie de faire voyager ta musique de façon non-conventionnelle ?

J’ai toujours eu la piqûre des voyages et je pense que dans le fond, la musique pour moi me sert à ouvrir des portes sur l’inconnu. Quand je suis revenu d’Espagne, je voulais vraiment trouver un moyen de combiner les deux, la marche et la musique, dans un seul projet. Quand j’ai présenté l’idée à mon ancienne étiquette de disques et à mon gérant actuel à Toronto, ils m’ont aidé à organiser le tout. Avec des personnes qui me supportaient, j’ai foncé. Et c’est vraiment qu’avec iTunes et CD Baby que je n’avais pas besoin de transporter des cd sur moi, ce qui aurait été impossible.

Est-ce que c’est important pour toi d’entrer directement en contact avec ton public ?

J’ai remarqué qu’en ayant l’approche du voyageur, c’est comme si c’était avoir un statut social égal à tout le monde, tout le monde me parle sans exception, plus que quand je fais de la tournée avec mon auto. J’entre souvent directement dans la vie privée des gens et c’est dans ces moments là qu’on peut vraiment voir la personnalité du monde, autour d’une table avec leur famille à manger la même bouffe qu’eux. Et j’aime surtout entendre les histoires de gens, pourquoi ils habitent là, ce qu’ils font dans la vie, alors oui, le contact est important, c’est souvent là que j’en tire mes inspirations et de nouveaux amis.

Si tu avais à choisir une péripétie qui t’es arrivé durant ton voyage, ça serait laquelle ?

Il y en a beaucoup trop pour dire qu’il y en a une plus importante que l’autre. C’est sûr que la fois où je me suis fait réveillé par des coyotes et des ours qui voulaient ma bouffe m’a marqué, mais sinon, une fois en Ontario, ma tente s’est cassée en plein milieu d’une tempête qui a dégénérée. J’ai du faire du pouce pour revenir à une grande ville et m’en acheté une autre petite tente une place qui m’a coûté 300$, même si mon budget ne me le permettait pas. En essayant de penser à la bouffe que je devrais économiser pour rebalancer mon budget, un gars et sa famille ont traversé la rue en me tapant sur l’épaule, et m’ont donné un total de 210$. La journée d’après un autre me donne 60$ à la condition de lui envoyer un livre si j’en écris un. J’ai apprit à faire confiance à la vie un peu.

Puisque tu as voyagé en Espagne, ton approche était-elle différente en Espagne?

En fait, en Espagne, c’était juste pour le tournage d’un vidéoclip. Je n’ai pas apporté ma guitare, seulement le nécessaire de la traversée avec une caméra vidéo. Mais les gens étaient aussi gentils, même si on ne parlait qu’avec les mains, mon espagnol était plutôt minable, juste assez pour manger, prendre une bière et aller à la toilette. Ça m’a surtout permis de composer des nouvelles chansons qui se trouvent sur le nouvel album Klein Blue.

Sur tes deux albums tu composes ta musique, écris tes textes et joues de tous les instruments qu’on peut y entendre. Cette passion pour la musique a commencé vers quel âge ? Y a-t-il eu un élément déclencheur qui t’as fait soudainement aimé jouer d’un instrument ?

J’ai commencé à 12 ans à jouer de la guitare et j’ai continué avec mes amis pendant l’adolescence et au secondaire, notre prof nous encourageait beaucoup à faire des compositions. Arrivé à 18 ans, j’ai fait Katimavik et c’est surtout là que j’ai prit goût à la composition de chansons. Chanter ce que tes trippes te disent et exprimer les hauts et bas d’être loin de chez moi et des nouvelles rencontres. Bref, c’est encore ca qui me fait tripper, mettre une couleur et une trame sonore sur certains événement que je vois et que je vis.

Tu as terminé l’enregistrement de ton deuxième album à Toronto. Sur ton myspace, on peut y lire que tu as été grandement influencé par tes rencontres à pied. Pourrais-tu nous en donner quelques exemples ?

En fait, l’enregistrement s’est fait à Montréal au Studio Parc, avec le réalisateur JY André, petite plug ! Je suis revenu à Montréal pour l’hiver et il fallait qu’un album sorte avant la deuxième partie. Dear Travelers en est l’exemple pure, en voyageant, tu rencontres souvent des voyageurs, de toutes sortes. Certains vraiment inspirant et d’autres qui ont complètement sautés une coche. « Smell of blue » parle plus de la solitude et de l’intensité du voyage d’une certaine façon, elle a été écrite entre Regina et Winnipeg, ça donne une idée. Souvent ce ne sont pas les personnes, mais plutôt tout ce que le voyage apporte et implique dans une vie.

La chanson « Dear travellers », leur rendrait-elle en quelque sorte hommage ?

Exact, je me souviens même d’avoir commencé à l’écrire quand je voyais des gens en bicycle et leur grosses sacoches me dépasser et ne pas s’arrêter pour parler, trop préoccupé à faire du millage et leur performance à toujours aller plus loin. Je me disais comment ils pouvaient manquer des choses et que le voyage perd tout son sens quand on ne considère plus ce qui nous entoure. Même chose quand nous sommes chez nous dans le fond, mais c’est juste ma façon à moi de voir le voyage, chacun sa manière de se sentir confortable.

Revenons maintenant à ton dernier album justement « Klein Blue » qui soit dit en passant est très bien réalisé. Tu abordes l’amour sur plusieurs formes. As-tu une muse qui t’inspire et si oui, est-ce qu’elle t’accompagne en voyage ?

Haha j’ai eu plusieurs muses au courant des années, disons le comme ça. J’ai écrit « Such a face » dans un petit village de l’Espagne, c’est surtout une hymne à une personne que l’on met sur un pied d’estal, notre personne idéale. Mais souvent, on fabule tellement pour se rendre compte que la personne est tellement loin de ce qu’on pensait, ce qui a été finalement le cas quand je suis revenu. J’ai l’âme plutôt solitaire disons et je n’ai pas rencontré personne qui était prêt à faire ce genre de trip, et c’est totalement correct. C’est vrai que je parle beaucoup d’amour, et il n’y a pas très longtemps, mon réalisateur m’a même fait remarquer que le thème de la souffrance revient souvent, même si la musique est joyeuse. Peut-être qu’une muse se joindra à de futurs projets un peu fou comme celui-ci, qui sait ! Ça l’air qu’il faut faire confiance à la vie et continuer à faire ce qu’on a toujours rêvé, le reste devrait suivre naturellement.

Pour la suite, ça va aller à vendredi ! C’est le cadeau de la fin pour la fin de semaine !

D’ici-là, découvrez Simon Walls ici

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