Ce n’est pas un secret : Montréal constitue le havre de plusieurs scènes musicales émergentes. Loin des palmarès, maintes petites communautés composées de quelques groupes et artistes se concertent, s’organisent, s’amusent et surtout pondent des airs et des rythmes inspirés pour faire danser les foules. Peu de styles musicaux sont épargnés par ce phénomène et le folk n’y fait pas exception. On ne peut en trouver meilleure preuve que le spectacle de Lake of Stew et Bad Uncle de samedi le 3 septembre dernier, au Petit Campus.
Le premier des deux groupes à monter sur scène, Lake of Stew, a su se faire une place dans le paysage musical de la métropole au cours des dernières années. Ils donnent dans un country qui jadis penchait beaucoup vers le bluegrass et qui comportent maintenant des accents rock indéniables. C’est une ambiance sereine qui règne au Petit Campus, alors que mandoline, guitare, basse washtub (à une corde!), violon, planche à laver, accordéon et chœurs imprégnés de bonne humeur transportent la foule tout au long de la prestation, assez pour qu’elle chante de pair avec le groupe. Des airs apaisants et folkloriques, des chansons à répondre, tout le bazar. Les sourires peuplent la salle alors que le deuxième groupe s’installe.

Ce deuxième groupe, c’est Bad Uncle. Le noyau : l’accordéoniste/chanteur Santosh Lalonde et le bassiste Ram Krishnan, auxquels s’est ajouté leur compère des Unsettlers Eli Richards (trombone/tuba/trompette), ainsi qu’un guitariste et un batteur. Le chanteur à la voix inimitable et sa bande entament donc leur prestation avec des chansons qui provoquent un déhanchement général, puis enchaînent graduellement avec des morceaux de plus en plus endiablés.

Je ne me souviens plus à quel moment ce mouvement passe au mosh pit : est-ce à The Butcher? Est-ce lors de The Beating of a Tattletale? Toujours est-il que ça varlope de pied ferme au milieu du plancher de danse, devant un Santosh planté de tout son long, les cheveux ondulant jusqu’aux épaules, les yeux cachés par la casquette de chauffeur rouge plaquée sur son front.
Comme dessert, c’est un cover d’une célèbre chanson de hard rock (dont le groupe préfère qu’on taise le titre et l’interprète original) qui fait exploser la baraque. Du « polkabilly » à son meilleur (la dénomination est d’eux).
Le groupe sera au Quai des Brumes le 29 octobre prochain; soyez-y! Ci-dessous, le sublime vidéo-concept de Mathieu Handfield, de Turbo Productions : Un show dans les seringues.
“Un show dans les seringues” de Bad Uncle, vidéo de Mathieu Handfield
“Hey Bully” de Lake of Stew, vidéo Justin Nieuwland
HEY BULLY from Justin Nieuwland on Vimeo.
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