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Valerie Collette

Parce qu’à Montréal on est chanceux. Il a une tonne de festivals, des spectacles gratuits extérieurs, une foule d’artistes à découvrir, mille et une salles de spectacle, des concerts surprises et des shows sur des toits… Pourquoi on ne s’y intéresserait pas ?

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À découvrir : Geoffroy

Récemment, alors que j’écoutais la musique ambiante simplement d’une oreille, j’ai été captivée par une voix aérienne et le son pop d’un certain Geoffroy. Plus j’écoutais cette chanson qui jouait dans l’air, plus j’étais entrainée par le rythme dansant, légèrement électro. Un son qu’on écouterait très facilement un soir d’automne sur la route qui mène au chalet.

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Par la suite, je me suis plus attardée à la musique de ce Geoffroy, nouvelle venue chez Bonsound. Son premier EP, Soaked in Gold, est maintenant disponible comportant uniquement quatre titres. Quatre titres qui sont toutefois très accrocheurs. On commence avec une introduction musicale délicate et douce, parsemée de petites notes telles des clochettes qui résonnent à nos oreilles. On a l’impression que le soleil vient d’envahir la pièce et réchauffe nos visages. S’en suit la chanson You Say qui nous donne envie de danser et nous plonge un peu plus dans l’univers du musicien. On retrouve cette tonalité électro un peu partout dans ce EP, une voix aiguë, mais flottante qui est d’ailleurs appuyée par l’entière musique qu’on retrouve sur Soaked in Gold.

Bref, ces quatre morceaux nous donnent certainement envie de découvrir la suite et de suivre le parcours de Geoffroy. Il sera d’ailleurs en spectacle le 17 novembre à la Casa del Popolo.

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Ariane Moffatt à Coup de coeur francophone

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Jeudi soir, on assistait à l’un de nos coups de coeur musical depuis longtemps : Ariane Moffatt. Pour nous, Ariane Moffatt est une valeur sûre. On est certain de passer une soirée explosive, de voir une prestation à couper le souffle et surtout de vivre ses chansons d’une façon encore plus éclatée. Et c’est avec joie que nous avons pu ressentir ce sentiment lors de cette soirée à Coup de coeur francophone!

Ariane s’est présentée seule sur scène, assise au piano, une simple bougie allumée pour nous interpréter la premier titre de son dernier album, 22h22. Cette ambiance feutrée s’est toutefois rapidement envolée quand ses musiciens sont venues la rejoindre sur scène. Lumières rose et mauve, aux couleurs de l’album, projections psychédéliques et néons ont fait leur place. Une ambiance complètement festive s’est alors fait ressentir et n’a pas arrêté de toute la soirée!

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Ayant plusieurs raisons de fêter (on fait ici référence au gala de l’ADISQ de dimanche dernier), Ariane avait une énergie débordante sur scène et ne s’est pas gênée pour célébrer avec nous, un verre de gin tonic à la main. Euphorique, Ariane Moffatt racontait à la foule tout ce qui lui passait par la tête, ses joies, ses excitations, ses idées, tout pour nous faire entrer dans son univers festif à souhait. On pouvait dire qu’Ariane était littéralement «en feu»!

S’offrant justement un petit cadeau sur scène, Ariane a invité son propre coup de coeur du moment à venir la rejoindre pour l’interprétation d’une chanson. Nous avons donc eu droit à Safia Nolin sa chanson Limoilou interprétée en duo avec Ariane Moffatt. Une surprise que la foule a adoré et qui personnellement nous a plus que ravie.

Nous n’avons pas eu d’autre choix ce soir-là que de danser toute la soirée et surtout de chanter avec elle ses nouveaux morceaux, comme certains anciens tels Je veux tout, Réverbère, et Je reviens à Montréal lors du rappel. Une formule gagnante qui a captivé le public qui ne cessait de chanter en coeur!

Ses derniers succès Miami et Debout ont littéralement captivé la foule, et le cover In The Air Tonight de Phil Collins a pris une tournure déjantée (dans le bon sens) quand Ariane s’est mise à la batterie.

Finalement, Ariane Moffatt est certainement l’un de nos plus anciens coup de coeur, mais continuera de le rester! Après une prestation comme celle de jeudi soir, on peut lever notre chapeau à l’artiste qui sait comment transposer sa musique en spectacle et faire vivre toute une expérience à une foule qui cherche à s’évader le temps d’une soirée, à danser et chanter!

 

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Les soeurs Boulay arrivent à la maison

Texte : Geneviève Dupuis

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Après avoir écouté leur premier album, Le poids des confettis, beaucoup trop de fois pour pouvoir les compter, j’étais impatiente d’entendre ce que Mélanie et Stéphanie Boulay nous avaient mijoté. Sur 4488 de l’Amour, dont la réalisation a été confiée à Philippe B, j’ai retrouvé tout ce qui pouvait faire mon bonheur. J’ai replongé dans cet univers folk pop, accueillant et amical, truffé de descriptions singulières de la vie de tous les jours.  Cet album est une invitation à un party avec la pièce Fais-moi un show de boucane qui est résolument festive et T’es ben mieux d’les ouvrir tes yeux qui nous fait embarquer dans un trip de gang.

Les soeurs Boulay sont maintenant prêtes à faire des essais et des erreurs, mais certainement pas à se faire marcher sur les pieds. On l’entend particulièrement bien dans Langue de bois dans laquelle un trombone souligne le ton espiègle d’un duo qui n’a pas peur d’être mis au défi. Cela se traduit également dans Jus de boussole, texte offert par Stéphane Lafleur (Avec pas d’casque) et dans Sonne-décrisse. En contraste, les soeurs dévoilent leur vulnérabilité dans la pièce Prière, délicate, précieuse et dénudée, laissant place à leurs voix et au piano.

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4488 de l’Amour est un album romantique et coquin. Ça parle de gars et d’attirances à demi-avouées ou complètement assumées. Il y a cet homme rencontré aux Andaman Islands. On retrouve aussi un personnage que les deux chanteuses nous avaient déjà présenté à l’occasion de quelques concerts: un certain Gab des Îles avec son pick-up dans une chanson toute douce et claire-obscure. Avec Alexandre, un amour semble avoir fait son temps sans toutefois être totalement disparu.

Les soeurs Boulay nous offrent encore une fois un album de road trips bien de chez nous auxquels s’ajoutent des voyages exotiques. Pourtant, à travers leurs périples, elles ont su se construire une Maison, se rappeler des souvenirs avec Les couteaux à beurre. Elles sont maintenant arrivées chez elles, dans leur musique. Leur repère chaleureux et lumineux se trouve au 4488 de l’Amour.

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Dead Obies : les prefs des Montréalais

Mercredi soir avait lieu la première de trois représentations du groupe Dead Obies qui nous présentait un nouvel album dans lors de son enregistrement live. Un nouvel album un peu moins éclaté que ce qu’on a déjà entendu, laissant derrière eux la folle jeunesse du groupe, pour nous offrir un son qui a certainement évolué, qui est plus recherché. On se rendait donc au Centre Phi où nos ambassadeurs du rap québécois étaient plus qu’attendu par une foule déjà conquise. On nous promettait une ambiance immersive et interactive à son maximum, ce qu’on a reçue avec plaisir. 

L’ambiance était fébrile mercredi soir au Centre Phi et la salle remplie des fameux crewneck du groupe que tout le monde portait fièrement. Les lumières déjà tamisées à notre arrivée, des projections en noir et blanc étaient reflétées sur la scène en guise d’avant-goût.

La mise en scène nous a d’ailleurs particulièrement plu. Un fin rideau se dressait devant la scène, permettant ainsi d’y projeter des images, lumières et autres éléments qui ajoutaient une ambiance légèrement psychédélique, éclatée et immersive au spectacle, chose qui se mariait très bien avec les chansons du groupe. On pouvait parfaitement ressentir ce que les gars souhaitaient offrir sur cet album, soit un contenu qui tourne autour du vrai et du faux, une comparaison entre le clair et l’obscure. On aurait sans doute préféré que ce rideau se lève (ou s’enlève, carrément) à un certain moment dans la soirée. Le groupe, plus souvent derrière que devant, était donc en retrait ne nous permettant pas d’embarquer autant que désiré avec eux dans l’expérience.

Toutefois, cela n’empêchait personne dans la salle d’apprécier le concert. Dès les premiers sons entamés, on entendait les cris dans la foule, les applaudissements, tous dansaient et des nuages de fumé volaient un peu partout : la party était commencé. Le jeu de lumières rendait le moment encore plus complet, ouvrant parfois directement dans salle au rythme des chansons, permettant de faire participer d’une certaine façon la foule au spectacle.

On a beaucoup apprécié la recherche musicale qui a été faite sur ce nouvel opus. On y ajoute d’ailleurs plus de rythme, des sons de trompettes et des voix féminines, entre autres, qui permettent de rendre l’album plus accessible d’une certaine façon. Accompagné sur scène du groupe Kalmunity, on pouvait d’autant plus sentir cette richesse musicale. C’est un album qu’on a entendu de tout son long durant cette soirée. Pratiquement aucune pause ou interaction avec le public, les MCs ont enchaîné ces nouveaux succès nous offrant l’album dans son intégralité. Nous étions ravis.

On sentait toutefois que les gars étaient peut-être nerveux ce soir-là, du moins beaucoup plus soft qu’à leur habitude en spectacle. Peut-être était-ce la concentration en vue de l’enregistrement de l’album, d’un clip et d’un documentaire ce soir-là, mais on les sentait moins éclaté sur scène qu’au temps de Montréal $ud.

Bref, Dead Obies est sans contredit les chouchous des Montréalais. Tout le monde scandait les chansons parues il y a quelques semaines sur leur site web, connaissant déjà les refrains par cœur. On souhait même un rappel déjà après la 3e chanson, ce qui n’a malheureusement pas été offert par le groupe. C’est certain, l’album sera apprécié du public, sans doute écouté différemment cette fois, mais construit de façon à ce qu’on le gobe tout d’un long, sans pause nécessaire, comme le spectacle qui nous a été présenté au Centre Phi.

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Magnifique retour de RHYE à Montréal

Pour clore notre journée pluvieuse et humide de lundi soir, nous laissions le son électro du groupe canado-danois Rhye nous transporter vers un lointain brumeux et mélancolique. Précédé de l’excellent quatuor indie-pop Haerts le Théâtre Corona Virgin Mobile a littéralement fait vivre plus d’une émotion à son public conquis par ces deux prestations enivrantes.


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L’an dernier, dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal, j’avais assisté à la performance du groupe au Métropolis. C’était avec beaucoup d’attentes que j’espérais voir une prestation à couper le souffle, et pourtant j’avais été déçue. Par le manque de contact avec le public, par le non-respect des gens dans la salle qui parlaient sans cesse et par le manque de surprises du groupe sur scène. Étant adepte du son unique de Rhye et de la voix androgyne de Michael Minosh je tentais donc l’expérience une seconde fois lundi soir.

 

Nous présentant encore une fois les morceaux de l’album Woman paru en 2013, Michael Minosh et son compatriote danois Robin Braun ont su cette fois-ci nous surprendre. Chaque chanson a été remaniée et repensée pour le spectacle : les mesures prolongées, un ajout d’instruments intéressant, de l’improvisation et un tempo beaucoup plus sensuel… tout pour nous garder accrochés et intrigués du début à la fin. Le public n’a pas eu de difficulté à être vendu au concert, applaudissant et criant son amour au groupe dès le tout début.

L’arrivée sur scène s’est faite délicatement, laissant chaque instrument jouer à lui seul quelques notes au ralentit pour nous faire finalement entendre la pièce Verse. À la fois surprenant et intriguant, le spectacle commençait en lenteur nous replongeant dans notre journée pluvieuse. Plus ou moins certain de lui-même, Micheal claquait des doigts et dansait avec un peu de retenu. On sentait qu’il ne contrôlait pas tout ce qui se passait au niveau technique. Enfin, quelques petits défauts sonores plus tard, la chanson The Fall a fait éliminer toutes craintes chez le chanteur qui nous a lancé «it’s fucking great to be back in Montreal. One of the best city in the world!». Ça y est, le spectacle débutait pour de bon et le public en redemandait!

Le groupe a par la suite enchaîné chacun des morceaux de l’album, s’excusant pratiquement de n’avoir pas de nouveau matériel pour nous. Qu’à cela ne tienne, le public dansait sous le son électro des succès comme Open qui a a mis la foule en délire et qui a été concoctée de façon encore plus poignante! Notre coup de coeur personnel est pour la chanson Last Dance joué de façon complètement instrumentale où le trombone ajoutait énormément de rythme et de punch à la pièce. Le public n’a cessé d’acclamer Claire, la tromboniste, avec raison. Tout le monde est resté captivé et le public a mis un énorme sourire sur le visage des musiciens.

La finale s’est faite de façon grandiose. Demandant au public «do you want to go up or to go down?», celui-ci a choisi la première option avec euphorie. Respectant le voeu de son public, le groupe a joué Hunger où le trombone a encore une fois donné un air de fête dans la salle. Finalement, il fallait aussi «go down» pour terminer le tout. Et, c’est avec la pièce It’s Over qu’on ne retrouve pas sur Woman, que cela s’est produit. Le groupe a demandé le silence complet à la salle qui a finalement coopéré pour laisser les musiciens conclure a cappella et surtout sans micro la délicate chanson. On entendait uniquement que le grésillement des emplis, on pouvait sentir les gens respirer à nos côtés et les frissons qui se transmettaient d’une personne à l’autre.

Malgré le manque de mise en scène notable, Rhye a su nous garder captif et nous surprendre par ce qu’ils font de mieux: composer et jouer de la musique.

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La première partie a été assurée par le groupe Haerts où un son pop-indie-électro a littéralement fait danser toute la salle. Nini Fabi est arrivée sur scène dans un complet aux allures masculines, vêtue de noir des pieds à la tête lui donnant un air de grandeur. Il n’a fallu que de quelques notes pour que cette grandeur se transpose en une puissance maîtrisée et que Haerts crée un réellement engouement dans la salle.

Dès la seconde chanson, Hemiplegia, Nini Fabi s’est emparée du tambourin et automatiquement, toute la salle a embarqué dans cet univers pop dansant. Le tout s’est facilement poursuivi lors de la chanson Heart et d’autant plus avec le single Wings. La chanteuse a remercié la foule de l’accueillir en faisant l’éloge au Théâtre Corona Virgin Mobile: «this is really the most beautiful theater we get to play».

Nous avons été ébloui tout au long de cette première partie par la voix haute perchée et unique de Fabi, qui nous rappelle par moment celle de Lykke Li. Électrique, puissante et poignante, nous avons été captivés par la chanteuse qui mettait coeur et énergie dans sa prestation. Celle-ci avait un excellent contact avec le public, une belle connexion et on la sentait heureuse d’être présente pour Rhye, mais également d’être à Montréal: «I’m the most excited tonight, it’s a very happy day. We love your city so much!»

Le tout s’est conclu sur la pièce All The Days où les gens ont réellement créée une ovation au groupe. Nous avons été conquis, rien de moins. Il s’agit définitivement d’un groupe à revoir en concert, mais cette fois pour un spectacle complet!

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Une finesse englobante signée Agnes Obel

Le froid de la ville nous rassemblait à L’Olympia mardi soir en l’honneur du concert d’Agnes Obel. À la suite d’une tournée européenne, nous avons pu assister à ce concert englobant, mûr, où une sensibilité musicale nous a touchée. Accompagnée par l’allemande Anne Müller au violoncelle et la canadienne Mika Posen au violon alto, la Danoise d’origine a su donner à son public montréalais une prestation intime et émotive où un respect serein englobait toute la salle.

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D’entrée de jeu, la salle de L’Olympia a sans doute coupé le souffle à plusieurs personnes. Les yeux rivés sur une scène minimaliste où un majestueux piano à queue surplombait le décors, tout le monde était assis dans un silence respectueux en attendant les premières notes de piano ou des instruments à vent. Personne n’osait prendre de photos, parler ou regarder leur téléphone. Nous avons été pris, du début à la fin, par cette ambiance solennelle qu’apportait la musique, en débutant par la pièce «Louretta». Suivants les premiers applaudissement, Agnes Obel se présenta dans un français plus ou moins maitrisé, mais toujours très charmant, et a fait rire toute la salle en mentionnant qu’elle ne parle pas très bien français, mais qu’elle connait quelques «dirty words in Québécois». Et ainsi débutait notre soirée!

C’est avec de plus anciennes chansons, qu’on retrouve sur son premier album sorti en 2010 Philharmonics, que l’artiste a débuté sa prestation. Comme elle nous l’a mentionné, c’est en commençant avec les vieilles chansons qu’on se met dans l’ambiance. Anciennes ou nouvelles chansons, elle nous a automatiquement entrainé dans son univers émotif, parsemé de quelques mots en danois où une incompréhension se faisait sentir dans la salle, laissant place à de léger fous rires. Elle nous a finalement présenté son nouveau matériel, issu de l’opus Aventine. Malgré le peu d’intervention qu’elle aura fait à la foule, elle nous a tout de même transmis une musique remplie de délicatesse et de finesse. Notons l’harmonie parfaitement réalisée avec les instruments à vent donnant de l’ampleur à sa musique.

Nos coups de coeur de la soirée sont sans doute «Riverside», où on sentait une certaine liberté musicale derrière son interprétation, ainsi qu’«Aventide» qui a captivé la foule grâce à l’usage des instruments à vent, des coups d’archet et de ce rythme pré-enregistré qui donnait un ton plus dramatique et enveloppant. Le rappel, qui fut rempli de joie par la foule, a automatiquement impressionné l’artiste qui a terminé la soirée seule au piano de façon touchante pour nous interpréter «Close Watch» de John Cale et «Smoke & Mirrors».

Somme toute, nous avons beaucoup apprécié le concert d’Agnes Obel. Une artiste timide qui a donné une prestation intime, à son image et emplie d’émotion. À revoir dans une salle plus petite, pour être plus près d’elle et peut-être établir un contact plus présent entre la scène et les spectateurs.

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Agnes Obel à L’Olympia : douceur plus qu’attendue

agnes 2Après un second album sorti en 2013, et une impressionnante tournée européenne, Aventine d’Agnes Obel, a été certifié or en Europe ! C’est le moment qu’elle revienne à Montréal pour nous présenter sa douce musique, le temps d’un concert.

Pour moi, Agnes Obel a toujours été une chanteuse à la musique apaisante, douce, me faisant balancer d’un bord et de l’autre. J’ai hâte d’entendre son matériel sur scène, ce sera en effet la première fois pour moi ! Je me rappelle avoir découvert la chanson Riverside, qui apparaît sur son premier album, Philharmonics, et avoir été captivée. Aventine nous englobe tout autant : délicates notes de piano, un léger sentiment de peur ou d’intrigue nous parcourt, de même qu’une certaine tristesse, tout ça mélangé à une profondeur mature.

C’est sans contredit, le mardi 11 novembre sera une belle soirée à l’Olympia!

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CONCOURS : gagne tes billets pour CCF2014

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TERMINÉ!

Dans Tes Oreilles et Coups de coeur francophone t’offrent la chance de gagner des paires de billets pour assister à l’édition 2014 du festival! On vous en avait déjà parlé juste ici, CCF est un festival qui nous donnent envie de se dédoubler pour assister à tous les concerts! 11 jours de musique francophone qui nous permettent de découvrir des artistes de la scène émergente et de danser toute la soirée, ça donne le goût!

On veut vous gâter un peu en faisant tirer 4 paires de billets pour les concerts suivants (lire 1 paire de billets par concert):

  • Klô Pelgag, le 6 novembre au Club Soda
  • Sofia Nolin + Salomé Leclerc, le 13 novembre au Club Soda
  • Joseph Edgar + les Hay Babies, le 15 novembre au Club Soda
  • Les soeurs Boulay, le 15 novembre au Lion d’Or

On vous sent déjà fébriles de participer, et c’est très simple :

  1. Tu dois «aimer» la page Facebook de Dans Tes Oreilles et celle de Coup de coeur francophone
  2. Tu dois «aimer» cet article et laisser en commentaire le spectacle auquel tu voudrais assister! (Laisse-nous également ton adresse courriel pour que nous puissions te contacter)

Et c’est tout !! Bonne chance à tous !

Le concours prend fin le 3 novembre à 17h.

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ARTVstudio et Bonsound présentent Yann Perreau

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Le rendez-vous hebdomadaire auquel certains sont déjà habitués, Les Sessions présenté par Bonsound et ARTV, a encore une fois eu un franc succès jeudi soir avec une prestation intime et loufoque signée Yann Perreau ! Ça faisait un moment que je n’avais pas entendu Yann Perreau en concert, et bien honnêtement, je ne savais plus à quoi m’attendre. C’est donc sans idées préconçues et sans réelles attentes que je me suis dirigée vers le petit espace qu’est l’ARTVstudio à la Place des Arts pour entendre ce concert intime.

Yann Perreau est arrivé sur la scène, vêtu de couleurs vives, vraisemblablement quelques verres dans le nez, pour nous introduire à son spectacle digne d’un de ces vieux spectacles de cirques: faux accent anglais à la française, titubant d’un bord puis de l’autre de la scène, musique de cirque à l’appuie, pour finalement débuter le tout seul au piano. Lumière tamisée, salle noire, scène sans artifice, on ne pouvait qu’avoir les yeux uniquement rivés vers lui.

Pour plusieurs personnes dans la salle, moi y comprise, nous avons découvert un Yann Perreau complètement éclaté. Il nous a raconté son rêve de la nuit dernière entrecoupé d’une chanson au piano, il nous a parlé de ses souvenirs en nous faisant rire, il y avait une introduction unique pour chacune de ses chansons nous faisant entrer pratiquement dans son intimité. On a parlé de sexe, de drogue, d’inspiration, du voisin d’en dessous, de la guerre, du cirque… Bref, on a passé une bonne heure remplie de surprises à découvrir Yann Perreau, lui qui était particulièrement heureux d’être présent et de nous jaser. «Ce soir j’ai envie qu’on s’étire un peu, stu correct si on fait plus qu’une heure ensemble ?» Oui, c’est même parfait !

On a d’ailleurs été charmé par son aventure et sa rencontre avec Claude Péloquin, lui qui a confié à Perreau plusieurs de ses poèmes et de ses textes pour finalement transformer le tout en disque, que l’on connait d’ailleurs très bien, À genoux dans le désir. Il nous a d’ailleurs interprété plusieurs titres de cet album, en y ajoutant une mise en scène unique et absurde à chaque fois. Le personnage de Claude Péloquin n’a plus de secrets pour nous, ou presque…

Mon petit coup de coeur est bien sûr son interprétation solo de Amour, sauvage amour de Gaston Miron qui se retrouve sur le projet des Douze hommes rapaillés. Évidemment, tout le monde a aussi adoré C’est beau comme on s’aime, malgré les tapements de main incongrus de la foule! En grand chanteur romantique, il a aussi fait monter deux dames sur la scène, dont l’une a agréablement fait rire la foule, pour leur chanter ses chansons d’amour dans le blanc des yeux.

Mon seul petit bémol était ces moments où on diffusait de la musique pour que Yann chante par dessus. Ce n’était pas nécessaire selon moi, à lui seul il créait amplement l’ambiance souhaitée. S’il avait voulu chanter avec des vents et des guitares, il aurait été mieux de les inviter sur scène le temps d’une chanson surprise !

Nous avons passé une très agréablement soirée, nous avons été charmé et nous avons rit avec Yann Perreau. Encore bravo !

Je vous conseille de visiter les prochaines Sessions à l’ARTVstudio pour aller écouter des musiciens que vous connaissez sans doute, et peut-être les découvrir sous un autre jour !

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St. Vincent séduit le Métropolis (FIJM)

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Texte et photos par Pierrick Patry Gobeil

J’ai une relation amour-haine avec les festivals. Regarder un spectacle de Pierre Lapointe avec des milliers de personnes qui grouillent autour de moi, ça me stresse. J’ai remédié à cela ce week-end, en essayant un spectacle en salle pour le Festival international de Jazz de Montréal, avec Groenland, band dont je connais la moitié des membres de façon personnelle, et St. Vincent, artiste que je connaissais à peine de nom.

Quand je me suis pointé au Métropolis (pas très en avance, je l’avoue), disons que j’ai eu quelques petits problèmes techniques qui m’ont fait manquer une partie de Groenland qui assurait la première partie.

(Je me reprends ici avec une vidéo du band que j’ai filmé à la place des arts l’an dernier)

Que dire de Groenland? Si vous les aimez et que vous ne les avez toujours pas vu en spectacle, quelle est votre excuse? Ils sont présentement partout (jeudi ils étaient à Québec, vendredi à Trois-Rivières) et ils sont bons. Si vous ne les connaissez pas, c’est à découvrir. En tout cas, la foule du Métropolis les connaissait, et l’amour était réciproque. C’est beau à voir, un groupe, complet et uni, pas juste ­­«une-chanteuse-et-ses-musciens», où chaque membre était mis en valeur, chacun avait son importance, et chacun son sourire unique.

Mon coup de coeur de la prestation a été la chanson Immune. La voix de Sabrina me faisait venir en tête l’image d’un chat qui roule en westfalia, dans le bois, le soleil planant. Ça ne s’explique pas vraiment comme feeling, mais dans le moment, c’était parfait. La foule a acceuilli les nouvelles chansons comme si elles étaient déjà leurs favorites. La preuve d’un amour réel des fans envers la musique du groupe.

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Pour St. Vincent maintenant…Woah. J’avais fait mes devoirs quand même. Ses vidéoclips sont beaux, artsy comme il faut, assez intrigants. J’avais en tête un spectacle planant, qui nous fait voguer. Ensuite, j’ai regardé une entrevue qu’elle a fait pour la série Guitar Moves de la gang de Noisey / Vice, puis je me suis dit que finalement, elle était peut-être un peu plus rock et edgy que je pensais. Je m’attendais à être surpris.

Je me suis installé dans le pit en avant pour faire mes photos, avec 12 autres photographes. Quand la belle Annie Clark est arrivée, grande et majestueuse comme un mannequin, c’était fini, j’étais déjà sous son charme. C’est une femme fatale robotique avec une guitare qu’elle aime martyriser. J’ai passé les trois premières chansons à faire des photos et à danser sur place. Je me suis ensuite reculé pour pouvoir l’admirer un peu mieux.

Sa musique est surprenante, difficilement dansante tellement les changements de rythme sont fréquents et inattendus. J’étais déstabilisé. C’était à un monde de distance de son album. Sa voix est belle (même si j’ai eu le malheur de l’associer à Madonna dans ma tête) mais c’est vraiment la musique qui se démarque. Cette femme et ses guitares…la voir passer du pick, aux doigts et de retour au pick à tout bout de champ était assez impressionnant. Elle disait en entrevue avoir appris des trucs de son oncle Tuck Andress (du duo Tuck & Patti, des habitués du festival de Jazz.) Je me suis dit en l’écoutant qu’elle devrait faire un bébé avec Jack White; ce serait incroyable.

Les chansons plus tranquilles sont vraiment le maillon faible, à mon avis, mais les moments où elle se laissait aller sur scène était bien suffisants pour me rendre heureux. J’ai détesté la sécurité de m’empêcher de prendre cette tigresse électrique en photo tout au long de son spectacle. Elle faisait l’amour avec sa guitare et moi je devais rester de marbre et ne pas la capturer dans mon appareil. J’ai un peu grogné, je l’avoue. Après un solo assez puissant, durant lequel la foule a retenu son souffle pendant au moins 10 secondes avant d’exploser, j’ai eu une révélation.

Groenland, c’est la belle histoire d’amour avec la girl next door, celle qui te sert à souper sur la table IKEA de sa terrasse.

St. Vincent, c’est la chick bordeline que tu date, mais pas vraiment. C’est la fille qui te vire à l’envers avec vos histoires de sexe beaucoup trop passionnelles et qui te laisse des grafignes roses sur les joues.

Ça fait un beau programme double. Maintenant, si vous m’excusez je vais aller rêver à une panthère en jupe de cuir noire…

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Pour toutes les photos, c’est ici !

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Francofolies 2014 : Partie 1

On débute notre passage aux Francofolies de Montréal avec un week-end bien chargé! D’abord, vendredi soir, je découvre le Gésù avec les groupes Pandaléon et Monogrenade. Malgré le froid de canard qu’il faisait dans la salle, j’ai beaucoup aimé la sonorité et le côté intime qu’elle apportait.

PANDALÉON

Pandaléon Promo Souper

Il n’y a pas si longtemps, on apprenait que le groupe avait signé avec une belle maison de disques (Audiogram) et qu’il sortait un premier album. Le voilà alors déjà sur scène aux Francofolies, en première partie de Monogrenade: un parcours rapide qui mérite toute notre attention! Si vous n’aviez pas lu notre critique de l’album, À chacun son gibier, allez-y de ce pas pour vous mettre dans l’ambiance du groupe. Nous avions beaucoup apprécié l’album et, en concert, on doit dire qu’on l’apprécie d’autant plus : on le redécouvre, on y savoure tout le travail et les détails bien choisis.

Le trio nous a offert une prestation de qualité. Sur scène, on les sentait très à l’aise et super contents d’être présents. Ils ont également réussi à nous faire entrer dans l’ambiance sauvage qu’on retrouve sur le disque: bruits ambiants provenant de la nature, introduction à chacune des chansons très lentes pour nous faire découvrir chacune des sonorités, lumières rouges et englobantes… Et je n’avais jamais vu personne jouer de la batterie avec des cornes de cerfs, un très beau détail! On a également beaucoup apprécié la dualité qu’on retrouve sur le disque, et ce, dans pratiquement chacune des chansons: une douceur dans la voix et le piano de Frédéric Levac et un son très rock venant de la guitare et des amplis de Marc-André Labelle et de la batterie de Jean-Philippe Levac.

Pandaléon est définitivement un groupe à suivre et à découvrir si ce n’est pas déjà fait!

MONOGRENADE

 

Composite de Monogrenade est pour moi un petit bijou. Je l’écoute sans cesse, je le découvre, je vogue sur chacune des chansons… D’ailleurs, allez également lire notre critique juste ici! J’ai été impressionnée de voir tous les musiciens sur scène : 3 violons, 1 violoncelle, 1 piano-voix, 1 batterie, 1 guitare, 1 trompette, 1 cor français… la scène était remplie et les musiciens rendaient plus que justice à ce qu’on a pu entendre sur disque !

Au début du spectacle, la lumière se faisait douce, tamisée, comme si on écoutait un orchestre au clair de lune. Tranquillement, l’éclairage s’est accentué au son de la musique qui a fait de même, pour baigner les musiciens d’un délicat blanc lunaire. Toute la salle était muette et se laissait emporter par les vagues de sons. Il y avait une richesse musicale encore plus grande que sur l’album, enveloppante et à couper le souffle. On a eu droit à un spectacle de très grande qualité, où la variété des instruments et la forte présence de musiciens ajoutaient un aspect grandiose à la performance.

Le public a adoré se lever debout pendant la chanson Tes yeux, ma préférée de l’album, qui donne envie à tout le monde de danser! Le groupe était ravi, et on a fait la fête le temps de ces trois minutes! On a beaucoup apprécié également la présence de Safia Nolin à la voix dans la chanson Labyrinthe, une découverte pour plusieurs sans doute! Un groupe à revoir sans faute en concert, je vous le dis!


On est de retour en fin d’après-midi dimanche le 15 juin, avec le beau soleil, pour notre 2e journée aux Francos! C’est à la Place-des-Arts que débutera notre soirée lors du concert de Fontarabie, très attendu par Justine et moi, avec en première partie Bernhari. Le Théâtre Maisonneuve permettant aux spectateurs de se plonger dans une atmosphère grandiose, avec une sonorité hors pair et un jeu de lumières très bien orchestré, il était difficile de ne pas être comblé à l’avance.

BERNHARI

Je ne connaissais pas vraiment le groupe avant de les découvrir lors de cette première partie. J’ai aimé la musique: on pouvait facilement embarquer et taper du pied. L’installation du chanteur, jouant de la batterie d’une main et du piano de l’autre, était surprenante, d’autant plus que les sonorités ne s’en voyaient pas diminuées. Nous ne pouvions cependant pas distinguer les paroles. En effet, les mots nous échappaient à tous coups, même lors de segments plus doux. Le groupe n’a également fait aucune interaction avec la salle, chose qui pour moi, me laisse froide durant un spectacle. Malgré tout, la pièce interprétée en solo au piano était très belle et apportait une énergie douce et différente, comparativement au son rock qui se faisait majoritairement entendre durant ces 30 minutes de spectacle.

FONTARABIE

On était plusieurs dans la salle à avoir plus que hâte à ce concert! Il s’agit d’un album qu’on avait grandement apprécié et qui ne demandait qu’à être entendu sur scène! Je ne sais pas par où commencer, tellement le spectacle était rempli de détails qui demandaient toute notre attention et qui semblaient être choisis avec soin. Julien Mineau était heureux de nous présenter son nouveau projet, deux mois après l’annonce de sa sortie, comme il l’a mentionné à plusieurs reprises sur scène : «c’est un rêve qui se réalise».

D’abord, dès la levée du rideau, la formation orchestrale des musiciens a attiré notre attention et nous étions pris d’un sentiment de grandeur. La musique de Julien Mineau a alors pris une dimension atmosphérique qui a saisit la foule dès les premières notes. Violons, violoncelle, violon alto, cor français, trompette, clarinette, guitare, piano, synthétiseur, batterie… C’est une quinzaine de musiciens présents devant nous qui nous ont fait entrer dans cette atmosphère glauque, lugubre juste comme il faut, digne d’un opéra rock. On aurait aussi pu dire qu’on assistait à la nouvelle trame sonore du prochain film de Tim Burton! La voix distinctive de Mineau devenait alors accessoire à la musique qui prenait toute la place.

Les sentiments qui nous parcouraient pendant la prestation allaient de la peur, au romantisme en passant par l’intrigue et la tourmente; des émotions fortes qui venaient rejoindre chacune des personnes bien assises dans la salle, qui ne demandaient qu’à se faire surprendre davantage. On a pratiquement découvert un genre musical dimanche soir, certainement audacieux, qui se distingue de tout ce qu’on peut voir aux Francofolies cette année. Julien Mineau gagnerait cependant à varier ses mélodies et ses structures, celles-ci se répétant déjà au sein des 14 chansons interprétées. Sa formation nous a présenté le disque de façon intégrale, pour terminer avec une nouvelle pièce plus rock, nous laissant en suspens. Définitivement, Fontarabie est à voir en concert!

LUDOVIC ALARIE

Encore sur l’adrénaline du concert de Fontarabie, nous avons finalement terminé notre soirée avec un concert extérieur de Ludovic Alarie, un jeune artiste timide sur scène, qui puise ses inspirations à la fois dans les Malajube et les Patrick Watson de ce monde, facilement reconnaissables dans ses chansons. La foule a beaucoup apprécié la prestation et était nombreuse pour cette heure tardive du dimanche. Disons qu’on a eu un énorme coup de coeur lorsque, d’actualité avec la fête des pères, son papa est venu jouer avec lui sur scène! En lice pour le prix Félix-Leclerc, Ludovic nous a joliment interprété une pièce du grand chansonnier québécois. À revoir sur scène, à l’intérieur toutefois, pour retrouver l’intimité de ses chansons.

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Pandaléon – À chacun son gibier

Pandaléon Promo Souper

PANDALÉON – À CHACUN SON GIBIER

cover_numeriqueAudiogram nous présente ce groupe, Pandaléon, formé quelque part dans l’est Ontarien. Un groupe composé de Marc-André Labelle (guitares et amplis), Frédéric Levac (claviers, machines et voix) et Jean-Philippe Levac (batterie et percussions) qui vous propose un premier disque, À chacun son gibier, aux inspirations rock, psychédéliques et industrielles.

L’album débute d’abord par la chanson du même titre, où on apprécie beaucoup la musique ambiante et les voix en arrière-plan qu’on entend doucement, agrémentée par les fortes touches de piano qui surgissent de temps à autres. J’aime ce genre d’introduction à un album, on sent l’ambiance dans laquelle le groupe souhaite nous plonger, un peu comme le générique d’ouverture d’un film.

Et s’enchaine parfaitement la seconde pièce, Toune de chasse. On aime le son criard de la guitare électrique et la voix encore ambiantes, qui ressemblent à un échos. Un son rock-psychédélique se fait également très puissant dès le milieu de la chanson, son qui est souvent repris au fil du disque et donne complètement le ton.

On aime beaucoup les changements de rythmes qu’on peut vivre au fil des chansons. Très rapide, le son de la guitare électrique s’emporte, quelques touches de piano délicates et bien mises en évidences s’en suivent, puis la voix plus grave de Frédéric Levac reprend le dessus et fait tout taire autour. Un album qui nous fait vivre des émotions et parcourir plusieurs sentiers : un joli travail de composition.

J’y vois plusieurs inspirations Karkwasienne, particulièrement si vous réécoutez la chanson Échapper au sort ou Dormir le jour sur Le Volume du Vent. Également, une influence à la Malajube qui nous rappelle la manière dont Julien Mineau interprète les chansons de sa voix absente et  atmosphérique. Y a-t-il peut-être un peu trop de ces sons que l’on connaît et reconnaît trop bien ? Par chance, le groupe y ajoute quelques bruits psychédéliques qui rendent presque mal à l’aise (dans le bon sens du terme), comme sur la pièce Comme dans le sang ou la fin de Combler le vide.

Un album qui puise ses inspirations dans la nature sans aucun doute, source infinie de composition, aux saveurs très automnales! On retrouve des titres tels Nature morte, Toune de chasse, Sous les plumes… Également, dans la chanson Basse-cour, on peut carrément entendre les chants criards des oiseaux, des ailes, qui va en ascension et se clos d’un coup sec, c’est très beau et crée une atmosphère dense. Tout comme, dans la chanson Source neuf, on entend très bien les bruits de la nature qui ajoutent cette touche mystérieuse à celle-ci pour bien clore le tout à la manière dont le disque a débuté!

À chacun son gibier vous englobe et vous fait découvrir un jeune groupe qui a une vision musicale bien définie et qui vous offre un album complet, qui se tient et qui vous fait entrer dans cette atmosphère légèrement glauque et rock : à découvrir !