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Raphaëlle Chouinard

Raphaëlle Chouinard est une mélomane. Depuis son coup de coeur pour Aqua en 1997, elle ne décroche plus. Chanteuse et co-fondatrice du groupe Syzzors, elle se produit dorénavant sur scène plutôt que pour son miroir… quoi que, parfois, elle aime bien chanter sous la douche!

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Braids au Ritz P.D.B. : Une présence attendue

Après une absence de presque un an sur la scène montréalaise, Braids faisait salle comble mercredi soir au bar Le Ritz P.D.B. (ancien Il Motore). La formation originaire de Calgary maintenant basée à Montréal nous présentait le répertoire de son nouvel album : Deep in the Iris.

La première partie de la soirée était assurée par Noni Wo, un quatuor montréalais à saveur électro-pop. Je ne suis malheureusement arrivée que pour apprécier leur dernière pièce mais les quelques notes entendues m’ont plus! Écoutez ici :

 

 

Sur scène, Raphaelle Standell-Preston s’accompagne à la guitare et, armée de son contrôleur midi, reproduit avec fidélité les effets de ses vocalises hallucinantes. Taylor Smith, guitare à l’épaule, s’occupe tant qu’à lui de lancer les séquences, faire le tweeking des sons, ajouter le petit piquant à la sauce et même quelques accords de piano ici et là. L’étoile du match selon moi? Le troisième membre et non le moindre, j’ai nommé monsieur Austin Tufts à la batterie. Son jeu est tout simplement incroyable. Alliant beats complexes avec un son bien blender dans leur électro-rock planant, le band est passé maître dans l’art des transitions musicales bien placées et des montées lentes et savoureuses.

 

 

Braids nous a d’abord offert ses chansons les plus langoureuses pour finir sur une note plus dansante avec l’excellente Blondie suivie de Miniskirt qui était leur premier single. L’acoustique de la salle a su rendre justice à leur set-up particulier, déchargeant une bonne dose de basses.

Un point négatif? L’éclairage. Le Ritz n’offre pas le top en la matière. Le band jouait sous deux gros projecteurs, comme si on assistait à une pièce de théâtre. J’aurais apprécié, et je ne suis certainement pas la seule, une ambiance un peu plus tamisée, intimiste.

Néanmoins, Braids a, une fois de plus, livré la marchandise. Vous les avez manqué? Pas de panique, ils seront de retour le 5 juin prochain en première partie de Purity Ring au Métropolis.

Billets ici !!

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Quelques sons pour raviver votre flamme estivale!

En cette semaine printanière qui s’annonce ensoleillée (ENFIN!), voici quelques clips parfaits pour un chilling d’après-midi au parc, un BBQ bien arrosé dans votre cour arrière ou encore pour vous donner le courage de faire le grand ménage avant l’été qui approche à grands pas!

Chela – ZERO

Hey oui, on attendait avec impatience le grand retour de l’enfant chérie australienne. Elle nous revient en force avec son nouveau EP du même nom, voici son premier single : ZERO.

 

Sylvan Esso – Coffee

Issu de la collaboration entre Amelia Meath (Mountain Man) et Nick Sanborn (Made Of Oak), cette nouvelle formation fait déjà beaucoup jaser. Ils assureront entre autre la première partie de tUnE-yArDs dans leur tournée nord-américaine.

 

Broods – Never Gonna Change

Duo d’électronique pop néo-zélandais composé de Georgia et Caleb Nott. On attend avec impatience leur album complet prévu pour août prochain qui suivra de près leur EP Broods fraîchement sorti en janvier dernier!

 

Shura – Touch

Magnifique clip de la chanteuse britannique Shura!

 

Tom Odell – Another Love

Pour ceux qui ne connaisse pas encore cette magnifique chanson de Tom Odell, révélé aux Brits Awards 2014!

 

CRi – Oda

Un producteur montréalais, des images de feu livrées par Les Gamins, boîte de production montréalaise également. Il y a du talent en ville! Issue de son nouvel EP annoncé pour le 19 mai, à surveiller!

 

Et deux petites dernières pour la route (Ben oui, y’a le mot Fountain dans les deux!) :

tUnE-yArDs – Water Fountains 

 

Iamamiwhoami – Fountain

 

 

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EM15 – La programmation complète enfin dévoilée!

Jeudi dernier l’organisation d’EM15 dévoilait enfin sa programmation au grand public. Pour ses 15 ans, le festival électronique et d’arts numériques MUTEK se gâte! En plus de s’affilier pour une première fois avec ELEKTRA, l’évènement, qui se tiendra du 27 mai au 1er juin 2014, offrira à ses visiteurs plus d’une quarantaine de projets locaux et nationaux portant à près de 85 le nombre total de performances présentées cette année. EM15 se déploiera un peu partout dans le quartier des spectacles en collaboration avec la SAT et différentes salles telles que le Métropolis, le centre Phi et le théâtre Impérial.

 Une liste impressionnante de têtes d’affiche avait déjà été révéler quelques semaines auparavant comprenant des géants de la scène électronique internationale (Richie Hawtin, Nicolas Jaar, Ricardo Villalobos, Audion, Max Cooper et Ben Frost pour ne nommer que ceux-là). À cette belle brochette s’ajoute des créateurs, principalement montréalais, qui nous dévoileront leur dernier projet. Entre autre, Martin Messier et Nicolas Bernier, qui présenteront en première mondiale leur  »Machine Variation » (images ici!).

EM15 propose également un nombre important de rendez-vous gratuits, dont le programme EXPÉRIENCE qui sera présenté sur l’Esplanade de la Place des Arts, en partenariat avec le Red Bull Music Academy mettant en vedette des artistes locaux comme Xavier Lebuis, Magnanime et PRISON GARDE. Une nouveauté cette année également : le programme immersif et expérimental PLAY, présenté au MAC, en collaboration avec le magazine montréalais CULT #MTL (où l’on retrouvera les artistes québécois Markus Floats, Bataille Solaire, Marie Davidson, Velvet Glacier et Woulg entre autres!)

Bon nombre de conférences, ateliers et autres présentations spéciales se dérouleront au centre Phi tout au long du festival.

Pour plus d’information et les détails de la programmation complète par ICI !

POUR SUIVRE EM15 en tout temps de votre téléphone en téléchargeant l’application mobile pour Iphones et Androids (ELEKTRA et MUTEK présentent EM15) ou via le site internet avec la plateforme interactive!

Bon festival!

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Janvier 2014 à Montréal : tout ce que tu dois savoir!

Darkside – 14 janvier (Théâtre Corona)

Le duo New-Yorkais sera de passage dans la métropole! Ce groupe ambiant-électronique est le résultat de l’alliance entre un DJ et un multi-instrumentaliste et le fruit de leur travail est sublime! Avec un excellent album fraîchement sorti à l’automne 2013, les amateurs du genre seront comblés! À ne pas manquer!

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Disclosure – 15 janvier (Métropolis)

Formé en 2010 par les frères Guy, Disclosure aura réussi à s’inscrire comme un groupe phare de la scène house/électronique brittanique. Leur répertoire contient des collaborations avec des artistes tels que AlunaGeorge, Sam Smith et London Grammar. Tout juste sortis d’une tournée mondiale en 2013, le duo devrait être en pleine forme et prêt pour Montréal!

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Pixies – 16 janvier (Métropolis)

Hey oui, ils roulent toujours! Depuis ’86, les Pixies nous ont offert de l’excellent rock dont la descendance comporte même Nirvana et son célèbre Smell Like Teen Spirit. Que de bonnes raisons d’y assister, ne serait-ce que pour entendre Where Is My Mind en version live (pièce contenue sur la soundtrack du célèbre Fight Club)!

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Godspeed You! Black Emperor – 18 19 janvier (Métropolis)

Au tournant du siècle, la formation canadienne Godspeed You! Black Emperor avait visé juste. À l’heure de la collision des styles, ils sont arrivés avec du rock-métal minimaliste, un son qui détonnait. Après une dizaine d’années d’absence, le groupe est revenu en force avec l’album Allelujah! Don’t Bend! Ascend! Un de leurs rares passages dans notre métropole! C’est un rendez-vous!

***L’intro dure environ quatre minutes, ne vous découragez pas, guerriers du son!***

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Jay-Z – 24 janvier (Centre Bell)

Le rappeur et son Magna Carta Holy Grail débarquent en ville le 24 janvier prochain! Il ne reste que quelques billets, tous entre 50 et 200$, vous y serez?

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Panic! At The Disco – 31 janvier (Métropolis)

Really? Oui oui! On ressort nos Vans slip-ons, nos ceintures à studs et nos coupes emo et rendez-vous au Métropolis! Cheers to good old days!

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CocoRosie comme une bombe d’énergie

Cocorosie débarquaient hier soir à la SAT pour nous en mettre plein de la vue. Les habitués de leurs concerts connaissent la recette: changements de costumes sur scène, looks extravagants, utilisation d’instruments divers et parfois bien étranges et bien sûr, leurs voix si particulières. À peine 19h que déjà on fait la file dehors pour entrer (le spectacle est à guichets fermés). Cette fois-ci, les soeurs Casady nous ont donné rendez-vous pour nous plonger dans l’univers de leur dernier LP, Tales of A Grass Widow.

La première partie est assurée pas Busdriver, un rappeur/producteur de Los Angeles. Seul avec ses sampleurs et son micro, l’artiste a livré une performance très impressionnante. Des beats complexes à la manière du rap underground (dans la vague du moment avec Death Grips, Mykki Blanco ou Le1f) et un flow très rapide à la Busta Rhymes, le tout aura su faire embarquer le public. Pour ma part, j’ai particulièrement aimé son remix de la chanson thématique de l’émission jeunesse Barney, The Friendly Dinosaur. Un artiste à découvrir assurément.

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CocoRosie débarquent à la SAT

La formation des soeurs Sierra et Bianca Casady sera de passage lundi prochain, le 14 octobre, à la SAT. Leur musique, souvent qualifiée de  »freak folk », est un joli mélange de pop, blues, électronique avec une touche d’opéra (pour leurs voix si particulières!). Elles sont également reconnues pour l’utilisation d’instruments peu communs comme des jouets pour enfants, de la harpe ou du beat box. CocoRosie, qui roule sa bosse depuis 2003 déjà n’en est pas à son premier passage dans la grande métropole et viendra cette fois-ci nous présentez leur dernier album Tales of a GrassWidow.

C’est le producteur et rappeur américain Busdriver qui aura la chance d’ouvrir pour le groupe! L’artiste aime bien remettre à sa sauce des beats de musique… classique! Un spectacle à mettre à vos agendas ASAP!

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AlunaGeorge + Supreme Cuts @ Le Belmont

AlunaGeorge était de passage hier soir au Belmont. Le duo électro-pop britannique, ayant déjà conquit le coeur des amoureux du genre avec leur LP Body Music, en était à leur premier passage en sol montréalais. Une soirée tout simplement magique.

La première partie était assurée par Supreme Cuts, un duo électronique de Chicago qui commence de plus en plus à faire jaser sur la scène nord-américaine. Leur style est particulier, à mi-chemin entre l’électronique avant-gardiste de New Order, le pseudo hip-hop à la Ryan Hemsworth, les beats déconstruits de Baths et l’ambiant de bands comme Pantha du Prince ou Flying Lotus. Les deux gars n’ont l’air de rien (stoners pour sûr), mais la performance est hallucinante. La basse prend tout l’espace, les mélodies sont envoûtantes, les deux musiciens sont déchaînés, reproduisant leurs beats complexes avec des pad boards. Samplers, macbooks et keyboards complètent la recette. J’ai toujours trouvé que le Belmont était une des meilleures salles à Montréal pour acceuillir des performances électroniques (avec le théâtre Telus) et encore une fois, j’ai été pleinement satisfaite. À la toute fin du spectacle, quand je suis passée devant la table des merchs pour me procurer leur LP Whispers in the Dark, j’ai eu la chance de jaser avec un des deux gars du band. Après m’avoir demandé du feu pour déboucher sa bière, il m’a expliquer en riant que leur pochette représentait une constellation en forme de twitty bird avec un look à la Tupac (le bandeau et tout) qui se fumait un gros blunt (Je vous avais dit qu’ils étaient des stoners)! À ajouter à votre bibliothèque assurément!

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Après une courte pause entre les deux sets, c’est finalement à AlunaGeorge de monter sur scène. Le duo londonien composé d’Aluna Francis au chant et à la composition et de George Reid à la production, est déjà bien connu de l’autre côté du pacifique. Du électro-pop brit à son meilleur, dans la ligné des Ellie Goulding de ce monde, le groupe a été révélé au monde en 2012 grâce à leur single Your Drums, Your Love.

Le tout commence par Just a Touch. Aluna est sexy, arborant un look très 90’s avec son jersey de sport, ses shorts de cuire et ses sneakers de sport noirs (On assiste a un retour en force du look 90’s hip-hop avec d’autres artistes comme Angel Haze ou Azealia Banks). Elle se déhanche et chante d’une voix parfaite (parfois on aurait pris un peu plus de volume dans le micro par contre!) pendant que George, affublé d’un t-shirt de Mickey Mouse, s’en donne à coeur joie au keyboard. Également présents sur scène pour les accompagner, un bassiste et un batteur (un drum kit complet en plus de pads d’effets). J’aime particulièrement quand les formations électroniques sont full band en spectacle, la musique prend une tout autre dimension.

AlunaGeorge exécute leur album en entier, hits après hits, dans une montée de plus en plus dance. La chanteuse ne manque pas de faire participer la foule qui entonne les refrains en coeur dans White Noise et You Know You Like It. Finalement, le spectacle atteint son apogée et culmine avec Your Drums, Your Love. La formation se retire sous une pluie d’applaudissements et un public qui en redemande. Malheureusement, après avoir écoulé leur répertoire, il ne restait plus de chanson à jouer… Ce sera pour une prochaine fois! En attendant, voici, selon moi, leur meilleure pièce. Enjoy!

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Au menu cet automne à Montréal : ALUNAGEORGE + Charli XCX

L’été tire peut-être à sa fin, mais Montréal et sa scène musicale prolifique ne nous laissent pas tomber! Pour consoler les âmes festives, voici quelques dates intéressantes à mettre à vos agendas scolaires.

ALUNAGEORGE @ Belmont, 8 septembre


Les portes ouvrent à 19h et Supreme Cuts commence vers 20h. Vous ne connaissez pas ALUNAGEORGE? Il est grandement temps de découvrir ce duo électro-pop londonien. Pour ma part, je suis littéralement tombée sous le charme de la voix quasi-enfantine d’Aluna. La production est extrêmement bien exécutée et les sons utilisés sont innovateurs. Un peu dans la même lignée que Flying Lotus, le groupe démontre  également de fortes influences R&B et soul comme Destiny’s Child et Maria Carey. Je vous présente leur single Attracting Flies (le clip est délicieux).

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Pour ce qui est de Supreme Cuts, je ne connais pas bien le duo électronique mais pour avoir écouté leur matériel à quelques reprises et avoir entendu des remix, nous auront droit à un bon spectacle. Un peu dans le même genre qui se fait présentement sur la scène anglaise au niveau de l’électronique, et le hip-hop qui nous vient de New York.

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Pour acheter des billets, c’est par ICI!

Charli XCX @ La Sala Rosa, 17 septembre (nouvelle date à déterminer!)

** Evenko a annoncé sur leur site que le spectacle était repoussé à une date ultérieure**

La première fois que j’ai eu la chance d’entendre le travail de cette jeune artiste anglaise (elle n’a que 21 ans!) c’était en première partie de nul autre que Coldplay au Centre Bell en juillet 2012. Charli XCX était également revenue apprivoiser la scène montréalaise en première partie de Marina and the Diamonds au Théâtre Corona. J’avais tout de suite été accrochée par sa présence sur scène et son son si particulier. Son accent british tellement perceptible lorsqu’elle chante, son look, sa manière de se déhancher, tout ces détails ne font qu’amplifier le charme naturel de la chanteuse. Après avoir téléchargé deux mixtapes gratuits sur bandcamp, j’écoutais en boucle son remix de Cold Nites de How To Dress Well en plus de son propre matériel teinté de deep wavehouse, électro-pop (un peu chaotique). Certains d’entre vous l’ont probablement découverte en raison de sa collaboration avec le duo anglais Icona Pop dans la pièce I Don’t Care qui l’aura fait connaître d’un plus large public. L’artiste viendra nous présenter son nouvel album True Romance. À voir assurément!

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Et pour les billets, ICI!

 

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M.I.A. met le feu au métropolis

Métropolis, Montréal, 20h. Je suis assise au balcon, deuxième rangée, en plein centre. Je peux voir la foule compacte qui s’étale au pareterre. Par chance que la salle est climatisée, je n’ose même pas imaginer comment ils font pour survivre collés les un contre les autres. La scène est immense, il n’y a qu’une table pour le DJ, un drum kit un peu plus loin et un stand avec, il me semble, un petit sampler. Le tout est éclairé d’une faible lumière bleutée qui permet de distinguer le décor impressionnant. Une série de grosses structures de métal ressemblant tant à des engrenages qu’à d’immenses mandalas sont suspendues au plafond. Matangi, le nom du dernier album de M.I.A., est affiché en caractères hindou.

À peine quelques minutes après mon arrivée, Le1f commence sa performance. Il n’y a que lui et son DJ sur scène. Je ne connaissait qu’une seule chanson de ce beat maker new-yorkais qui avait été embrassé par la critique entre autre sur Pitchfork. En fait, je l’ai même pris pour Mykki Blanco avec ses souliers plateformes et sa manière féminine de se déhancher sur scène. Un bon spectacle somme toute qui s’est conclu avec sa meilleure : Wut (le beat ressemble à s’y méprendre à celui de Thrift Shop de Macklemore).

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Entre les deux sets, une DJ vient réchauffer la salle avec des remix originales pendant une bonne demi-heure. C’était un peu trop long, la foule ne dansait pas, tout le monde semblait attendre l’arrivée de M.I.A. avec impatience. Même la DJ elle-même avait l’air gênée d’être là. Quand finalement elle termine, un tonnerre d’applaudissement retenti et je ne saurais dire si c’était pour sa performance ou pour le fait qu’ENFIN M.I.A. fera son entrée sur scène. La salle est alors plongée dans le noir et des espèces de chants hindou se font entendre. Le décor s’illumine et l’artiste britannique accompagnée de ses danseurs débarque enfin.

Elle commence en force, reprenant pour le plaisir de tous, bon nombre de ses succès qu’on retrouve sur ses anciens albums. Entre autre, Boyz, XR2. Bucky Done Gun et Bamboo Banga étaient tout simplement déchaînés, avec un éclairage quasi psychédélique (il ne fallait vraiment pas souffrir d’épilepsie pour assister à ce concert!). En plus des danseurs, une choriste et une Bob Marley féminine qui bang the drums, M.I.A. se déplace de long en large, danse, elle est littéralement en feu. À mainte reprises, elle s’avance et touche les bras des quelques fans chanceux qui sont en première rangée. À un moment, elle fait même une tentative de body surfing avant que le garde de sécurité ne la soulève dans ses bras pour la reposer sur scène. La foule était transportée par la musique, tout le monde dansait, même au balcon, il y a eu littéralement un mosh pit durant Galang et c’était complètement fou.

Après avoir garoché le micro par terre et être sortie de scène comme une vraie rock star, l’artiste ne se fait pas prier pour revenir performer Paper Planes (je pense que c’était un des moments les plus épiques de mon existence, oh oui!). C’était beau de voir le Métropolis chanter le refrain en coeur et lever les poings aux  »bang bang bang bang ». Le tout se termine par Bad Girls. M.I.A. appelle tous ses danseurs sur scène. Je n’ai rien d’autre à dire… Il fallait être là pour comprendre l’énergie du moment. Je pense sincèrement avoir assisté à l’un des meilleurs concerts de ma vie (j’en ai vu quelques-uns).

La prochaine fois que l’artiste sera de passage dans notre métropole, procurez-vous des billets, c’est quelque chose à voir!

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Osheaga 2013 : tour guidé selon DTO

Déjà début juillet, l’été bat son plein, les déménagements sont derrière nous (pour la plupart), les festivals vont bon train et la bière coule à flot. Le calme plat avant la tempête Osheaga qui s’abattera du 2 au 4 août prochain au parc Jean-Drapeau. Le festival montréalais n’en est qu’à sa 7ième édition et déjà l’engouement est à son comble. Les billets early birds s’envolent (mot de jeu) très rapidement. Fidèle à son habitude, l’organisation du festival a lancé sa programmation quotidienne à la fin du mois de mai et, encore une fois, pour ceux qui comme moi n’ont pas les moyens de se payer les trois journées de l’événement au coût de 235$, le choix est crève coeur. Voici donc un survol de l’événement avec les groupes à ne pas manquer et les petits trucs à surveiller.

Le site du festival comprend 5 scènes, il vous faut être bien préparé pour ne pas manquer vos artistes préférés. On sait tous que lors de ces grand événements, il faut parfois sacrifier quelques bonnes prestations pour devancer la foule et s’offrir une bonne place pour l’artiste qu’on vient voir. À moins bien sûr, que vous soyez doté d’une passe VIP. Comme l’année dernière, le festival offre aux utilisateurs de Iphones la possibilité de télécharger leur application disponible sur le Apple Store. Très bien faite, elle offre la possibilité de se créer son propre itinéraire pour l’événement, un plan du site, des nouvelles mises à jour (probablement des scoops exclusifs et des promotions le jour même) en plus d’une plateforme interactive où il sera possible de prendre des photos et de consulter celles des autres festivaliers. Pour en voir un aperçu, cliquez ICI.

Découvrez ici la programmation quotidienne.

Une excellente programmation pour le festival avec des têtes d’affiches intéressantes. Évidemment, il est impossible d’assister à tous les concerts. Pour vous créez votre propre itinéraire.

Dans la catégorie À NE PAS MANQUER :

Vendredi 2 août

  • La formation montréalaise Ponctuation
  • Wild Belle
  • Le folk de The Head and the Heart
  • Daughter (!!!!!!)
  • Le Canadien K-OS (il fera sûrement plusieurs pièces de l’excellent Yes!)
  • Lianne La Havas
  • Baauer et son Harlem Shake, ça risque d’être tout un party!
  • Azealia Banks
  • Et évidemment, tout les headliners mais il faudra faire des choix.

Samedi 3 août

  • Les Québécois de Groenland
  • Grouplove
  • Angel Haze
  • We Are Wolves
  • Yelawolf (les loups sont à la mode cette année)
  • Le retour de Jimmy Eat World (parce qu’on veux entendre The Middle)
  • The breeders (Wow, tout simplement, Cannonball, les années 90, you win!)
  • L’instrumental d’Explosions in the Sky
  • Flogging Molly
  • Bonobo
  • Encore une fois tous les headliners mais surtout C2C, Tegan and Sara, Macklemore & Ryan Lewis et Beck.

Dimanche 4 août

  • Lucy Rose avec sa voix si enchanteresse
  • MNDR
  • Icona Pop (I don’t care, I love it!)
  • Nos chères Soeurs Boulay
  • Death Grips
  • Frightened Rabbits
  • Gramatik
  • Tout les headliners avec un coup de coeur pour l’électro des 80’s de New Order et ma découverte de l’année Kendrick Lamar

En gros, les trois journées sont aussi alléchantes les unes que les autres! Pour acquisition de billet c’est par ICI.

 

Dans la catégorie PRÉ/AFTER PARTY :

Cette année, Osheaga organise dès fin juin des événements promotionnels, une série de concerts gratuits ou payants sous l’étiquette Osheaga presents.

Entre autres,

*Timber Timbre le 20 juillet prochain au théâtre de Verdure du parc Lafontaine. Gratuit.

*Tegan and Sara in Quebec City le 1 août prochain à l’Impérial. 40,50$.

Également, une série de Preparty mettant en vedettes des artistes comme Lianne La Havas, The Besnard Lake et des Afterparty qui promettent d’être endiablés avec par exemple, Baauer.

Pour la liste complètes des évènements.

Le compte à rebours est définitivement commencé et DTO y sera sans faute. On se voit là-bas?

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Baths + Houses + D33J : soirée magique au Belmont

Je mets à peine les pieds dans le Belmont que déjà je sens monter la fébrilité en moi. D33J termine tout juste sa partie et, de ce que j’ai cru comprendre, son ordinateur vient de rendre l’âme. Petit désagrément pour l’artiste mais la foule semble quand même avoir apprécié le spectacle et l’applaudit chaleureusement avant de se disperser. J’ai connu Baths il y a quelques années alors que son premier LP, Cerulean, était à peine sorti. Dieu sait combien j’ai pu écouter cet album, véritable soundtrack de mon été 2011 alors que la musique électronique commençait à envahir mon ipod. Alors vous comprendrez pourquoi j’étais tellement excitée à l’idée d’enfin voir celui qui, deux ans plus tôt, m’a donné la véritable piqûre de l’électro! À peine entrée donc, que je me dirige vers le stand à tee-shirts tout au fond du bar. Un jeune homme se tient assis là, avec l’air le plus blasé du monde, les yeux rivés sur son téléphone. Il a l’air décontracte, habillé simplement d’un jean et d’une camisole. Assez beau garçon, découpé, soigné en apparance, les cheveux courts, les lunettes old school et tout le kit. Un look très hipster/gay/montréal en somme. Je lui demande donc, en français, si je peux voir les items en vente.  »I don’t speak french ». Oui, évidemment qu’il ne parlait pas français. J’ai enfin compris, alors que mon ami se penche et me glisse à l’oreille que le jeune homme en question n’est nul autre que Baths lui-même. Oups! Un peu paradoxal que je ne le reconnaisse même pas alors que je l’admire autant. Peut-être est-ce dû au fait que sur les photos que j’avais vues de lui auparavant, il avait de gros favoris, des cheveux longs et il était pas mal plus gras. Beaucoup même. Belle rencontre qui commençait une belle soirée.

Après un pit stop au bar pour commander une bière, on se dirige au devant de la scène, tout au devant, à travers la mince foule déjà rassemblée pour Houses. Le groupe californien tout droit sorti de Los Angeles roule déjà depuis 2009, mais commence vraiment à se faire connaître de la scène électro. Juste avant de débuter leur tournée nord-américaine en première partie de Baths, ils étaient d’ailleurs invités à SXSW (South by Southwest). Ils ne sont que quatre sur scène mais leur set-up est impressionnant. Les deux chanteurs Dexter et Megan, couple dans la vie, ont chacun devant eux une table (une planche de plywood sur un stand de keyboard) munie de mille et une choses. Des samplers, des MPC (music production controller), des keyboards, des ordinateurs… Le groupe californien venu nous présenter leur nouvel album, A quiet darkness, se sont muni cette fois-ci de musiciens additionels pour recréer pleinement l’ambiance de leur indie-pop-électro-ambiant. Également sur scène pour les accompagner se trouve un guitariste avec une collection de pédales d’effets plus qu’impressionnantes et un batteur tappant à la fois sur un vrai drum kit et sur un drum électronique.

L’ensemble des chansons de leur nouvel album racontent l’histoire d’un couple qui tente de se retrouver parmi les débris d’un post-apocalypse nucléaire, le tout inspiré des maisons abandonnées le long de la highway 10 située à l’entrée de la ville de Los Angeles. Intéressant. D’autant plus que leur premier LP avait été enregistré sur une ferme auto-suffisante à Hawaii. Le groupe a définitivement des inspirations artistiques particulières. La performance, elle, est planante. Les deux voix se marient parfaitement, la guitare langoureuse en écho dans le background et les sonorités du drum électronique sont magiques. Une formation à découvrir de par leur parcours différent et leur son enveloppant.

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Après un démontage-montage rapide de la scène, c’est finalement Baths qui fait son entrée. Comme le hasard fait bien les choses, le clavier de l’artiste est positionné exactement devant nous. On ne pourrait pas être davantage dans son champs de vision, il chante presque pour nous! Un feeling incroyable. Ayant auparavant mentionné dans une entrevue qu’il était las de faire des concerts où il mixait tout lui-même tout en chantant, Will Wiensefeld (Baths) s’est doté d’un musicien pour l’accompagner, question de se concentrer davantage sur la portion chant. Un clavier, un nombre incalculable de pédales et de contrôleurs remplissent la petite scène du bar. L’artiste nous présente son acolyte, Morgan, à la guitare et au mixage. Pour sa part, Baths est tantôt debout à looper sa voix, tantôt assis au piano. Dans tous les cas il crève la scène, danse, chante haut et fort avec intensité. Sa voix si particulière est magnifique et juste. Ses chansons sont toujours aussi chargées d’émotions, parlant pour la plupart de déchirures amoureuses, adressées à d’anciens amants (oui oui, il est gai!). Will a peu d’interaction avec la foule mais nous remercie d’être présents. Son musicien et lui ne manquent pas de se lancer des flèches tout au long de la performance, Baths ayant un humour assez sarcastique pour l’avoir déjà entendu en entrevue.

Le tout commence par Worsening, la première track d’Obsidian, son second LP. En fait, l’artiste a joué l’album dans son ordre quasi original. La performance, qui a durée en tout un bon 50 minutes, était déchaînée. Plus mellow au début pour se terminer en remix de ses chansons qui s’étirent avec des breakdowns impressionnants, le tout était magique. Un point négatif par contre, il n’a joué de son premier album que la pièce Lovely Bloodflow! Et Maximalist? Et Heart? Et toutes les autres qui sont chacune à leur manière des chefs-d’oeuvres? J’étais un peu déçue mais malgré tout, j’ai passé une soirée haute en émotions! Pour ceux qui ne connaissent pas l’art de Baths, voici quelques extraits pour le plaisir de vos oreilles. Bonne écoute!

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Voyage au coeur de l’univers d’Emika : entrevue intimiste

J’attends depuis déjà une bonne quinzaine de minutes sur la terrasse située au dernier étage de la SAT (Société des arts technologiques). Évidemment, j’attends à l’intérieur, à l’air climatisé, souhaitant à tout prix éviter les quelques pesant 37 degrés Celsius qui envahissent l’île de Montréal en ce vendredi après-midi. Dehors, sont répartis sur les tables à pic-nic toutes surplombées d’immenses parasols, quelques artistes participant à la quatorzième édition du festival MUTEK, tous en discussion active avec les représentants de différents médias.

On dit que les artistes sont toujours  »fashionably late », et bien Ema Jolly, plus connue sur la scène électronique sous son nom de scène Emika, n’a pas fait exception à la règle! L’artiste était de passage à Montréal pour nous présenter son nouvel album, Dva, samedi le 1 juin dans le cadre de MUTEK. Quand finalement je la vois arriver, je me dirige timidement vers elle, un peu intimidée car j’avoue porter une grande admiration, pour l’ensemble de son oeuvre. C’est pourtant une Emika toute simple, aux allures de rock star dans sa veste de cuir, qui se présente devant moi. L’image virtuelle que je m’étais faite de l’artiste en voyant ses photos où elle arbore toujours un regard si mystérieux, sa musique si envoûtante avec sa voix assez rauque me laissait croire qu’elle devait être relativement dure d’approche mais au contraire, Ema, du haut de ses 25 ans, ne pourrait être plus humble, souriante et même fragile. Elle rayonne littéralement.

Aussitôt assise qu’elle commence :  »I’m in the mood right now, go ahead with your most burning questions! » L’artiste maintenant établie à Berlin mais d’origine anglaise a reçu une formation complète en musique classique et en connait un rayon sur la scène électronique européenne. Ayant souffert de troubles physiques et ressentant le besoin de changer d’air pour évoluer, Emika utilise un billet d’avion gratuit offert par sa banque en 2006 et s’envole pour l’Allemagne.  »Well in my opinion, I feel like there’s not really much stuff going on in the UK right now, there’s like a big slump and everyone’s a bit depress and not really sure of where it’s going and what they’re doing… It’s massively, the whole music scene, the whole music industry is over-saturated. It’s just like killing itself. Germany have this really healthy system between underground and mainstream. It’s like the underground has its part and the mainstream has its part. It’s really balanced, there’s a lot of DJs and there’s a lot of competition but there’s still a lot of space for growth, development and I don’t know… I feel like the german market in terms of industry and creativity is always coming up with new ideas. Also, the labels in germany, the people who are working within the label industry are label people, they’re not artists working on labels because you know, there was a massive boom with DIY labels like five years ago… Cool artists were like starting their own labels and that was amazing but now we’re on the other side of that explosion, we’re at the downside of it and I just feel like there’s a lack of serious business people! Germany is the most successful selling market in the whole world, it’s a really solid music economy and I feel like it’s where the serious labels are at right now. »

Emika, qui roule sa bosse depuis maintenant 4 ans au sein de l’industrie, donne dans l’électronique expérimental, inspiré à la fois du classique, du trip-hop et du dubstep. C’est d’ailleurs par l’entremise de son bon ami et DJ Pinch, qui lançait les premières soirées dubstep en 2004, qu’elle a connu ce style.  »I was actually in Bristol back in 2004-2005 really when dubstep wasn’t even called dubstep yet! » Maintenant devenu très mainstream grâce à des artistes comme Skrillex, le dubstep est presque déjà dépassé à l’heure qu’il est par le nouveau mouvement tout droit venu de la côte est américaine : le trap. Aujourd’hui, notre manière de consommer la musique a énormément changé et Emika le sait. Au niveau de l’électronique, les tendances se multiplient sans cesse et les artistes doivent se renouveller afin de rester actuels ou innover, tout simplement.  »Fans, they love you one minute and they hate you the next. It’s like fashion, one week this is cool, the next week something else is cool! » À ce sujet, lors d’une entrevue donnée au magazine culte musical Rollingstone, Daft punk se prononçait sur l’état de la musique électronique actuelle, qu’elle est dans sa zone de confort et que personne n’ose aller de l’avant. Pourtant, ce sont les downbeats d’Emika mélangés avec ses riffs de piano inspirés de l’époque classique qui ont attirés le label Ninja Tune qui signe la jeune femme en 2010.

Les critiques comparent souvent Emika à des artistes comme PJ Harvey, the XX ou encore Zola Jesus.  »I’m not quiet sure about that! (rires) » affirme-t-elle. Bien que son second LP Dva fraîchement sorti en 2013 contienne de nombreuses influences de pop, d’électronique très allemand, loud (parfois on se croirait dans la soundtrack de Run Lola Run) et de classique, Emika a une idée précise de qui elle tient cette envie folle de faire de la musique électro.  »Marcel Dettman, he’s the techno GOD of the world! There’s no one as good as he is. He’s another timeless artist. You listen to his album and you can’t say when it was made and you can listen to that still in five years and it’s gonna be like… nice beat! He influences me still today! » D’autres grandes inspirations pour l’ensemble de son oeuvre sont bon nombres de compositeurs classiques tel que Dmitri Shostakovich, un grand pianiste russe du 20ième siècle (on le ressent notamment dans les loops de piano qui composent plusieurs chansons d’Emika).  »I just feel like classical music is where you can discover the most ART. That’s why it inspires me so much. I’m a piano player and I studied the orchestra and composing for orchestra, and I use a lot of samples from that… There’s some pieces on this album (Dva) that have string breaks put together, piano loops and all. I compose, record everything and sometimes I resample my own stuff. »

L’univers de l’électronique est fascinant et fait souvent face à une incompréhension du public qui ne considère pas toujours les artistes du genre comme de  »vrais » musiciens puisqu’ils utilisent un ordinateur pour créer leur musique. Emika, qui produit tout elle-même, est pourtant une musicienne à part entière. La jeune femme s’intéresse beaucoup à l’impact qu’a la voix sur le public (les paroles prennent une grande place dans son processus créatif) et est d’abord et avant tout une pianiste de formation et une chanteuse. J’étais donc intéressée à savoir ce qui vient d’abord pour elle, les paroles ou la musique?  »They’re kind of born together. Usually it starts with a melody, which I sing, so it starts with voice and melody. Then sometimes it’s a certain kind of melody which needs a certain form of poetry but i’m not just feeling like that at that moment so I record it and some lyrics will come further. So, maybe this melody is gonna work as a bass line or work as a lead line or back sounds or just actually as the vocals. And it’s the same way that I work with sounds. Often like i’m designing a sound and then there’ll come a point where that sound sounds good on two notes only and doesn’t work as a bass line so i’m gonna use it as how it sounds best. If I can describe music production it’s pretty much like a game of chest. The music itself, what you listen to and what you hear back is kind of like the moves of the other player. The music starts to live and sometimes you do a bunch of stuff and it sounds a certain way and you didn’t even wanted it to sound that way! And now you’re kind of trapped and you don’t know how to make it sound more swinging or more banging or more deep, louder or softer. You sit in front of your speakers and you’re like  »no! » (rires). I’d say that 90% of my time i’m sat there and i’m pissed off at my work. One day you’re like  »YEAH » and the next day you’re like  »it’s aweful! » It’s a sweet art to produce music! »

Emika est une femme qui s’auto-produit en électronique, une femme dans une mer d’homme. Si on pense à des artistes féminines auto-suffisantes dans ce domaine il y en a peu. Grimes, Imogen Heap, entres autres. Au début de sa carrière, Emika, amoureuse de la technologie, mettait moins d’emphase sur le pouvoir des mots et se concentrait davantage sur les sons, ce qu’elle pouvait faire qui n’avait pas encore été fait par d’autres.  »As I developed as an artist and as a woman, I traveled so much with the first record, performed and spoke to so many people and got so many experiences. You experience as a woman so many injustices and it manifest itself in poetry and metaphors  and lyrics and symbolism. There’s things that I can say with words that I can’t say with a bass line. It needs to be said, i’m a vocalist and I have a mic in my hand! I learn to talk to people, speak and express what you feel to the public. I feel like i’m only 50% of my work and audience is the other 50%. I make music for people to hear. »

Se retrouve également sur son dernier album une reprise d’une pièce très connue de Chris Isaak : Wicked Games. J’avais entendu cette chanson pour la première fois au Musée d’art contemporain de Montréal lors d’un concours de vidéoclips et j’avais tout simplement détesté la version de la chanteuse. J’avoue pourtant beaucoup apprécier la version d’Emika!  »It’s a special song, the three chords used in that song, that’s the most amazing chord progression in all history of all music! All emotions in three chords, so complexe but so simple. » À découvrir!

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Les maigres 20 minutes qui m’ont été accordées pour percer l’énigmatique univers d’Emika n’étaient que trop peu suffisante pour ma curiosité! Une artiste à découvrir, on attend son prochain passage dans la métropole!

 

 

 

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Une première édition réussie pour Boston Calling

Découvertes, pluie, danse, folie et…. bière sont les premiers mots me venant à l’esprit pour décrire notre trip en terre américaine pour assister à la toute première édition du festival de musique Boston Calling. Les festivaliers ayant bien été informés que l’évènement se tenait rain or shine ont dû enfiler leur imperméables et leurs bottes de pluie alors que dame nature n’épargnerait pas Boston durant la fin de semaine. Qu’à cela ne tienne, ce sont près de 20 000 amoureux de la musique et curieux qui ont bravé la pluie et le froid durant les deux jours du festival : une belle réussite pour un baptême. Évidemment, la programmation tout simplement incroyable (trop de talent pour une même fin de semaine!) et des headliners accrocheurs, The National et FUN., ont aidés à la cause. Je ne pourrais vous résumer c’est deux jours de pur bonheur et d’orgasme auditif en si peu de lignes mais je vous ferai quand même les tops et les flops de l’événement ainsi que mes découvertes. Enjoy!

Premièrement, le line-up pour les deux jours :

Samedi, 25 mai

Fun.
The Shins
Marina and the Diamonds
Matt and Kim
Portugal. The Man
Cults
MS MR
St. Lucia
Bad Rabbits

Dimanche, 26 mai

The National
Of Monsters and Men
Young the Giant
Andrew Bird
The Dirty Projectors
Ra Ra Riot
The Walkmen
Youth Lagoon
Caspian

***LES TOPS***

MS MR

La formation new-yorkaise avait déjà fait des ravages en sol montréalais lors de leur passage au Il Motore le 23 mai dernier et le phénomène s’est répété à Boston Calling. C’est un groupe encore étonné de leur succès qui se sont présentés sur la petite scène pour nous jouer les morceaux de leur premier LP secondhand rapture. D’entrée de jeu, Lizzy (la chanteuse) rassure la foule en poussant  »We’re not gonna let the rain bring us down! F*ck no! » Et c’était parti, un show complètement endiablé sous une pluie intermittente. Le tout, d’une durée d’environ 45 minutes, est clôturé par leur meilleure, selon moi, Hurricane. La complicité entre les deux membres fondateurs était touchante et l’authenticité avec laquelle ils ont livré leur prestation des plus chaleureuse ont su réchauffer la foule grelottante. Ce que j’aime de cette formation c’est la puissance de la voix de Lizzy qui me rappelle Florence Welsh. Bravissimo!

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Matt and Kim

Mon coup de coeur du festival! Que dire sur leur performance qui était complètement déchaînée! Je ne sais pas sur quoi le duo planait ce jour-là mais ils étaient doté d’une énergie presque surhumaine! Kim à la batterie arborait un sourire irréel, littéralement fendu jusqu’aux oreilles durant la TOTALITÉ du spectacle, allant même jusqu’à sauter à pied joint sur son instrument (on se demandait tous comment elle faisait pour ne pas soit défoncé ses tambours ou tomber?) alors que Matt au clavier et synthétiseurs jouait tantôt assis tantôt la patte en l’air en sautant sur un pied.

Dès les premières secondes, avant même que le groupe fasse sont entrée sur scène, les notes de Thunderstruck se font entendre pour glisser vers un remix de Niggas in Paris sur quoi ils apparaissent enfin en dansant sous un pluie d’applaudissements (et une vraie pluie aussi!). D’ailleurs, entre chacune de leur chanson, Matt part un sample d’une chanson trap et/ou hip-hop connue et les deux acolytes quittent leurs instruments respectifs pour s’en donner à coeur joie et danser comme des fous avec la foule endiablée. À un moment, Matt distribue des centaines de ballons qu’il demande au public de gonfler et de lancer dans les airs tous en même temps au compte de trois. Avec le vent, les ballons se rassemblent tous au milieu de la foule en une spirale montante, complètement hallucinant! Autre moment mémorable, entre deux chansons, c’est le riff très connu par notre génération de Better Off Alone d’Alice DJ qui commence accompagné par la voix de Kim pour se terminer par l’entièreté de la foule qui entonne en coeur le refrain : Do you think you’re better off alone? Le tout mélangé avec la présence de tout leur succès (Let’s go, Daylights et bien d’autres) et les innombrables calls à caractère très sexuel de Kim qui se shake le booty pas mal en fait et de loin ma prestation préférée du festival!

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Portugal. The man

4 mots : La voix du chanteur.

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The shins

Un excellent show sous une pluie presque torrentielle. La formation qui roule sa bosse maintenant depuis 1996 n’en est pas à son premier show et ça paraît! Il nous ont livré pour notre plaisir auditif bons nombres de leurs vieux succès qui rappelaient des souvenirs et une bonne partie de leur album Port of Morrow (le plus récent sorti en 2012).

En voici un petit extrait!

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Of Monsters and Men

La formation islandaise était très attendu du public. Déjà pendant qu’on entend les grondements de la musique d’Andrew Bird au loin sur la petite scène, les gens se rassemblent en grand nombre pour avoir les meilleures places possibles pour le concert. La formation, formée en 2010, est impressionante avec ses 7 musiciens pour la plupart multi-instrumentistes et les deux voix du groupe si parfaites et harmonieuses ensemble. Le tout se termine avec leur grand succès Little talks. Un bijou!

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Aussi, Youth Lagoon pour leur énergie et The National qui donne toujours un bon spectacle!

*** LES FLOPS ***

Dirty Projectors

Il y a peu de prestations qui m’ont décues mais celle-là, franchement, m’a presque même déplue! Triste oui, parce que c’était un des bands auquel je tenais le plus. Dès les premières chansons, entre autres Gun Has No Trigger, les beats de drums semblent décallés du reste de la mélodie. Ayant un style assé décousu à la base, je me disais que c’était peut-être dans le style mais s’en était presque agressant. Les instruments étaient peut-être mal calibrés ou peut-être était-ce du à une fatigue générale des membres du groupe qui roulent pas mal en ce moment et qui s’apprêtent à partir en tournée avec nul autre que The National, mais l’ensemble sonne cacophonique. La voix d’habitude si belle d’Amber semble éraillée et même fausse par moment. Les harmonies vocales sont trop fortes, il y a comme un trop plein ou une trop grande quantité de couches instrumentales! Néanmoins, The Socialites était très bien exécutée! Better luck next time?

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*** DÉCOUVERTES ***

Caspian

Prenez Explosions In the Sky et ajoutés-y un peu plus de percussion et vous obtenez Caspian. Je ne connaissait pas cette formation qui était en terrain connue à Boston puisqu’ils viennent de Beverly, une petite ville non loin de là. Ensembles depuis 2004, ces six musiciens ont prit d’assault la scène pour bien commencer la deuxième journée du festival, à mon grand bonheur. Leur mélange de post-rock-expérimental-ambiant-instrumental-métal m’a beaucoup plu et à voir la réaction du mince public déjà sur place aux alentours de 13h30, a fait bonne impression. Deux percussionnistes (l’un des deux également à la batterie parfois) ajoutaient une couche de plus à la richesse de leur musique et bien qu’il n’y ai aucune paroles, les mélodies, les montées qui s’éternisent et les build-up de guitares ont transporté la foule et ont amené le soleil dans la place publique, ont fait danser les festivaliers assidus. Fait étonnant: un des percussionnistes tapait parfois sur une guitare couchée à l’horizontale en frappant les cordes de ses baguettes et créait ainsi des mélodies ou des riffs de basse. Venus nous présentez entre autres leur tout dernier LP Waking SeasonTwo thumbs up Caspian! Voici un extrait de leur dernier album live pour apprécier tout leur génie!

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Andrew Bird

Je ne connaissait pas du tout ce chanteur bien qu’il roule sa bosse depuis 15 ans. Ce multi-instrumentiste m’a fasciné alors qu’il jouait du violon à la manière d’une guitare. Tantôt au piano, tantôt en train de siffler (ben oui, il sifflait vraiment bien!), tantôt au chant avec une voix si juste et si douce, il nous a livré une performance honnête et fidèle aux attentes, si je me fie à la réaction du public! J’aime également sont approche minimaliste de la musique et ses influences de folk. En plus, j’ai assisté à sa prestation en dégustant une bonne bière dans le beer garden, que demander de mieux?

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St. Lucia

J’avais vu St. Lucia en première partie d’Ellie Goulding cet hiver au Métropolis et j’étais tout de suite tombée sous le charme de leur musique et de l’histoire du chanteur, Jean-Philip Grobler (en vérité St. Lucia n’est que lui), qui a fait le tour du monde en chantant dans des chorales étant jeune. Les synthétiseurs et leur son puent le dreamy-pop et nous donne instantanément envie de faire nos valises et de s’en aller vers le sud. À découvrir!

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Un peu avant le commencement du dernier groupe, The National, Boston Calling nous ont fait l’annonce qu’il feront une édition printannière du festival les 7 et 8 septembre prochain avec une brochette des plus intéressantes d’artistes! Quelle belle facon de terminer l’évènement. Une cerise sur le sundae qui clôt une première édition des plus réussie, malgré la température désavantageuse! On se voit là-bas en septembre?

Pour voir le line-up de septembre et acheter vos billets de early birds cliquer ICI.

Ce qu’il faut savoir sur l’organisation :

Le festival se tient sur la grande place public du Boston City Hall Plaza et comporte deux scènes : le Main stage et le City Hall Plaza stage (plus petit et intéressant car ont y voit mieux, le terrain offre naturellement des gradins de part les marches de la grande place).

– Le site offre bon nombre de food stands des plus diversifiés ainsi que deux beer garden. Avant d’avoir accès à ces derniers, il vous faut passer par le ID check et procurer une pièce d’identité valide aux employés afin qu’ils vous remettent un bracelet prouvant que vous êtes agés de 21 ans et plus (et oui, c’est la loi aux États-Unis!). Vous pourrez ainsi avoir accès à ces fameux beer garden. Il faut également noter qu’il est impossible de consommer de l’alcool à l’extérieur de ces enclos mais n’ayez crainte, l’un d’eux offre une bonne vue sur les deux scènes alors que l’autre vous offre une magnifique vue sur… les toilettes. Il est aussi impossible d’entrer n’importe quel breuvage, alcool et/ou nourriture sur le site.

– L’organisation était prête à tout et offrait gratuitement aux festivaliers des ponchos imperméables.

– Contrairement à des évènement comme Osheaga, il est possible de sortir du site et d’y retourner à tout moment en montrant votre bracelet et en repassant par les détecteurs de métal et tout et tout.