Author

Christina Boucher

Retournée depuis peu dans la Vieille-Capitale, ses oreilles sont bien déployées pour vous dénicher des perles rares provenant du fond des quartiers de Québec pour renflouer vos bibliothèques musicales. Passionnée par tout ce qu'elle touche, elle tentera de vous faire voyager par ses écrits et ses découvertes.

À la une, Actualité musicale, Spectacles,

The Best Foot Forward ou comment oublier l’hiver

C’est par un frisquet moins trente degrés que quatre musiciens de l’Accent d’Amérique ont chaleureusement accouché de leur nouvel opus: An Introduction Guide To Festive Culture. L’accouchement s’est bien déroulé et The Best Foot Forward, feu Generator, offre aux oreilles le mélange d’une voix rauque typiquement hardcore tintée de rythmes latins. L’énergie endiablée de cet album s’est transportée, l’instant d’une trop courte soirée, au Cercle en basse-ville de Québec. De quoi oublier février qui nous rentre dans les souliers.

Et s’ils ont la prétention de parler de culture festive en titrant leur ouvrage, c’est qu’ils donnent au public une leçon digne de grands maîtres de la festivité. Un sourire fendait le visage des quatre artistes réunis devant près de 200 mélomanes en quête de les découvrir ou de les redécouvrir. Et comme la musique n’est pas assez, les yeux curieux pouvaient se poser sur les oeuvres d’une photographe exposant sa version encadrée des musiciens du groupe. En regardant les photos, il était facile de comprendre que leur groove, qui m’avait tant plus à l’époque de Generator, allait coller à la peau du public dansant. L’ambiance était suave et la festivité palpable. Leurs chansons défilant les unes après les autres auraient fait danser les plus frileux du village et fait fondre toute la neige accumulée sur les trottoirs de St-Joseph. Les protagonistes de The Best Foot Forward savent transmettre leur passion du rythme au public et c’est avec succès qu’ils nous l’ont démontré jeudi dernier. Questionnés à la fin du spectacle, tous les pieds présents avaient hâte de prendre congé; ils étaient épuisés. Ils en redemandent depuis, toutefois, et conseillent à leurs confrères pieds de se déplacer la prochaine fois afin de constater par eux-mêmes la festivité et le bonheur contagieux de The Best Foot Forward.

Heureusement, ils ne nous laissent pas trembloter seuls en attendant ce retour sur les planches, nous offrant tout récemment cette nouvelle vidéo tournée au Pantoum/Le Phoque. Gourmand d’en voir plus? Mon petit doigt me dit que les caméras défilant durant leur lancement pourrait calmer éventuellement votre faim.

An Introductive Guide To Festive Culture se vend ici.

À la une, Articles, Nos Playlists,

Les 30 meilleures tounes francophones de 2014

C’est difficile d’accrocher le lectorat alors qu’une panoplie de tops nous croulent sous les bras à l’accueil de cette année 2015. C’est aussi très demandant de faire le tour d’une année complète en musique pour établir une liste de chansons et d’artistes s’étant le plus illustrés lors de la dernière année.

Cette rétrospective de la musique québécoise francophone m’a permis d’établir qu’elle est en santé. Beaucoup d’artistes québécois et francophones ont franchi nos oreilles en 2014 et ils l’ont fait d’une belle façon. Oui les subventions, les salaires, le temps d’antenne et les horaires de fous rendent cette santé un peu plus fragile mais plusieurs musiciens et chanteurs s’illustrent dans cet art et de bons albums sont sortis en 12 petits mois. Donc, en ordre ou en désordre, ces chansons ont marqué notre année 2014 de par leur popularité, leur son unique ou leur vidéoclip marquant.

Pensons notamment à Beat Sexü ou Les Guerres d’l’Amour qui décuplent leurs apparences dans les radios alternatives de la province, à Philippe Brach qui a vu sa popularité bondir et qui la verra croître en 2015, à Caravane, Gazoline ou Mordicus qui représentent le rock québécois pure laine, à Fontarabie, Patrice Michaud, Alaclair Ensemble, Loud Lary Ajust ou David Giguère qui n’ont plus besoin de présentation.

Alors voici pour vous, ces chansons dans la langue de Molière créées par des artistes qui ont marqué notre année et qui, nous espérons, continueront de faire jaser en 2015.

CANAILLES Titanic 

SALOMÉ LECLERC – Arlon

LES HAY BABIES – Bonnie & Clyde 

HÔTEL MORPHÉE – Dernier Jour 

PHILIPPE BRACH T’aurais Pas Pu Nous Prendre À Deux

ALACLAIR ENSEMBLE – Fastlane (collaboration avec Kaytranada)

BEAT SEXÜ – Dirty Jim

LES GUERRES D’L’AMOUR – Sabine

GAZOLINEDu feu

CARAVANE – Maxyme

FONTARABIELarve humaine

BERNHARI – Astérie

LOUD LARY AJUST – Van Gogh

ALEXANDRE DÉSILETS – Renégat

PATRICE MICHAUD – Le feu de chaque jour

FANNY BLOOM – Évidemment

ANATOLE – L.A./Tu es des nôtres

MORDICUS – Oh maman

DAVID GIGUÈRE – La pornographie

FÉLIX-ANTOINE COUTURIER – Comme un seul homme

MONOGRENADE – Tes yeux

PHILIPPE B – Calorifère

PHILÉMON CIMON – Au cinéma

DANY PLACARD – Chanson populaire

https://www.youtube.com/watch?v=x2woVSmix08

LUDOVIC ALARIE – Rester muet

CHARLIE FOXTROT – Jouer par terre

ANTOINE CORRIVEAU – Le nouveau vocabulaire

CHOCOLAT – Burn out

SAGOT – Les champs de coton

Y a-t-il une meilleure façon de commencer votre année qu’avec ces chansons dans votre bibliothèque? 2015 promet d’être riche. Et nous apportera un autre dilemme toujours aussi déchirant; faire le tri pour le top de fin d’année.

Articles, Critiques, Spectacles,

L’élixir de jeunesse du hip-hop: Alaclair Ensemble.

10467092_691624460873899_6590241895037362784_o

C’est comme si quelqu’un de mon entourage m’avait fait un mauvais coup pour rire et que j’étais littéralement tombée dans le panneau. Comme si, sans prévenir, j’étais embarquée dans une folle aventure en ne m’en rendant compte qu’à la fin du voyage. Un show d’Alaclair Ensemble, c’est une expédition, un point de non-retour qui nous pousse vers l’amour et le goût d’écouter l’univers inexplicable de cette formation de Québec.

Voilà ce que j’ai vécu, lundi soir, en cette veille de la fête du Canada lorsqu’Alaclair Ensemble est monté sur la scène du Cercle à Québec pour présenter leur nouvel album TOUTE EST IMPOSSIBLE. Trois tables alignées à l’arrière de la scène, la fébrilité du public assoiffé de vivre une soirée unique, des spotlights éclaboussant la scène d’un jet rouge, bleu et blanc pis six gars qui ont juste à roter sur scène pour que le public crie (j’exagère à peine). J’ai souvent entendu parlé de leurs shows, de leur énergie, de leur univers, sans pour autant avoir envie de m’y coller. J’avoue, depuis la sortie de leur premier opus 4.99, je boudais un peu la formation hip-hop parce que je suis loin d’être une fan de ce style musical que j’associe quelque peu au HHQC… À tort et à travers, je l’avoue sincèrement aujourd’hui.

Un sourire était collé aux lèvres de tous les gens présents. La plupart des chansons de leur album ont fait vibrer les murs de la salle de spectacle et le public d’Alaclair les connaissait déjà par coeur. Passer de « postrigodon » à du simili Gerry Boulet en l’espace de trois secondes, il faut le faire et surtout, savoir le faire. Parce qu’on doit se l’avouer, en entendant pour la première fois la chanson CALINOUR sur leur album, chantée par Claude Bégin au spectacle, j’avais l’impression de revivre les belles années d’Offenbach (disons que c’est mille fois mieux). Les gars d’Alaclair ont un divin don pour apporter leur public là où ils le veulent et ils réussissent à pousser le hip-hop à des limites jamais explorées. Déguisements, discours, concours de crowdsurfing… Être un band qui ne pogne pas en show, j’engagerais les gars d’Alaclair pour me construire un spectacle du tonnerre. Ils ont l’énergie pour remplir le Centre Bell et le talent pour faire le tour du monde. Ni plus ni moins. Parce que tenir un public en haleine tout du long, ça relève du génie et ils le font avec brio. La prestance de Robert Nelson est délirante, l’énergie de Kenlo est communicative et le sex-appeal de Claude Bégin, incontournable. Les gars ont un produit fiable et aime tellement leur public qu’ils lancent en plein show des tonnes d’albums à donner et offrent leur musique à qui souhaite l’entendre.

J’avoue être encore sur mon nuage « Alaclair au Cercle ». J’écoute aujourd’hui leur album en boucle en comprenant maintenant tout ce que les minces voulaient dire en m’obligeant presque à écouter du Alaclair. Courrez les voir en show si vous n’y êtes pas encore allés… Mais attention, c’est un point de non-retour.

[bandcamp width=100% height=120 album=1010825001 size=large bgcol=ffffff linkcol=0687f5 tracklist=false artwork=small]

À la une, Actualité musicale,

Inspiration disco: la tendance des groupes du moment

chose

Le disco; rythme nous prenant d’assaut avec son tempo rapide décrochant à tout coup des balancements de hanche et des hochements de tête. Pourra-t-on l’appeler l’avant-garde de l’électro un jour? Possiblement. D’ici là, nous sommes plusieurs de la génération Y à avoir envié les babyboomers de s’être déhanchés en plein dans cette période musicale clée où les Boule Noire, Glorya Gaynor et Barry White de ce monde se partageaient les hits joués dans les discothèques. Mais voilà qu’enfin, l’envie se termine et les cuivres, les cordes et les synthétiseurs du disco ressortent des greniers pour nous enivrer de leurs douces courbes psychédéliques. Le funk, le soul et le pop se remélangent enfin pour inspirer des groupes modernes de chez nous comme d’ailleurs, et surprenez-vous puisqu’ils font partie de votre quotidien plus que vous croyez.

Tout d’abord, le disco fait partie intégrante de la sonorité de la formation Les Guerres D’l’amour. Ces musiciens s’inspirent des sons éclectiques d’antan pour faire bouger les hanches de la jeunesse québécoise. Vous n’êtes pas convaincus? Je vous propose avant tout d’écouter la pièce Sabine, du disco doux à souhait, tirée de leur album Unisexe sorti en mars. Public de Montréal, ils seront aux FrancoFolies le 13 juin et c’est gratisssss. Ils commencent à prendre beaucoup d’espace dans les oreilles du public québécois et avec raison. Profitez-en pour découvrir le nouveau band de l’heure avant tout le monde et crêpez-vous les oreilles de surprenant disco. [bandcamp width=100% height=42 album=188989477 size=small bgcol=ffffff linkcol=0687f5 track=2485221809]

Rien de mieux pour Gino Laser que de sortir un EP disco en octobre alors que nous pleurons tous la fin de l’été. Cette formation québécoise nous offre un son disco assez nouveau agrémenté d’un chant plutôt raconté. Pour les amateurs des raconteurs comme Jean Leloup ou Fred Pellerin, Gino Laser revisite cette méthode avec un funk bien accrocheur et des paroles insolites. [bandcamp width=100% height=42 album=2266677746 size=small bgcol=ffffff linkcol=0687f5 track=3184524022]

La musique de Choses Sauvages emprunte le tempo et les rythmes de synthétiseurs au disco des années 70 et 80 qui ont tant fait danser. Leur nouveau single vient tout juste de sortir et la formation reste intègre dans leur son: disco bien dosé avec l’électro et un groove juste assez rapide pour nous faire oublier tous nos problèmes. Écoutez leur tout dernier single sorti le 1er juin, L’épave trouée. [bandcamp width=100% height=42 album=1960419210 size=small bgcol=ffffff linkcol=0687f5]

N’oublions pas Chromeo ou encore Misteur Valaire nous offrant toujours une excellente alternative de l’électro s’inspirant du funk-disco des belles années. Nul besoin de pousser ces groupes qui sont déjà bien ancrés dans la culture québécoise actuelle, tout comme Jimmy Hunt avec sa chanson Notre corps tiré de son dernier album qui pousse la sonorité de l’électro un peu plus loin en s’inspirant quelque peu des rythmes endiablés du disco lors du solo vers la fin de la chanson.

Ailleurs sur le globe, on ne peut pas passer à côté de Lettuce ou du talentueux Jamiroquai qui donnent dans les mélanges de funk et disco. Personnellement avec l’été qui bat son plein à l’extérieur, je suis incapable de m’en passer. Heureusement pour les fans de disco, plusieurs groupes actuels tentent de se pencher vers ce style peu étudié à notre époque le temps d’une ou deux chansons ou encore le temps d’un album. Peut-être que cette grandissante popularité mènera les groupes à se produire à nouveau dans les discothèques et les québécois pourrons recommencer à se déhancher sur leurs patins à roulette au rythme de groupes discos actuels… J’en rêve déjà, pantalons taille haute et veste à paillettes.

Le Québec et le disco vous fascinent toujours? Écoutez cette compilation délicieuse 100% québécoise où plusieurs styles déclinés du disco s’y retrouvent. [soundcloud url= »https://api.soundcloud.com/playlists/3665682″ params= »color=ff5500&auto_play=false&hide_related=false&show_artwork=true&show_comments=true&show_user=true&show_reposts=false » width= »100% » height= »450″ iframe= »true » /]

À la une, Actualité musicale,

SXSW à Austin: le théâtre québécois de l’avant-garde

1185674_653376748047474_1065837538_n

On s’entend. Du 7 au 16 mars, tous les québécois friands de nouveautés interactives, musicales et cinématographiques voudraient se téléporter (toutes dépenses payées) à Austin pour goûter ce que le Québec et plus d’une soixantaine de pays ont à offrir au reste du monde lors du si couru festival South by Southwest. L’avant-gardisme et le talent se chevaucheront pendant 9 courts jours. Les groupes désirant être connus, ainsi que les amateurs de musique avec les oreilles en chou-fleur d’entendre ce qui est déjà trop connu, se ruent vers le Texas. Pour une quatrième édition, Planet Québec fera rayonner notre belle province grâce aux artistes, réalisateurs et entreprises qu’ils apportent dans leurs valises pour présenter au reste de la planète combien notre patrie (pays, province, ce que tu veux) est culturelle et fière.

Chaque année, les artistes québécois réussissant à se créer une place au cœur de Planet Québec voient leur popularité, souvent bien établie ici, grimper en flèche. Visibilité internationale ou fierté québécoise? Peut importe, ce festival, aujourd’hui bien connu des mélomanes québécois, a permis entre autre à Lisa Leblanc (2013), Half Moon Run (2012-2013), Karim Ouellet (2013), Dance Laury Dance (2012) et Misteur Valaire (2011) de rayonner au Québec mais également un peu partout dans le monde grâce à leur présence à South by Southwest. Des milliers de diffuseurs, réalisateurs et critiques musicaux s’arrachent ces artistes pendant ce court festival pour devenir les « premiers » à les avoir découverts.

Cette année encore, des artisans de la musique québécoise feront bouillonner le Québec jusqu’au Texas afin de percer le milieu artistique québécois et international. Les 13 et 14 mars, le volet musique clora le festival dans un bar-spectacle au centre-ville de Austin. Le Maggie Mae’s accueillera des formations et artistes pleins de talent tels qu’Alaclair Ensemble, Leif Vollebekk, Sam Roberts Band, Thus : Owl, FOXTROTT et une quinzaine d’autres tout aussi géniaux. Ceux-ci seront présentés par Envol et Macadam, M pour Montréal, Pop Montréal ou Scène 1425, diffuseurs et festivals présents pour présenter leur savoir-faire en matière de diffusion ainsi que leurs connaissances et professionnalisme au reste de la planète.

C’est le chanceux ministre de la Culture, Maka Kotto qui s’y rendra cette année et il participait le 24 février au dévoilement de la programmation 2014. Il se rincera les oreilles de bonne musique internationale et sera sans doute fier de représenter tous ces québécois qui rêveraient d’être dans ses culottes (pour une fois).

En plus des musiciens et diffuseurs de musique, des réalisateurs de courts et longs-métrages, des conférenciers, des créateurs de projets interactifs ainsi que des représentants d’entreprises se frottent les mains de stress aujourd’hui en vue de leur présence à cet attendu festival. Y’a pas qu’aux Olympiques qu’on peut être fier de notre pays/province/village/patrie/on sait pu quoi dire pour faire plaisir à tout le monde.

Et pour les fous ainsi que ceux qui peuvent prendre des congés un peu n’importe quand, des billets sont encore disponibles mais… Attendez-vous à débourser quelques peanuts. Genre, plus que mille peanuts. Pis oublie pas ton billet d’avion… Parce qu’avec Amigo Express, pas sûre que tu te rendrais ben-ben loin.

1185674_653376748047474_1065837538_n

À la une, Tribunes,

Composite de Monogrenade: Un voyage cosmique sans décalage

monogrenade

Pouvoir répéter l’expérience d’envoyer une chanson dans l’univers pour amadouer les doux martiens, l’une de celles se trouvant sur Composite de Monogrenade serait à considérer très fortement. Le deuxième opus de ce groupe, signé par le label Bonsound, fera très certainement jaser les québécois lors de l’hiver 2014. Sa sortie est prévue le 4 février prochain et le son cosmique, vintage et symétrique qu’offre Monogrenade à travers cet album traversera sûrement l’océan Atlantique pour émouvoir les Européens, comme Tantale l’avait fait en 2011.

Véritables hymnes au corps humain, les mélodies composées surprennent encore et, fidèle à son habitude, Monogrenade s’approprie les ambiances et les communique à sa façon dans cet album astral et vertigineux. L’amalgame d’instruments à cordes accompagnés d’une voix frêle, profonde et assumée, de piano, ainsi que de la présence du puissant cor français et d’un vieux synthétiseur nous déverse directement à l’autre bout du cosmos, comme si une planète jouait des airs de musique sans se soucier de ses voisins. Plus ambiant que leur premier opus, Composite manie avec élégance ses 10 chansons pour pondre de ses instruments un album parfait pour l’hiver qui sévit.

Ces instruments, maniés par des musiciens doués, nous poussent à fermer les yeux et voir avec nos oreilles. Par exemple, les notes au piano tapotées dans l’ultime chanson de l’album, Le fantôme, réussissent à nous faire croire que si le vent était pianiste, c’est cette mélodie qui émanerait de son instrument. Les yeux restent fermés pour écouter les cordes omniprésentes dans L’aimant. Les cordes qui s’entrechoquent font rêver et délirer, comme des doigts qui chatouillent la peau. Et pour nous surprendre d’autant plus, la chanson médiane de Composite, Labyrinthe, crée un duo de chants sinueux : la voix riche et posée de Marie-Pierre Arthur accompagne celle de Jean-Michel Pigeon, complétant avec brio cet air qui pourrait devenir le nouveau succès du deuxième opus de Monogrenade, comme l’avait fait «Ce soir» en 2011.

Personnellement, la musique de Monogrenade m’avait charmée dès la première écoute alors que j’étais encore une jeune cégépienne, les yeux grands de découvrir de la nouvelle musique. La sortie d’un nouvel album d’un groupe que j’apprécie déjà me fait toujours craindre le pire : sera-t-il à la hauteur de mes attentes ? Et si le premier était meilleur que le deuxième ? Et pourtant, jamais je n’aurais dû douter de l’excellence musicale déferlant des esprits de ces six artistes qui savent donner à leur public le pop éclectique qu’il désirait, en défiant toutefois l’inconnu pour le savourer encore plus.

Heureusement, Internet existe et les fans peuvent rassasier un peu leur impatience avec le premier extrait de Composite, sorti la semaine dernière. Métropolis vous donnera un bon aperçu de l’album sans trop vous en dévoiler sur la puissance mélodique et cosmique des autres chansons. Vous avez une table tournante à la maison ? Courrez faire la file pour vous procurer cet album en vinyle le 4 février: même vos oreilles n’en croiront pas leurs yeux! Mais juste avant la première écoute à la maison, attendez une toute petite journée et déplacez-vous plutôt au lancement gratuit de Composite le 5 février au La Tulipe de Montréal. Vous gâterez ainsi vos oreilles de musique cosmique pour réchauffer votre être de cet hiver maniaco-dépressif.

monogrenade_composite

  1. Portal
  2. Composite
  3. L’aimant
  4. Cercles et pentagones
  5. Labyrinthe
  6. J’attends
  7. Métropolis
  8. Phatéon
  9. Tes yeux
  10.  Le fantôme

 

Vous en voulez plus en attendant? Écoutez le premier extrait de Composite, Métropolis, juste ici :

[bandcamp album=1903229635 bgcol=FFFFFF linkcol=4285BB size=grande]

À la une,

Le lait, volume 3 : le réconfort endisqué

le lait bandeau

J’ai connu quelqu’un qui laissait la poudre de chocolat descendre jusqu’au fond de son verre de lait avant de le boire, tout ça sans brasser. Ça lui faisait du bien de voir la poudre s’accumuler au fond, son enfance lui revenait à l’esprit. La musique a aussi cette puissance nostalgique; l’idée de se retrouver quelque part, entouré de l’odeur et de l’ambiance d’autrefois. Fermer les yeux, sourire et revivre. C’est parfois ce que recherche la publicité. Gratter le fond de notre pensée pour soutirer un brin de nostalgie. Dans le domaine du souvenir pour emporter, réussir avec brio n’est pas chose simple. Et Le lait est l’une des rares entités qui a marqué l’imaginaire avec son univers publicitaire… Et c’est notamment la musique si finement choisie qui permet aux publicités télévisuelles d’accrocher le cœur des québécois.

Le Lait lançait récemment son album Le Lait, Volume 3. Qui de Claude Dubois, Jean-Pierre Ferland ou Daniel Bélanger n’a pas marqué le patrimoine musical québécois d’un fer rouge? Ils l’ont tous fait. Et avec brio. Leurs chansons nous réchauffent le cœur à coup de notes divines qui enveloppent l’âme. Avec l’hiver qui est entré sans frapper, l’écoute de l’album a l’effet d’une mitaine mise juste avant que le froid n’atteigne les paumes. J’ai souvenir d’un temps de Claude Dubois m’a toujours fait pleurer, et réussit encore à le faire aujourd’hui, sur cet album. Et n’étant pas très musique de Noël lors des festivités de décembre, Le Lait, Volume 3 m’a rappelé que le Québec avait un patrimoine qui a marqué plusieurs générations et que le bonhomme barbu aux habits rouges n’était pas très nécessaire pour que notre côté musical soit conquis en ce temps de Noël. Les airs sont tous à fredonner, impossible de s’en empêcher. Qui ne connaît pas les airs de Frédéric de Claude Léveillé? Ou la douce chanson J’ai tout sans rien dire de Daniel Bélanger?

Gros monsieur barbu tout de rouge vêtu, j’aimerais que toutes les publicités du Québec valorisent la musique des artistes d’ici. Pour se rappeler l’importance d’écouter nos artistes. Les autres aussi (comme Nat King Cole ou Ben E. King présents sur l’album). Il y a tant de choses que l’on ne doit pas oublier… Comme un verre soigneusement choisi pour que le biscuit trempe parfaitement dans le lait devant notre émission favorite en revenant de l’école.

La Fédération des producteurs de lait du Québec (FPLQ) s’engage à remettre une partie des profits de l’album aux Banques alimentaires du Québec.

1. Le temps est bon (Isabelle Pierre) hiver 2012
2. Une chance qu’on s’a (Jean-Pierre Ferland) hiver 2011
3. Dis tout sans rien dire (Daniel Bélanger) automne 2013
4. Stand By Me (Ben E. King) hiver 2014
5. J’ai souvenir encore (Claude Dubois) automne 2012
6. Frédéric (Claude Léveillée) hiver 2013
7. Le p’tit bonheur (Félix Leclerc) automne 2011
8. La vie en rose (Gilles Valiquette) hiver 2014
9. Quand le soleil dit bonjour aux montagnes (Isabelle Cyr et Paul Piché) automne 2012
10. Smile (Nat King Cole) automne 2011

Revoyez cette douce publicité sur le site du Lait.

le lait

À la une, Actualité musicale, Articles, Critiques, Spectacles,

Toucher la demi-lune du bout des oreilles

HALFMOONRUN

Impossible de parler, la bouche était trop occupée à sourire. La salle, juste assez intime, permettait aux lumières de la scène d’éclairer tous les visages pour voir que je n’étais pas la seule. Le public de Saguenay a répondu OUI à l’appel lancé par Half Moon Run. Il y a à peine 7 jours, moins d’une trentaine de billets étaient vendus. La salle était pourtant comble en ce doux mercredi de décembre.