L’époque à laquelle nous vivons est particulière. Or, à défaut de pouvoir nous réjouir d’avancées sociales et humaines, nous sommes au moins en mesure de nous délecter de bijoux culturels en tous genres.
Musicalement, cette beauté se déploie souvent à travers les fusions de styles et genres qui ont connu des évolutions parallèles. Lorsque ces évolutions trouvent un point de rencontre dans l’œuvre d’un band ou d’un(e) artiste, on assiste parfois à la naissance d’un mouvement, parfois au trip d’artistes dont l’œuvre ne traversera pas nécessairement les âges. Dans les deux cas, il nous est au moins donné d’apprécier le moment culturel qui s’offre à nous.
À titre d’exemple, en écoutant ce que le trio ontarien Ghetto Pony concote, il est difficile de demeurer de glace. Leur musique aux sonorités claires comme le cristal, tonitruantes à souhait et débordantes d’une distorsion bien juteuse ne peut faire autrement que de donner à quiconque l’envie de bouger un peu.
Cependant, bien que les arrangements minutieusement fignolés et l’originalité des sons choisis contribue à la force de caractère de Ghetto Pony, c’est son habileté à mêler les genres qui lui donne toute sa profondeur. Les membres qualifiant eux-mêmes leur musique de « crunk, funk, punk » ne se trompent pas : on entend des lignes de basse funk (jouées par David Hoult), à travers une série de rythmes d’électro/crunk taillés au scalpel (dont James Joseph Pierce Rogers IV s’occupe), le tout assaisonné de riffs de guitare qui ne sont pas sans rappeler certains groupes punk américains du début des années 80 (Black Flag par exemple). Le cocktail est explosif, il est efficace, il hurle avec rage. Même le clavier crache des sons inusités, qui penchent parfois vers le noise. Ajoutez la voix éraillée du chanteur/guitariste/claviériste Peter Jarecki et vous avez de quoi garder vos neurones occupées toute la nuit.
Les trois gars de Guelph n’en sont qu’à leurs débuts; j’encourage les fans de crunk, de funk et de punk à les surveiller. Ci-dessous, un court vidéoclip d’animation, ainsi qu’une prestation live dans un appartement. Dans ce dernier, le son n’est pas impeccable, mais il vaut la peine d’écouter la pièce en entier, je vous assure.
A typical day for the Ghetto Pony (autoproduit)
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