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Justine Genuine Church

Justine se passionne pour la musique depuis l’âge de 15 ans, où, à son retour de l’école secondaire, elle découvre les tops 5 franco et anglo de Musique Plus. C’est Simple Plan qui accroche d’abord son oreille avec la chanson I’m Just a Kid. Par la suite, elle découvre la musique punk californienne et se met à jouer de la guitare. Elle voyage loin pour voir ses meilleurs : M. Ward à Burlington, The Strokes à Boston et Bright Eyes à Vancouver. Aujourd’hui, elle souhaite communiquer sa passion par l’entremise de blogues et autres médiums à venir. Le feu n’est pas prêt de s’éteindre!

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Elliot Maginot présente un premier album complet

Les sœurs Boulay nous avaient prévenu il y a quelques mois en publiant une photo sur Instagram : « Elliot Maginot ouvre pour nous et bientôt ce sera probablement l’inverse ».

La prédiction du duo ne s’est pas encore avérée, mais ce n’est peut-être qu’une question de temps. Elliot Maginot présente cette semaine son tout premier album Young/Old/Everything.In.Between sous Les disques Indica. Réalisé par Jace Lasek (Besnard Lakes, Suuns), le disque de 12 chansons fait suite au EP paru en 2013.

Le folk pop de Maginot interpelle dès la première écoute. Des sonorités lumineuses s’unissent à l’interprétation mélancolique de l’artiste. Les claviers, synthétiseurs et guitares, tantôt acoustiques, tantôt électriques, sont mis de l’avant, appuyés par des tambours plus dépouillés. Le résultat est enveloppant et réconfortant.

La voix du chanteur est très engagée et honnête : l’émotion y passe sans artifice. Constamment dédoublée ou déclinée en plusieurs couches, elle installe un effet planant, qui n’est pas sans rappeler celui à qui Maginot emprunte peut-être son pseudonyme : Elliot Smith.

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Les instruments à vent comme la flûte de pan et les cuivres confèrent plus de profondeur et de nuances à la pop de Maginot. Même remarque pour les synthétiseurs. Sur « Jepeto », le son de musique de vieux VHS est bien utilisé. La trame électronique rappelle parfois la dernière offrande de Peter Peter.

Le disque assez doux comporte de nombreuses balades, telle la magnifique « Bell ». Il demeure néanmoins loin des clichés : le caractère très « emo » de l’artiste reste personnel et authentique. Alors qu’il n’est pas simple d’écrire de la pop en français, Maginot fait un effort remarqué avec « Le siècle bruyant ».

Young/Old/Everything.In.Between est un disque qui s’exportera probablement facilement, si on se fie au rayonnement de Half Moon Run à l’étranger. Le premier single « Monsters at War », s’inscrit d’ailleurs dans le style des collègues de chez Indica.

Le lancement aura lieu le 10 février dès 20h, au National. Elliot Maginot sera accompagné de ses musiciens Mathieu LeGuerrier à la batterie, Jesse Mac Cormack aux claviers et Jean-Philippe Hébert (Lisa Leblanc / Les Soeurs Boulay) aux guitares. On nous promet quelques surprises…

Pour acheter des billets, c’est ici.

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Le dernier spectacle de la tournée des soeurs Boulay

Le 1er mai 2012, Les soeurs Boulay remportaient les Francouvertes. Au cours des mois précédents, elles avaient su défendre leur titre sur la scène du Lion d’Or. Une reconnaissance du milieu, un amour inconditionnel du public et un disque d’or plus tard, elles présentaient samedi soir dans le cadre du festival Coup de Cœur Francophone, le dernier spectacle de leur tournée sur cette même scène où tout a commencé.

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Les sœurs Boulay ont offert un spectacle plus sobre et intime que celui donné au Club Soda lors de la dernière édition du festival, où elles performaient sur une scène aussi chargée de souvenirs, ceux de la victoire des Francouvertes. Pas simple donc de contenir ses émotions lorsqu’on s’appelle Les sœurs Boulay. En moins de trois ans, elles ont atteint tous les sommets qui s’érigeaient devant elles: première place des Francouvertes, Révélation de l’année et Album de l’année folk au Gala de l’ADISQ 2013, Groupe de l’année au gala de l’ADISQ 2014 et disque d’or soulignant 40 000 albums vendus. Oui, il y a de quoi «brailler»!

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Les sœurs ont joué deux nouvelles pièces qui parlent de coffre à gants et de Gabriel Breton, respectivement. Aux côtés de leurs fidèles musiciens Laurence Lafond-Beaulne et Gabriel Gratton, elles ont mené la soirée avec toute la confiance et le talent qu’elles ont su acquérir et développer ces dernières années-éclairs. Le Lion d’Or était rempli de fans fébriles et composé d’une majorité de filles : gang de filles, fille en couple, mère et fille, père et fille. Ils ont chanté à l’unisson sur «Mappemonde», «Lola en confiture» et «Des shooters de fort sur ton bras». Ils ont applaudi longuement et se sont levés avant et après le rappel. Il y avait aussi de vraies groupies, entassées à un coin de la scène. Même le barman et la barmaid, alors en poste lors du passage de Mélanie et Stéphanie aux Francouvertes en 2012, connaissaient les chansons.

C’est une pause nécessaire et bien méritée qui attend les Gaspésiennes. J’ai l’impression qu’il y en a quelques milliers qui vont s’ennuyer!

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La suite des photos par Pierrick Patry Gobeil, ici.

 

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Angus and Julia Stone: moins introspectifs, plus confiants

Quatre ans après la sortie de leur deuxième album Down the way et du hit «Big Jet Plane», le duo australien nous revient avec une oeuvre qui marque un sérieux pas en avant. Les sonorités acoustiques sont remplacées par des guitares électriques aux multiples textures. La richesse mélodique ne s’est pas perdue en chemin et elle est maintenant supportée par des interprètes plus confiants et aguerris.

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Après avoir tourné de façon intensive pendant trois ans à travers le monde et reçu une reconnaissance de l’industrie comme du public, le frère et la soeur, qui considéraient leur aventure en duo comme un accident de passage (le temps de trois albums), se sont séparés afin de poursuivre leur route en solo. Chacun a alors pris le temps de créer dans l’intimité, en explorant sa singularité. C’est à la demande du réalisateur vedette Rick Rubin (Adele, Jay-Z, Beastie Boys) que le groupe s’est reformé et a commencé à écrire, non sans une certaine réticence, les titres de l’album intitulé simplement Angus and Julia Stone, comme pour enfin marquer un réel endossement du projet.

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La première partie est remplie de chansons accrocheuses qui donnent envie d’y revenir souvent. Le reste de l’album s’essoufle toutefois; le duo devient victime de cette folk nonchalante qui les caractérise et qui a fait leur succès. Comme si le réalisateur, par souci de conserver la pureté des compositions, avait oublié de relever la sauce de quelques unes. Dans les bons coups, notons la percussive «A Heartbreak», la sensuelle «Grizzly Bear» et «Wherever You Are», qui s’apparente au succès «For You» de l’album précédent.

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Appréciation: ***1/2

Crédit photos: Jennifer Steinglen

 

 

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De la grande beauté avec Martha Wainwright et Philémon Cimon sur le toit d’Ubisoft

La température était incertaine samedi après-midi pour le premier concert d’une série de trois dans le cadre de l’événement Unplugged sur le toit, une collaboration entre la compagnie de jeux vidéos Ubisoft et la maison de disques Bonsound. Qu’à cela ne tienne, 250 invités se sont rassemblés sur le «toit de Montréal» (pour reprendre la figure de style de celui qui assurait la première partie) afin d’assister aux performances de Philémon Cimon et Martha Wainwright.

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C’est sous forme de trio que Philémon a livré quelques titres issus de son dernier album, L’été, lancé en janvier dernier. À la basse se tenait son acolyte des débuts et le réalisateur de ses albums, Philippe Brault. À la guitare bien chaude et distortionnée assurait Nicolas Basque (Plants and Animals). Philémon complétait l’ensemble avec sa lead guitare blues rock et son chant aigu. Le mélange des trois musiciens était puissant et bien homogène. L’auteur-compositeur-interprète y est allé de ses compositions estivales telles que Julie JulySoleil Blanc et Au cinéma. Les plus douces, Des jours et Je veux de la lumière, ont permis aux spectateurs de se poser tranquillement et de prendre une grande bouffée d’air frais, jouissant de la bonne brise soufflant au-dessus de la ville. L’avant-dernier titre, Moi j’ai confiance, a saisi la foule avec sa finale fougueuse. Philémon Cimon n’a pas lésiné sur les cris et les coups de pic vigoureux; les spectateurs étaient bien réchauffés pour la suite.

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Martha Wainwright était magnifique dans une robe d’été légère et des sandales à talons hauts. Seule à la guitare, l’auteure-compositrice-interprète montréalaise a livré une chaleureuse performance, réalisant une réelle communion avec son public. Plus tôt avant le début du spectacle, nous avions pu apercevoir son frère Rufus, ainsi que sa tante Anna, la moitié du duo folk formé avec Kate McGarrigle, maman de Martha et Rufus, décédée du cancer en 2010 (à lire, mon compte-rendu sur le documentaire sur le clan McGarrigle-Wainwright). Martha a offert de nouvelles chansons, avouant qu’elle était plus productive du côté des bébés que sur le plan musical, et souhaitant se faire pardonner auprès des habitués de ses concerts. Son plus récent album, Come home to Mama (2012), enregistré en grande partie au studio de Sean Lennon à New York, traite de la mort de sa mère ainsi que de son mariage. Un des nouveaux titres présentés s’adressait à son mari, une composition plus douce et gentille à son égard, celui-ci n’ayant pas vraiment apprécié le dernier disque. Toujours comique et souvent ironique, Martha a par la suite lancé: «Here’s the one he doesn’t like», en introduction à la chanson I can’t believe it. A suivi la pièce I am a diamond, écrite par Kate et Anna McGarrigle, pour laquelle Martha travaille à mettre sur pied une comédie musicale. Cette chanson a été chantée par Martha et Rufus lors du concert Sing me the songs that say I love you, un hommage à Kate McGarrigle. Elle a alors souligné que Rufus n’était pas présent pour la chanter avec elle, malgré que nous l’ayons aperçu plus tôt.

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Martha nous a également offert la plus rythmée Radio Star, inspirée nous a-t-elle dit, par le film Melancholia de Lars von Trier et par une certaine jalousie envers son frère et son grand talent en tout, y compris la musique dance. La reprise de la chanson Baltimore de Randy Newman, pour un ami mort du cancer trop jeune, était magnifique de même que celle de Offenbach, Ayoye. Cette dernière version, réalisée pour la trame sonore de la série Trauma, est étonnante; Martha incarne avec respect la performance de Gerry Boulet, roulement de «r» à l’appui. Toujours dans le désir de connecter avec son public franco-montréalais, l’auteur-compositrice-interprète a enchné avec le titre Cheminant à la ville, des soeurs McGarrigle. Elle a invité sa cousine, Lily Lanken, fille de Anna McGarrigle, à venir chanter à ses côtés. Le timbre de voix familial était bien reconnaissable parmi les harmonies des deux femmes. Martha a terminé avec une chanson sur la maternité, Everything wrong, puis est revenue après une ovation pour jouer la chanson This life, tirée de son premier album.

Martha Wainwright est une femme éclatante qui semble absolument épanouie. Sa voix unique n’a d’égal que son talent d’auteure-compositrice et d’interprète, et ses chansons se révèlent le véhicule bouillant et imprévisible de ses émotions. J’ai déjà hâte au prochain rendez-vous!

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Francofolies 2014: partie 2

On poursuit notre passage aux Francofolies de Montréal avec le spectacle d’Alex Nevsky mardi soir au Club Soda, celui de Patrice Michaud à L’Astral, puis en extérieur avec Peter Peter et Pierre Lapointe mercredi soir!

ALEX NEVSKY

par Justine Lalande-Church

C’est avec la chanson titre de son deuxième album, Himalaya mon Amour, qu’Alex Nevsky a entrepris ce qui pourrait bien être sa meilleure performance en carrière. La foule a su envoyer dès le départ une vague d’amour inconditionnel au chanteur, laissant s’échapper des cris stridents à son entrée sur scène. Difficile de déterminer si le public était composé majoritairement d’habitués ou de nouveaux fidèles ayant découvert le jeune barbu sur les ondes radiophoniques commerciales ou lors de la finale de La Voix. Tous cependant étaient pendus aux lèvres de leur chouchou, beau comme tout dans son t-shirt à imprimé fleuri noir et rose. Alex était entouré de ses musiciens habituels soient Laurence Lafond-Beaulne (claviers, voix), Gabriel Gratton (bass, voix), Jean-Alexandre Beaudoin (guitare) et Vincent Carré (batterie). Le groupe a su divertir son public du début à la fin, dirigé par un chanteur plutôt coquin, qui a pris son temps entre les chansons pour jaser de tout et de rien et pour faire des blagues absurdes. On aurait dit qu’Alex Nevsky tentait de savourer chaque instant de ce moment spécial, et qu’il tenait absolument à partager son bonheur. Il nous a beaucoup parlé (avec ironie) de Gregory Charles et d’un certain cover (I think of you) dont on a entendu quelques bribes à la fin du spectacle. Le groupe s’est également laissé aller à un mash up de Green Day et à des extraits du Picbois de Beau Dommage et de La manic de Georges Dor, grand parolier québécois auquel Nevsky a emprunté une phrase magnifique pour sa chanson J’aurai des mains.

Le spectacle a débuté avec des chansons plus «up la vie» comme l’a répété le chanteur, puis il y a eu un segment plus lent, demandant une écoute attentive. La beauté des paroles des chansons Je te quitterais et Si tu restes a cependant su ramener le public à l’ordre.

Les Soeurs Boulay ont rejoint Alex Nevsky sur scène pour interpréter la chanson  Loin, à laquelle elles portent également leur voix sur le disque. Elle sont restées sur la scène pour  la puissante chanson (à répondre) Fais battre ton tambour, d’Emily Loiseau, en hommage à son ami Louis-Philippe Janvier décédé en 2013. L’esprit festif s’est poursuivi avec un appel général à danser un slow sur la chanson Shalalala (l’amour n’est pas qu’un slogan). Alex nous a alors invité à toucher la personne à côté de nous, puis à danser avec elle pour terminer sur un beau french. Les gens se sont bien prêtés au jeu et les lumières braquées sur la foule ont dévoilé un Club Soda en amour.

Le spectacle a fini en beauté avec un véritable battle of the bands, entre le bassiste Gabriel Gratton et le guitariste JAB, qui ont tour à tour démontré leurs habiletés pendant un long 8 minutes. Alex jubilait, et la foule en redemandait! La dernière chanson fut bien sûr la très populaire On leur a fait croire, avec ses «papapa» retentissant aux quatre coins de la salle. En rappel, l’auteur-compositeur-interprète nous a offert une toute nouvelle composition, elle aussi agrémentée de «la la la», et pour finir en force, Les coloriés, autre succès radiophonique.

«Avez-vous du fun?», nous a demandé Alex Nevsky à plusieurs reprises durant le spectacle. Après nous avoir fait rire, danser, frissonner, se coller, frencher, la réponse est concluante et la soirée, mémorable!

PATRICE MICHAUD

par Catherine Bouchard

C’est dans le cadre de La Tournée des Francos que Patrice Michaud a présenté un segment de son spectacle mardi à L’Astral. Comme le concept le veut, c’est La Maison Tellier (France) et Benjamin Schoos (Belgique) qui assuraient cette fois la première partie du chanteur québécois, rôles qui seront inversés lors des prochaines présentations outre-mer.

Une chose est certaine : Patrice Michaud sait comment concquérir une salle dès ses premiers pas sur scène! Il va sans dire que l’auteur-compositeur-interprète gaspésien maîtrise à merveille l’art des mots dans ses chansons, mais également dans ses interventions. Celles-ci, quoique préparées, nous laissent sur une impression d’anecdotes racontées autour d’un feu! Quoi de mieux que de rire un bon coup en débutant le spectacle afin de se préparer à savourer les mélodies et les beaux textes des chansons! D’ailleurs, ces nouvelles pièces présentaient une saveur plus rock que ce qu’on a l’habitude d’entendre de l’artiste. Cet aspect plus punché, on peut l’entendre sur son deuxième album sortie en février dernier, Le feu de chaque jour.

Le public, bien à l’abri de la pluie qui faisait rage à l’extérieur, a également eu droit à un petit moment improvisé sur scène: le chanteur a invité ses amis et artistes présents dans la salle à le rejoindre. C’est donc entre autres Chantal Archambault, Yann Perreau et Michel-Olivier Gasse qui sont montés sur scène le temps d’une chanson, afin d’accompagner le band de quelques coups de tambourine! Bref, Patrice Michaud est un incontournable à découvrir en spectacle. Je parie un coup de coeur assuré!

 PETER PETER

par Valérie Collette

Ça faisait un bon moment qu’on n’avait pas eu de nouvelles de Peter Peter à Montréal, et on était bien content de le retrouver enfin! En effet, il revient d’une grande tournée en France où il a sans doute pu essayer, tester et peaufiner ses arrangements sur scène, puisque mercredi soir sur la place des festivals, ça paraissait !

D’emblée, j’avais adoré Une version améliorée de la tristesse, album très électro, inspiration des années 90, très dansant et englobant ! Sur une scène extérieur avec des milliers de personnes, cette émotion était certainement moins présente. On ne retrouve pas ce côté envoûtant de la salle de spectacle, mais on peut certainement danser sous les airs électro comme on le souhaite! Si vous avez déjà vu Peter Peter en concert, vous connaissez son mood. Il a un peu l’air possédé d’une émotion indescriptible, un peu perdu, super intriguant, mais ça fait partie du personnage et on finit par s’y habituer! Toutefois, il a su faire de bonnes interactions avec la foule, dédicaçant à plusieurs reprises ses chansons pour «une fille de Montréal», évidemment, et la foule a bien ri! J’ai également trouvé que Peter Peter chantait beaucoup plus juste, de façon plus assurée, très agréable à l’écoute!

On ne peut parler de cet album, sans donner énormément de crédit au son du saxophone! Sur scène également, l’instrument joué par Mike Bjella ajoutait énormément de puissance à la musique. Peter nous a justement interprété quelques chansons de son premier album, telle Tergiverse, que le public a adoré chanter en groupe et Réfractaire, où le saxophone a été joliment ajouté, donnant ainsi un résultat plus complet et mature. Bref, Peter Peter nous a donné une prestation très agréable et la foule très dense a apprécié !

PIERRE LAPOINTE

par Justine Lalande-Church

Mercredi soir dernier, Pierre Lapointe a livré un spectacle nettement plus concis et enveloppant que lors de son passage au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts le 25 février dernier. Cette fois-ci, le concert était moins long et l’attitude du chanteur, plus décontractée et disons-le, grand public. L’auteur-compositeur-interprète a tout de même conservé le côté éclaté et haut en couleurs propre à l’univers de son dernier album PUNKT, sorti à l’hiver 2013, dont la démarche s’inscrit dans l’analyse, voire l’exploration de la culture pop.

Avant le début du spectacle, des dizaines de singes en plastique gonflables, semblables à celui qui apparaît sur certaines photos de presse du chanteur, étaient distribués parmi la foule en plus de se retrouver un peu partout sur la scène. Pierre Lapointe était vêtu d’un bermuda rouge, d’un chandail long rouge et rose portant la mention Super Nylon, et de souliers noirs aux bas noirs remontés. Entouré de ses quatre musiciens habituels soit Denis Faucher (claviers et piano), Francis Mineau (batterie), Amélie Mandeville (basse et voix) et Félix Dyotte (guitare), Lapointe a d’abord enchaîné des chansons plus douces comme Nos joies répétitives et Nu devant moi. Le chanteur populaire, comme il se nomme lui-même à la blague, nous a offert des arrangements différents et intéressants de certains titres comme Le columbarium, alors plus lente, et nous a même transporté à Cuba avec L’étrange route des amoureux dans un format minimaliste de 4 guitares et 5 voix. Les filles de Random Recipe ont fait leur apparition pour chanter leur segment de La sexualité, puis Matthieu Chedid, mieux connu sous le nom de M, est venu chanter en duo sa chanson Nostalgic du cool. Pierre s’est alors laissé allé au gazou et M a balancé quelques solos de guitare bien rock, ajoutant des étincelles à une soirée déjà bien enflammée.

Au rappel, Pierre Lapointe a entonné la magnifique et touchante Pointant le nord, tirée de son tout premier album. N’ayant pas laissé la foule chanter toute seule le refrain comme il a l’habitude de le faire, Pierre s’est ravisé suite aux applaudissements de la fin. Il s’est alors assis de nouveau au piano et a fait signe de reprendre. L’immense chorale rassemblée sur la place des festivals s’est alors mise à chanter, seule: «Non, je ne parlerai pas, oooh non, je ne parlerai pas»; une façon de se remercier mutuellement pour ce moment de beauté passé ensemble.

 

À LIRE : FRANCOFOLIES PARTIE 1

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First Aid Kit: la petite mais grande histoire

Klara Söderberg (à gauche sur la photo) naît en banlieu de Stockholm en Suède en 1993. Vers l’âge de 13 ans, elle découvre le groupe Bright eyes, par l’entremise de l’album I’m wide awake it’s morning et de la sublime chanson First day of my life. Le groupe folk mené par le poète américain Conor Oberst l’amène à écrire ses propres compositions. Sa sœur Johanna, de 2 ans son aînée, délaisse peu à peu la techno allemande pour l’accompagner au chant et au piano. Elles enregistrent leurs premiers titres dans le studio-maison de leur père musicien. En 2007, leur mère suggère à Karin Dreijer Andersson, maman d’un camarade de classe et surtout, chanteuse du groupe suédois The Knife, de consulter le MySpace de First Aid Kit. Peu après, celle-ci sortira le premier EP du groupe sur son label. En 2008, Klara et Johanna Söderberg, alors âgées de 15 et 17 ans, diffusent sur Youtube un cover de la chanson Tiger Mountain Peasant Song du groupe Fleet Foxes, interprété dans la forêt suédoise, et se font alors connaître internationalement, recevant au passage les éloges du leader de Fleet Foxes même.

Afin de pouvoir réaliser une tournée internationale, Klara ne commencera jamais l’école secondaire (middle school) et Johanna devra la quitter. En concert aux États-Unis, alors qu’elles ont 17 et 19 ans, elles se font remarquer par Jack White qui les invite à enregistrer une chanson pour sa série Third Man Records. Leur talent vient aussi aux oreilles de leur idole, Conor Oberst, qui s’improvise leur parrain musical, de même qu’à celles de Mike Mogis, réalisateur des albums de Bright eyes et membre entre autres des groupes Bright Eyes et Monsters of Folk. Plusieurs rêves se réalisent alors: First aid Kit enregistre son deuxième album, The Lion’s Roar (2012), avec Mike Mogis à la réalisation, dans son studio à Omaha, Nebraska. Conor Oberst participe également à une chanson (King of the world). En 2011, elles performent la chanson Dancing barefoot devant une Patti Smith en larmes au Polar Music Prize en Suède, et en 2012, elles sont de nouveau invitées à perfomer lors de l’événement. Cette fois, elles reprennent de façon magistrale la chanson America de Simon and Garfunkel, qui leur vaut une ovation de Paul Simon assis à la première rangée.

Il s’agit d’un parcours impressionnant pour des filles aujourd’hui âgées de 21 et 23 ans et dont la langue première n’est pas l’anglais (elles ont cependant étudié à l’école anglaise). Les paroles de leurs chansons traitent de sujets matures tels l’adultère, les ruptures amoureuses et l’envie de s’exiler. Un fort instinct folk et une sagesse infinie émanent des deux soeurs pour qui la famille constitue un pilier important : leur père est leur ingénieur de son en tournée, et leur mère contribue au projet aussi souvent qu’elle le peut.

Théâtre Corona – 7 juin 2014

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Le 7 juin dernier, First Aid Kit présentaient un spectacle au Théâtre Corona, 3 jours avant la sortie de leur troisième album Stay Gold, aussi réalisé par Mike Mogis à son studio à Omaha. Sur la scène se tenaient des filles solides dégageant beaucoup de girl power, dont les voix puissantes traversaient l’espace, commandant une écoute attentive. C’est d’ailleurs l’accueil qu’elles ont reçu samedi dernier. Elles ont interprété une chanson sans micro, une habitude fréquente lors de concerts folk, et l’exercice s’est (pour une fois!) avéré naturel et pertinent, vue la haute qualité de leurs harmonies vocales et la grande beauté de la chanson Ghost Town. La foule se trouvait en réelle communion avec ses idoles, et de par leur look gypsy /années 70, le tout faisait penser à une grande commune dont elles étaient les gourous. Des gourous inspirantes, talentueuses et travaillantes, qui ont certainement évolué depuis leur premier spectacle à Montréal à la Sala Rossa en 2012.

Aujourd’hui, leur talent d’auteure-compositrice qui surprenait déjà en 2010 est indéniable: les compositions sont plus fortes et leur exécution aussi. Elles sont plus confiantes et toujours déterminées à conquérir le coeur de leur public, à être leur First Aid Kit ;).

Procurez-vous les albums ici.

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Unplugged sur le toit d’Ubisoft – 5e édition

Cet été encore, Bonsound Concerts emprunte le toit de l’immeuble de la compagnie de jeux vidéos Ubisoft pour en faire un lieu de diffusion de spectacles hors du commun. Ainsi, dans le cadre de la série Unplugged sur le toit, le 6e étage du 5480 rue Saint-Dominique (coin St-Viateur) accueillera cette année les trois concerts suivants :

 

26 juillet 2014: Martha Wainwright + invité

6 septembre 2014: Arthur H + invité

20 septembre 2014: artistes surprises choisis dans le cadre du festival Pop Montréal et dévoilés au cours de l’été.

 

L’emplacement à lui seul vaut le déplacement, et que dire de la joie d’entendre cette année les notes de piano de Martha Wainwright et d’Arthur H déferler dans l’air chaud de l’été montréalais. La formule reste inchangée: les spectateurs sont regroupés sur cet espace enchanteur qui offre une vue imprenable sur le Mont-Royal et un doux couché de soleil. Un service de bar est également à la disposition des invités. C’est un moment spécial, où l’écoute est attentive et les frissons, nombreux.

Ci-dessous, une photo du concert de Pierre Lapointe en 2012:

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Pour plus d’information et vous procurer des billets, cliquez ici.

 

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Salomé Leclerc offre 2 nouvelles chansons

Salomé Leclerc nous a habitué à de la grandeur et à de l’émerveillement. Hier soir, au Verre Bouteille, elle n’a fait que poursuivre son ascension vers les plus hauts sommets. Sans forcer ni déranger, elle nous a offert quelques nouvelles chansons, nous rappelant clairement qu’à chacune de ses sorties, elle se trouve plus aboutie et épanouie. Cette performance sous forme de 5 à 7 visait à souligner le lancement de deux nouvelles chansons en format vinyle et numérique: Arlon et Vers le sud.

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L’auteure-compositrice-interprète se trouvait seule sur scène avec ses guitares, véritables extensions d’elle-même, et une partie de sa batterie. Entre solos, riffs hypnotisants et kick de bass drum, c’est le coup de baguette en guise de pick de guitare qui a volé le spectacle. Sa musique, plutôt froide sur disque, devient plus accueillante en spectacle. La présence magnétique de Salomé, d’une beauté naturelle et électrisante, y est certainement pour quelque chose.

Procurez-vous le mini-album ici. Psst: contrairement au téléchargement numérique, le vinyle contient trois chansons!

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Chloé Lacasse lance LUNES

«Yeah!», s’est exclamée l’auteure-compositrice-interprète à son entrée sur la scène du Cabaret du Mile-End, mercredi dernier, constatant une salle bien remplie. C’est dans son intégralité que Chloé Lacasse nous a offert son deuxième album intitulé Lunes, accompagnée de 3 musiciens: Marc André Landry (basse, synthétiseurs), Geneviève Toupin (accordéon, guitare, piano) et Vincent Carré (batterie).

Photos par Pierrick Patry-Gobeil

C’est une performance juste et généreuse que nous a livrée la lauréate de l’édition 2011 des Francouvertes. L’ordre des chansons a donné place à une mise en scène dynamique et forte en variations de rythme et d’ambiance. Le public voyageait entre hochements de tête, tapements de pieds et position plus stoïque, surtout lors des segments piano-voix, où l’interprétation des chansons Le générique, Rester là et Encore une fois à deux pianos, nous laissait figés et attentifs. Les harmonies vocales de Marc-André Landry et Geneviève Toupin amenaient force et cohésion à l’ensemble, tout comme le jeu de baguettes de Vincent Carré, qui laissait s’échapper des rythmes tribaux entraînants. Chloé a d’ailleurs délaissé le banc de son piano à quelques reprises, pendant la pièce Le piège par exemple, pour s’avancer devant la scène et danser.

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En introduction au titre Douce incertitude, la pianiste nous a partagé son amour des mots avec la lecture du texte Une vie possible de Lhasa De Sela. Plus tard, en présentant la chanson Hello Beauty, elle a expliqué, reconnaissante, que les paroles étaient tirées d’un recueil de poèmes dont une amie lui avait fait cadeau.

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Chloé a enchaîné avec des remerciements dans les plus concis et efficaces qu’il m’a été donné de voir en spectacle. TOUT LE MONDE a été remercié: des gens qui lui ont prêté leur maison pour enregistrer, aux graphistes de la pochette, aux créateurs des teasers et du vidéo clip, en passant par Sylvie Courtemanche des Francouvertes et bien sûr, Antoine Gratton, le co-réalisateur de ses deux albums et son complice musical. Avec comme comité d’écoute lors de la production de son album, des artistes comme Alex Nevsky et Les soeurs Boulay, Chloé Lacasse est bien entourée. Elle semble aujourd’hui confiante et fin prête à laisser le fruit de son travail aux mains du public.

*Mention spéciale à la marchandise qui est magnifique; on y retrouve des chandeliers faits à la main avec des troncs de boulots!

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Petite entrevue  en 3 questions:

Qu’est-ce que marque pour toi ce 2e album?

Le premier album était plus rock, a été fait dans un esprit plus pressé. Le deuxième album (enregistré en nature) a pris son temps, il est plus proche de mes influences musicales, il a été créé avec un plus grand laisser-aller. C’est aussi un album plus «fille», avec des moments plus doux. Je me suis inspirée d’histoires qui m’entourent, pas juste de mon vécu. Les gens peuvent donc mieux s’approprier les chansons.

Quelles sont tes inspirations musicales?

J’écoute des artistes qui font des chansons douces mais énergiques, avec une touche originale, unique. Par exemple, j’écoute la chanteuse norvégienne Ane Brun, The Do et  Lykke Li.

Et pour la suite?

Une grande étape vient de se terminer, soit celle de la mise en marché. Maintenant, on va travailler sur le spectacle et faire vivre l’album.

Visionnez le clip du single Renverser la vapeur, réalisé par Daniel Abraham de DTO Films:

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Francouvertes: sixième soirée des préliminaires

Julie Blanche a ouvert la soirée entourée de son groupe, composé entre autres de son compagnon artistique et amoureux, Antoine Corriveau. Celui qui a sorti un album le 12 mars dernier et qui co-écrit les chansons de sa compagne avait déjà foulé les planches du Lion d’Or lors de l’édition 2012 des Francouvertes, également accompagné par cette dernière. Avec à la batterie Stéphane Bergeron (Karkwa, Radio Radio), on avait affaire à des musiciens d’expérience. Julie et son groupe ont réussi à traîner le public dans leur univers planant, voire glauque. La voix basse et profonde de la chanteuse était appuyée par un très présent effet de reverb qui m’a semblé lassant d’une chanson à l’autre, ne laissant pas beaucoup de place à la variation. L’interprétation de la musicienne, qui n’a joué d’aucun instrument durant le concert, captivait. Les friands d’ambiances aériennes auraient définitivement été conquis, mais il manquait selon moi quelques étincelles pour raviver un tableau un peu gris. Julie Blanche prend la 4e position du palmarès.

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Marc-Antoine Larche a secondé, nous présentant ses chansons pop, électro-acoustiques. J’ai particulièrement apprécié les sons électroniques qui parsemaient ici et là ses chansons. Il s’agissait en fait du point original majeur puisque les textes se sont avérés plutôt pauvres et sa voix, peu dégourdie. C’était peut-être la nervosité, mais malgré plusieurs tentatives, le courant ne passait pas entre la foule et le chanteur. Un vague sentiment de malaise a persisté en moi tout au long du concert. C’est qu’il me semblait que Marc-Antoine essayait d’être quelqu’un d’autre, qu’il ne mettait pas vraiment ses trippes sur la table devant nous. Son interprétation manquait d’authenticité. Résultat: Larche est éclipsé du palmarès. Il  n’en demeure pas moins qu’après avoir écouté l’album, une chanson (qui est beaucoup moins bien sortie en concert) est sortie du lot:

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Maritza, auteure-compositrice-interprète qui a participé à la première mouture de Star Académie, en a surpris plus d’un. Accompagnée à la basse par JF Lemieux (Ariane moffat, Jean Leloup, Daniel Bélanger), les arrangements des chansons folk offraient un dosage heureux entre sections instrumentales et chantées. Une percussionniste amenait un côté tribal à l’ensemble qui semblait par moment visiter le style gospel avec des harmonies vocales et un texte parsemé de «Lord». Il m’est apparu indéniable que Maritza chante avec son coeur et ce,  malgré une nervosité palpable lors de sa performance. Elle s’est accompagnée à la guitare tout au long du spectacle, nous démontrant à quelques reprises ses habiletés au picking. Elle a troqué son instrument pour la basse lors d’une chanson, mais il aurait été agréable de la voir plus souvent libérée, avec sa voix comme seul outil, celui-là qui est le plus abouti et qu’elle maîtrise avec grâce. Maritza s’est hissée à la 5e position. Elle a terminé avec cette superbe chanson qui nous a donné des frissons:

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*Photos par Pierre-Etienne Bordeleau

 

 

 

 

 

Actualité musicale,

La supervision musicale: de Twilight à GIRLS en passant par Inside Llewyn Davis

Qui ne possède pas la bande sonore du film JUNO? Sorti en 2007, le long-métrage nous a séduit en mettant au premier plan des anti-héros, incarnés par Ellen Page et Michael Cera, parfaits dans leur imperfection. La trame musicale constituait le reflet de la personnalité marginale de Juno, cette adolescente dépassée par son passage à la vie adulte. C’est le réalisateur Jason Reitman qui avait demandé à l’actrice Ellen Page ce qu’elle croyait que son personnage écoutait. Elle avait alors suggéré des artistes très underground tels Kimya Dawson et ses groupes Antsy Pants et The Moldy Peaches (duo partagé avec Adam Green), et d’autres groupes plus connus tels The Kinks et Belle and SebastianSept ans plus tard, le CD se trouve toujours dans ma voiture et je l’écoute régulièrement.

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Le métier de synchroniser de la musique à l’image se nomme la supervision musicale. Ainsi, sans être trop conscient du travail qu’implique la création de bandes sonores de films ou de séries télévisées, nous avons été témoins de plusieurs réalisations de superviseurs musicaux. Vous vous rappelez peut-être de la chanson The Great Escape de Patrick Watson, qui  a été utilisée dans un épisode de la saison 3 de la très populaire série américaine Grey’s Anatomy. Plus récemment, le réalisateur Spike Jonze a fait appel à Arcade Fire et Owen Pallett pour la musique de son film Her. Si on remonte en 1968, le réalisateur du film The Graduate,  Mike Nichols, a demandé à Simon and Garfunkel de contribuer à sa bande sonore. La très connue Mrs. Robinson est issue de cette collaboration.

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Depuis quelques années, la supervision musicale sort de plus en plus de l’ombre et plusieurs boîtes offrent exclusivement ce service. C’est le cas de Chop Shop Music Supervision à Los Angeles, menée par sa fondatrice Alexandra Patsavas, qui a travaillé sur des projets tels que The O.C., Grey’s Anatomy, Mad Men et Twilight. Dans certains cas, les compilations issues de la supervision musicale sont impressionnantes et leur rayonnement s’étend au-delà du contexte du film. C’est le cas des trames sonores de Twilight qui ont peu à voir avec les choix artistiques des livres ou des longs-métrages. On y retrouve alors des artistes comme Metric, Muse, Iron and Wine et Lykke Li, qui ont, dans certains cas, composé des chansons spécifiquement pour le film.

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Dernièrement,  j’ai acheté la bande sonore de Inside Llewyn Davis avant même d’avoir vu le film des frères Cohen. J’avais lu quelque part que cet album nous transportait en plein coeur de New York, dans un café du Greenwich village. C’en était suffisant pour en faire l’achat. J’ai alors découvert de magnifiques chansons folk traditionnelles, de même que des performances inattendues de Justin Timberlake et Carey Mulligan.

Écoutez une chanson traditionnelle interprétée par l’acteur principal Oscar Isaac et le leader de Mumford and SonsMarcus Mumford:

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Dernièrement, je me suis procurée la deuxième bande sonore de la série GIRLS. J’avais été séduite par la première qui m’a fait découvrir des chansons de Icona Pop, Harper Simon, et Fleet Foxes. Dans le volume 2, on peut entendre I’m going down de Vampire Weekend, qui ne se retrouve sur aucun de leur 3 albums studio, ainsi que des titres de Jenny Lewis, M. Ward, Beck (tiré de son plus récent album Morning Phase), Lilly Allen et Jake Bugg. Dans la série, chaque épisode se termine avec une chanson sur fond du générique qui défile, une façon intéressante de mettre en vitrine différents artistes. Grâce à ces trames sonores, j’écoute de la pop et du techno, des styles musicaux que je ne suis pas portée à découvrir par moi-même.

Tirée du volume 1:

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Chez nous au Québec, la série télévisée Trauma fait appel à un artiste québécois différent par saison pour interpréter des reprises de chansons anglophones ou francophones, qui feront partie de la bande sonore. Ariane Moffat, Pascale Picard, Martha Wainwright et Coeur de Pirate se sont déjà prêtées au jeu. Ici, un cover du groupe The Ronettes, par Ariane Moffat:

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Le marriage entre musique et image en est un des plus intéressants et surtout, des plus prolifiques pour les auteurs-compositeurs. Si la vente d’albums physiques et numériques est en baisse, la supervision musicale constitue un espoir monétaire pour plusieurs, y compris les moins connus. Les artistes émergents représentent en effet une valeur ajoutée puisqu’ils permettent aux producteurs de peut-être lancer la nouvelle chanson dont tout le monde parlera. Par la même occasion, la production audio-visuelle se servira de la chanson populaire du moment ou d’un classique pour attirer l’attention du public. Ce fut le cas du titre Ho Hey du groupe The Lumineers, utilisé dans la bande-annonce du film de Michel GondryL’écume des jours, qui ne se retrouvait même pas dans le film lui-même. En effet, en plus de la bande son, le marché des bandes-annonces en est un important, de même que celui de la publicité. Dans tous les cas, il s’agit d’un échange de services heureux et nécessaire entre les industries de l’image et du son. 

La chanson des Lumineers commence à 52 secondes:

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 *Je terminerai ce billet avec un commentaire concernant le gala des Jutras diffusé dimanche soir à Radio-Canada. Il aurait été plus intéressant d’utiliser une chanson québécoise lors du numéro sur le film Louis Cyr, plutôt que Locked out of Heaven de Bruno Mars, dans un gala qui promeut la culture québécoise. Si Radio-Canada libère les droits de l’oeuvre comme elle se doit de le faire, ce sont les ayants-droits américains qui recevront des redevances pour la synchronisation de leur oeuvre à la télévision. Dommage!

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Kandle enchante le La Tulipe

Un homme aux cheveux longs coiffés d’une tuque entre sur la scène pour aller chercher une guitare électrique. Il retourne en coulisses, puis revient la poser à sa place quelques minutes plus tard. «C’est mon père qui a accordé ma guitare avant le concert…», nous expliquera plus tard Kandle. Neil Osborne, le leader de la formation canadienne 54-40, celle-là qui a célébré ses 30 ans d’existence en 2011, a joué un rôle important dans les débuts de la carrière solo de sa fille. Le premier album de Kandle, In flames, sorti mardi dernier, a été enregistré en partie à son studio et a été co-réalisé par celui-ci. Le lancement s’est tenu mercredi, au Cabaret La Tulipe.

Photos par Pierrick Patry-Gobeil

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Manifestement bien entourée, c’est avec assurance que Kandle a fait son entrée devant un parterre rempli de curieux venus en savoir plus sur cette artiste qui ne ressemble à personne sur la scène québécoise actuelle. Signée chez Dare to Care Records, l’auteure-compositrice-interprète de 23 ans arborait une robe courte de couleur argent, scintillant comme une boule disco. Ses longs cheveux blonds bouclées tombaient jusqu’au milieu de son dos découvert et son regard était noirci de lourds traits de maquillage. Munie de sa guitare électrique, elle a entamé les paroles de la dernière chanson de l’album, In flames, se balançant de gauche à droite en un mouvement sexy.  Tout de suite, on a compris que la voix sensuelle de Kandle entendue sur disque se prolongeait jusqu’à la scène. Elle a alors enchaîné les titres de son album, supportée par quatre musiciens, tous de sexe masculin et d’au minimum 10 ans ses aînés (deux filles en retrait formaient également une section de cordes, mais elles n’étaient pas toujours présentes). Tels des frères et soeurs, Kandle et ses hommes se renvoyaient la balle entre les chansons, devant un public attentif. À sa gauche se trouvait son acolyte des débuts, le guitariste Sam Goldberg (Broken Social Scene), également co-réalisateur de l’album. Kandle se trouvait très en verve et enthousiaste, rappelant à plusieurs reprises la présence heureuse de ses parents et de sa grand-mère venus tout droit de la Colombie-Britannique, sa province d’origine.

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Les guitares folk americana, le  tempo lent et la voix profonde de Kandle nous transportaient dans un état envoûtant de calme et de détente, au point où j’ai eu envie de m’étendre pour mieux apprécier la suite du spectacle. C’est que les chansons ne se distinguaient pas beaucoup l’une de l’autre. L’atmosphère était bonne, le son était parfait et la chanteuse, agréable, mais le rythme manquait de variations. Une apparition de Sam Roberts ou de Coeur de pirate, tous deux prêtant leur voix sur l’album, aurait certainement pu mettre un peu de piquant. C’est peut-être la mise en scène qui est à revoir, ou à faire ici. Cela dit, nous suivrons très certainement cette nouvelle venue de près!

Écoutez l’album In Flames ici.

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Francouvertes: première soirée des préliminaires

Francouvertes soir 1

Lundi dernier au Lion d’Or se tenait la première soirée des préliminaires des Francouvertes. Un palmarès provisoire a été établi : Philippe Brach prend la première position, Gab Paquet suit en deuxième et Nini Marcelle se retrouve troisième. Seuls les participants classés aux 9 premières places passeront en demi-finales, et il reste encore 18 candidats à découvrir.

C’est Nini Marcelle qui a ouvert la soirée avec son pop rock fleur bleue. La chanteuse n’a pas réussi à charmer le public malgré l’intensité de ses paroles et de sa gestuelle (elle a interprété une chanson à genoux sur la scène). Son assurance et son aplomb ont toutefois permis de compenser ses compositions plutôt fades.

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Gab Paquet et sa bande sont arrivés sur scène vêtus de costumes rétros.  Ils ont enchaîné des morceaux disco, parodiant les chanteurs de pommes comme Mario Pelchat. Le personnage du crooner cheesy ne semblait toutefois pas pleinement assumé hier soir, me laissant perplexe quant au sérieux et à la viabilité du projet. C’est seulement lors de la dernière chanson, Fais l’amour avec moi, que l’auteur-compositeur-interprète a semblé plus à l’aise et dans son élément.

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Philippe Brach a clos la soirée en force avec son folk abrupte. Originaire du Saguenay, la référence à Dédé Fortin est inévitable, mais le résultat en est bien distinct et demeure fort intéressant. Brach maîtrise son instrument vocal de main de maître, allant jusqu’à dévoiler un falsetto des plus percutants. Il nous présente des chansons aux textes touchants, mais inégaux d’un titre à l’autre (Ton ravin détonnait après la magnifique Le matin des raisons). Il a tout de même réussi à captiver la foule au point de lui faire crier les noms de Jésus, Bouddha et autres dieux tel un preacher. Un auteur-compositeur-interprète prometteur, à surveiller.

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