Photo : Jerome Nadeau

Nicolas Jaar, petit génie de 22 ans, était l’une des têtes d’affiche du festival électronique Mutek. Pas surprenant, puisqu’en quelques mois seulement le musicien a gravit les échelons à un rythme plutôt impressionnant. Dire qu’il y a si peu longtemps, il se présentait pour la toute première fois au Piknic Elektronic, jouant devant quelques courageux bravant la pluie. Vendredi soir dernier, le Métropolis était plein à craquer.

Fils de l’architecte et cinéaste Alfredo Jaar, le jeune Nicolas est rapidement submergé dans un monde artistique qui l’inspire. Il suit des études en littérature sans ne jamais laisser de côté sa passion pour la musique. En 2011, du haut de ses vingt ans, il sort Space Is Only Noise, un tout premier album aussitôt encensé par la critique.

Lors du Nocturne 3, Nicolas Jaar s’est présenté sur scène avec deux musiciens à ses côtés, Dave Harrington à la guitare et Will Epstein au saxophone et synthétiseur. Minuit quarante-cinq tapant, il entame son set avec Why Didn’t You Save Me – la pièce que j’espérais entendre pour bien commencer la soirée. Je suis rapidement hypnotisée. Nicolas Jaar sait nous transporter dans un monde parallèle où saxophone, guitares, claviers, voix nuancée s’entremêlent dans des harmonies riches et authentiques. Le travail de Jaar est bien particulier – son traitement des sons, ses improvisations, ses collages musicaux. J’aime sa sensualité assumée. Parce que soyons honnêtes, ses pièces sont langoureuses et excessivement sensuelles.

Je ne savais pas à quoi m’attendre pour ce “live in concert”. Le flop monumental ou le succès assuré? Un ou l’autre, pas de zone grise. Je dois dire que j’ai été agréablement surprise. Toutefois, je suis restée sur ma faim. Un set beaucoup trop court à mon avis, pas de rappel, pas de prolongation, merci bonsoir Montréal.

Nicolas Jaar est encore jeune. Sa musique est mature, mais donnez lui deux-trois ans, même place, même heure, c’est un rendez-vous, attention ça va être gros, très gros.


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