La concordance des temps : déroutant

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La concordance des temps, pièce inspirée du roman éponyme d’Evelyne de la Chenelière, est un portrait d’une lente dégringolade, celle d’une relation amoureuse complexe. Le couple, campé par James Hyndman et l’auteure elle-même (femme de multiples talents) nous plonge dans un environnement déstabilisant, où le sentiment d’errance est palpable. Mise en scène par Jérémie Neil, l’adaptation est intéressante et surprenante.

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Sur scène, la scénographie est simple et minimale – une chaise, un blanc, un micro. Le malaise ressenti, de par la finesse des détails, amène le spectateur dans cette même énergie qui enlise le duo. Que ce soit par la répétition de certaines phrases, l’éclairage, l’amplification de tous les bruits extérieurs (la mastication exagérée de Nicole, (Evelyne de la Chenelière) avalant une salade mesclun est particulièrement dérangeante). Chaque son, chaque intention, chaque mouvement semble étudié. La temporalité est décousue, presqu’inexistante, rendant le trame narrative encore plus déroutante. On navigue entre différentes époques, entre la rencontre magique et la fin tragique, entre les moments de tendresse et l’angoisse conjugale.

On en peut laisser sous silence la trame sonore, qui je crois, apporte beaucoup à la pièce. La musique et l’environnement sonore sont une création de Tomas Furey, brillant compositeur. Grand fan de Philip Glass, on arrive à ressentir les influences dans son travail. Sa musique, magnifiquement intégrée au texte, se mélange aux voix et aux bruits pour créer un riche amalgame sonore. Il devient alors partie intégrante du jeu des acteurs, du texte, de la mise en scène.

Une pièce à voir. À l’Usine C jusqu’au 13 décembre.

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