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Nelly Furtado est de retour et change complètement de style

Si vous faites un bond en arrière d’environ 10 ans, vous allez tomber directement sur le méga-hit de Nelly Furtado « Promiscuous » avec Timbaland. À cette époque, c’était toute une surprise de voir la star de « I’m Like a Bird » faire un virage à 180° pour passer du pop-folk à la musique urbaine. Bien que sa collaboration avec Timbaland a poussé sa carrière encore plus loin et donné naissance à des hits planétaires, j’étais personnellement (un peu) déçu de la voir abandonner la pop pour le hip-hop, car je trippais beaucoup sur son chant et sa voix.

Eh bien, voilà qu’aujourd’hui en 2017, Nelly Furtado prépare son comeback… et ça ne sonne pas du tout comme du Timbaland. En fait, on s’éloigne considérablement du Nelly Furtado de 2006 et ça me rend vraiment heureux.

Pour vous donner une idée, juste avant d’enregistrer son nouvel album, Furtado a collaboré brièvement avec Dev Hynes (aka Blood Orange) sur l’album Freetown Sound de Blood Orange, sorti l’an dernier. Si vous avez écouté l’album, vous allez rapidement me répondre que c’était sur la toune « Hardon Collider ». Pour ceux qui n’ont jamais entendu cette toune, faites-moi plaisir et cliquez ici. Vous allez ca-po-ter.

Pour la suite qui s’annonce très excitante, Nelly a décidé de continuer dans la même voie. Le nouvel album (son 6e en carrière) s’appellera The Ride et sortira le 31 mars 2017. J’ai vraiment hâte d’entendre le nouveau matériel et je suis surtout très content de sa nouvelle direction musicale. (Tsé, on s’entend que The Bigger the Better en 2012 c’était pas ben bon)

Écoutez son single « Pipe Dreams » juste ici. (Ça vous donne pas hâte à la suite??)

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Découverte de la semaine: Aurora

Découverte de la semaine:
AURORA

****

vrai nom: Aurora Aksnes
de: Stavanger, Norvège
style: Indie-pop, synth-pop

à écouter si vous aimez: Lykke Li, Austra, BROODS, Alt-J


Même si elle est déjà entrain d’écrire son 2e album, il n’est pas trop tard pour embarquer dans le bateau. Je suis tombé par hasard sur la voix d’Aurora en procrastinant sur Youtube cette semaine… et ç’a été un véritable coup de foudre. Du haut de ses 20 ans, Aurora balance les émotions de ses chansons entre l’émouvant et l’intimité à travers des mélodies qui nous transportent… ailleurs. Sa musique est d’une qualité si impressionnante que je me questionne pourquoi n’ai-je pas entendu parler d’elle plus tôt!

Je vous invite donc à découvrir AURORA à travers 5 chansons, ainsi qu’un bonus.

01.

02.

03.

04.

05.

BONUS.

Et puis? N’êtes-vous pas sous le charme vous aussi?

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Les meilleures tounes de 2016

Que ce soit le retour du groupe mythique A Tribe Called Quest après plus de 18 ans d’absence, les départs des légendes David Bowie, Leonard Cohen et Prince, ou la révélation québecoise KAYTRANADA qui remporte le prix Polaris, on peut dire que les 12 derniers mois étaient très mouvementés et chargés dans le monde musical. Pour souligner cette année riche en émotions et en découvertes, on vous a préparé une sympathique petite liste de nos 50 tounes préférées et coups de coeur de 2016 – sans aucun ordre précis.

Quoi de mieux pour bien démarrer la nouvelle année??

ÉCOUTEZ ICI:

  • PLAYLIST SPOTIFY

  • PLAYLIST YOUTUBE

LISTE COMPLÈTE EN ORDRE ALPHABÉTIQUE:

A Tribe Called Quest – We The People….
A Tribe Called Red – R.E.D.
ANOHNI – Drone Bomb Me
Alaclair Ensemble – Ça que c’tait
Alice Jemima – Liquorice
Anderson .Paak – Am I Wrong (feat. ScHoolboy Q)
Angel Olsen – Shut Up Kiss Me
Banks & Steelz – Giant
Banks – Trainwreck
Basia Bulat – Fool
Beyoncé – Hold Up
Bishop Briggs – River
Black Mountain – Mothers Of The Sun
Bon Iver – 33 “GOD”
Carly Rae Jepsen – Higher
Chairlift – Ch-Ching
Charlotte Cardin – Dirty Dirty
David Bowie – Lazarus
Dead Obies – Aweille!
Drake – One Dance
Edward Sharpe & The Magnetic Zeros – Hot Coals
Frank Ocean – Pink + White
Fred Fortin – Tête perdue
Glass Animals – Life Itself
Heartstreets – Crawling South
Jack Garratt – Fire
KAYTRANADA – LITE SPOTS
KROY – River
Klô Pelgag – Samedi soir à la violence
Koriass – Zombies
La Bronze – Rois de Nous
Leonard Cohen – You Want It Darker
Les Hay Babies – Motel 1755
Låpsley – Hurt Me
Marian Hill – Mistaken
Matt Holubowski – The King
Milk & Bone – Poison (feat. Deebs)
Miloux – Me and Mine
PUP – DVP
Paupière – Jeunes instants
Phantogram – You Don’t Get Me High Anymore
Pixx – Baboo
Plants and Animals – No Worries Gonna Find Us
Radiohead – Burn the Witch
Rihanna – Love On The Brain
Santigold – Banshee
Sia – Cheap Thrills
Soft Hair – Lying Has To Stop
Solange – Cranes in the Sky
SonReal – Can I Get A Witness
The Weeknd – Starboy (feat. Daft Punk)
The xx – On Hold
Valaire – Apata Palace (feat. Pierre Kwenders)

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2016 en 16 bandes sonores

Vous avez vu, lu et entendu la fantastique sélection que Jean Arousi et moi vous avons concoctée? Vous avez été ravis, mais êtes toujours en reste d’albums à écouter? Qui plus est, vous avez faim de musique instrumentale? Ok. J’ai ce qu’il vous faut. Ici, 16 autres suggestions d’albums, mais cette fois, je me cloisonne dans l’univers des trames sonores composées pour des films (pas toujours aussi excellents que leur musique) et autres petites exceptions. Encore une fois, il s’agit d’une compilation de mes coups de cœur de l’année et non pas d’un palmarès où lesdits albums sont classés. On se lance!

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Stranger Things
Kyle Dixon & Michael Stein

Petite variante, ici : la trame sonore d’une série originale de Netflix. Ultime incontournable de 2016, Stranger Things, probablement la nouveauté dont on a le plus entendu parler cette année. La série de science-fiction a su rejoindre tout le monde : les hipsters ont été ravis, les nostalgiques (que The Goonies avait marqués) furent subjugués et les cœurs plus sensibles ont été charmés. La bande sonore, s’étalant sur deux disques et totalisant un moment de bonheur de deux heures et vingt-deux minutes, est fantastique. Ceux qui ont visionné la série des frères Duffer, Matt et Ross (qui ne l’a pas visionnée, anyway?!), retrouveront dans les lignes musicales des moments de l’intrigue, bien ancrés dans la mémoire auditive. Les synthétiseurs sont à l’avant-poste (en fait, ils constituent quasiment l’entièreté de la trame sonore), comme en hommage aux films des années ’80 qui en ont grandement influencé l’univers. Mirifique.

[embedyt] http://www.youtube.com/watch?v=Qi5iRoCNhCQ[/embedyt]

 

✪ ✪ ✪
Suicide Squad
Steven Price

Celui que plusieurs ont découvert en écoutant Gravity, d’Alfonso Cuarón, en est à la troisième mégaproduction dont il écrit la musique (la deuxième était Fury, de David Ayer). Après le suspense et la tension, il prend d’assaut les oreilles avec une trame bien plus rythmée où règnent… ben… tous les instruments (!). Autant les cuivres que les violons, les percussions, les effets électroniques et même quelques chœurs bien placés, on nous bombarde les sens (ce que le long-métrage duquel l’impressionnante musique est issue n’a pas su faire).

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✪ ✪ ✪
The Jungle Book
John Debney

C’est le film le plus familial de la sélection (même si Disney possède maintenant les droits de Star Wars), mais la soundtrack, grandiose, plait autant aux enfants qu’aux mélomanes. Agrémentée de quelques performances des acteurs du film (Scarlett Johansson, Christopher Walken et Bill Murray), autant amusantes qu’entrainantes, la musique originale est impeccablement écrite par un John Debney au sommet de sa forme (celle de Jungle Book est indéniablement sa meilleure création).

[embedyt] http://www.youtube.com/watch?v=t31y8e1aRvI[/embedyt]

 

✪ ✪ ✪
Atomic: Living Dead and Promise
Mogwai

La formation écossaise ne s’épuise pas et assure la musique du documentaire de Mark Cousins, traitant de l’histoire nucléaire à travers – uniquement – des images d’archives. Formée en 1991, Mogwai avait il y a trois ans offert la trame de la série française Les revenants, envoutante et lancinante, mais cette année, la subtilité a laissé place aux sons plus percutants et aux arrangements plus amples et menaçants. Quelques moments calmes proposent une halte agréable, mais là n’est pas l’essence de cette excellente soundtrack qui sort des sentiers battus du genre.

[embedyt] http://www.youtube.com/watch?v=LBlbOdaUWbo[/embedyt]

 

✪ ✪ ✪
Rogue One: A Star Wars Story
Michael Giacchino

Décrocher ce contrat aurait facilement mener au désastre : les attentes, quand il s’agit de la musique pour un film issu de l’univers de Star Wars, sont toujours immenses. John Williams était de retour à la barre, l’année passée, pour composer la bande sonore du VIIe épisode de la saga, et il a prouvé encore une fois son talent incommensurable. Je me souviens encore de la première fois que j’ai entendu Rey’s Theme… c’était superbe. Ici, pour la première fois, c’est un autre compositeur qui a dû s’affairer à écrire la musique de l’une des plus grandes épopées du cinéma. Giacchino, éternel fan de Williams, a composé une musique tout en respect et en inventivité, où les leitmotivs mélodiques sont rappelés, parfois même soutenus, mais jamais intacts : on joue sur les temps, les intensités, mais on ne joue pas sur le plaisir, parce que celui-ci reste total. Défi relevé pour celui à qui l’on doit la musique, entre autres, de Doctor Strange, Jurassic WorldSuper 8 et à qui on devra celles de War for the Planet of the ApesThe Incredibles 2 et Spider-Man: Homecoming. Petite note intéressante : Giacchino offre, dans le livret officiel de l’album, une version alternative et humoristique des titres des pièces qui y figurent. Ainsi, par exemple, le morceau Cargo Shuttle SW-0608 devient World’s Worst Vacation Destination et Hope devient Live and Let Jedi. Comique, le mec!

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☠ ☠ 
10 Cloverfield Lane
Bear McCreary

Ici commence la parenthèse horreur de la liste.
C’est à Bear McCreary que l’on doit l’incroyablement angoissante (dans le bon sens du terme) musique de la série The Walking Dead. Pas étonnant que l’on ait retenu son nom pour composer la musique de 10 Cloverfield Lane, de Dan Trachtenberg (que Damien Chazelle, réalisateur de La La Land, que vous retrouverez plus loin dans la présente liste, a partiellement écrit). Ici, l’inquiétude est palpable. Le compositeur maitrise les rouages du genre et parvient à rappeler le film à l’auditeur qui l’a déjà vu. Tout est dans les basses et les crescendos.

[embedyt] http://www.youtube.com/watch?v=AsoHR6aErQs[/embedyt]

 

☠ ☠ 
The Witch
Mark Korven

Pigeant davantage dans le répertoire folklorique de la Nouvelle-Angleterre, où se déroulent les évènements du long-métrage de Robert Eggers, mais se permettant aussi l’exploration (des mélodies du Moyen-Orient, entre autres, peuvent être dénotées), la trame sonore de The Witch fait partie des plus troublantes que j’aie entendues… en d’autres mots, c’est «weird» à souhait! Il faudra être courageux pour écouter cette excellente musique seul dans le noir, mais quand on aime se mettre soi-même au défi, c’est la trame de prédilection.

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☠ ☠ 
The Conjuring 2
Joseph Bishara

Pour le deuxième volet des récits des Warren, réalisé par James Wan, le compositeur Joseph Bishara, qui avait aussi imaginé la musique savoureusement effrayante du film précédent, garde ses bases et renchérit de textures. Il faut dire qu’il a l’habitude d’écrire la musique de films d’horreur, puisqu’il a aussi composé celle des trois volets de la série des Insidious ainsi que celle d’Annabelle (spin-off de The Conjuring). Or, tout comme dans la soundtrack de The Witch, les voix sont très importantes ici. Si, dans le premier, elles appuyaient la tension, ici, elle la forgent. Rien qu’à en parler, j’ai des frissons. Bon, évidemment, il faut quelque peu être masochiste pour autant triper sur la musique de film d’horreur… mais n’est-ce pas, plus souvent qu’autrement, la musique de ces derniers qui les rend aussi emblématiques (pensez à Jaws ou à Tubular Bells, composée pour l’anthologique The Exorcist)?

[embedyt] http://www.youtube.com/watch?v=_SefdXhNoQA[/embedyt]

Ici s’achève la parenthèse horreur de la liste.

 

✪ ✪ ✪
Arrival

Jóhan Jóhansson

L’Islandais Jóhan Jóhansson n’en est pas à sa première collaboration avec Denis Villeneuve. Il a déjà créé les univers musicaux de Prisoners et Sicario et sera aussi en poste pour Blade Runner 2049, qui sortira l’an prochain. Avec la bande originale d’Arrival, il prouve encore une fois qu’il fait partie des grands du domaine. Cet album sera d’ailleurs fort probablement en nomination au cours de la prochaine édition des Academy Awards (elle l’est déjà pour les Golden Globes, d’ailleurs). Je ne me fatigue pas d’écouter cette trame-là. L’horreur, l’oppression sonore, se mêlent aux teintes plus sci-fi glaciales qu’a imaginées Jóhansson, qui a commencé la composition, alors que le film n’en était qu’au début du tournage, en s’inspirant de quelques concepts graphiques fournis par le réalisateur bécancourois. À noter aussi qu’une exquise pièce de l’Allemand Max Richter, On the Nature of Daylight, non incluse à l’album, peut être entendue au début ainsi qu’à la fin du film.

 

✪ ✪ ✪
The Neon Demon
Cliff Martinez

Après Drive et Only God Forgives, Nicolas Winding Refn fait de nouveau confiance au New Yorkais Cliff Martinez, maître des ambiances électro-suaves noires pour The Neon Demon, un film qui a scindé la critique entre «c’est excellent» et «c’est pourri». Je vous laisse vous faire votre propre idée (au moment d’écrire ces lignes, je n’ai toujours pas vu ledit film), mais, chose certaine, la musique qui a été composé pour celui-ci est absolument mémorable : la pièce titre, Neon Demon, première sur l’album, est délicieusement ensorcelante.

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Uncharted 4
Henry Jackman

Henry Jackman, qui a composé la musique des effrénés Kick-Ass, des deux derniers Captain America et des Kingsman, fait le saut du côté vidéoludique, et on souhaite sérieusement que la chose se répète dans les années qui viennent. Greg Edmonson avait écrit celle des trois premiers opus des aventures de Nathan Drake, donnant les bases d’une trame immersive, mais Jackman parvient à rehausser l’intensité et la qualité générale de la soundtrack. L’Italie, le Panama, l’Écosse et Madagascar (pour ne nommer que ceux-ci) profèrent des inspirations musicales à la tonne, se mêlant aux atmosphères des moments mélancoliques ou d’action soutenue à merveille.

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Jackie
Mica Levi

L’Anglaise Mica Levi, aussi connue sous le pseudonyme Micachu, appose au film Jackie, de Pablo Larraín et écrit par Noah Oppenheim, une bande son électronique lourde (mais moins que celle qu’elle avait composée pour Under the Skin, sinistrement parfaite et marquante) mais très artistique, nuancée et viscérale. La trame de trente-cinq minutes seulement rentabilise chaque seconde et maintient le ton tragique des faits historiques qu’elle appuie à merveille. L’approche de Mica Levi diffère de la majorité de ce que l’on entend dans l’univers des soundtracks (quoique celle-ci n’est pas sans rappeler, par moments, l’ahurissante trame qu’avait composée Jonny Greenwood pour There Will Be Blood, de Paul Thomas Anderson), et c’est pour le meilleur : les compositions de celle qui n’a encore que 29 ans témoignent d’un talent maitrisé et laissent poindre à l’horizon une carrière des plus enviables.

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Jason Bourne
John Powell & David Buckley

John Powell avait créé la musique des trois volets de la série des Bourne mettant en vedette Matt Damon, et James Newton Howard avait offert celle du très moyen The Bourne Legacy, où le très moyen Jeremy Renner tenait le premier rôle. Powell connait donc l’univers auquel il s’adonne une quatrième fois. David Buckley vient ici insuffler un vent de nouveauté aux leitmotivs que les amateurs de la série connaissent depuis longtemps. Inspirée en grande partie des lieux de tournages (Espagne, Islande, Italie, Allemagne, Royaume-Uni et États-Unis), la bande sonore est très mouvementée, captivante et la variété des instruments utilisés, fort notable, profère à l’ensemble un sentiment de voyage dont on ne se lasse pas. Et en guise de cerise sur le gâteau, Moby a réarrangé la désormais classique Extreme Ways pour la résurrection de Jason Bourne. Miam.

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Batman v Superman: Dawn of Justice
Hans Zimmer & Junkie XL

Autre bon exemple de trame sonore qui surpasse la qualité du film, celle de Batman v Superman décolle sur les chapeaux de roues, mais pas sans rappeler les pulsations grotesques (dans le bon sens du terme, mettons) qu’avait imaginées Hans Zimmer pour le film Inception (Christopher Nolan). Le tandem avec Junkie XL, qui a servi la musique grandiloquentissime de Mad Max: Fury Road ainsi que celle, pas-si-pire-du-tout, de Deadpool, également parue cette année, est très efficace. L’expérience de l’un se joint à la folie de l’autre et procure une lourdeur fort intéressante. J’espère réentendre ce duo éventuellement… et parlant d’espoir, j’ai aussi celui que l’univers de DC Comics change de cap et se fasse justice en revenant à des films de l’ampleur de la trilogie du Dark Knight qu’avait réalisée Christopher Nolan (oui, encore lui).

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La La Land
Justin Hurwitz

Arrivant à la toute fin de 2016, La La Land, de Damien Chazelle (qui a écrit et réalisé Whiplash, dont la bande sonore, du même compositeur, était également exquise), promet déjà de récolter les honneurs un peu partout. D’ailleurs, il règne au chapitre des nominations en vue des prochains Golden Globes. Ici, je traite de deux albums, tous deux composés par Hurwitz : La La Land (Original Motion Picture Soundtrack) et La La Land (Original Motion Picture Score). Le premier présente les chansons qui figurent dans le film alors que le second contient sa musique originale. La qualité ne varie pas : les deux albums sont magiques. Sur l’un, les voix de Ryan Gosling et Emma Stone, entre autres, sont fabuleuses et presque angéliques (City of Stars) et sur l’autre, les mélodies envoutantes donnent le goût de se plonger dans le monde féérique (mais illusoire, on le sait) d’un Hollywood doré. Du jazz doux et sensible qu’on réécoute sans se fatiguer.

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(Ici, la pièce Planetarium est immédiatement suivie de Summer Montage / Madeline)

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MENTIONS HONORABLES (selon des ouï-dires)

  • Moonlight, Nicholas Britell
  • Before the Flood, Trent Reznor, Atticus Ross, Mogwai & Gustavo Santaolalla
  • Inferno, Hans Zimmer
  • The 9th Life of Louis Drax, Patrick Watson
  • Florence Foster Jenkins, Alexandre Desplats
  • Lion, Hauschka & Dustin O’Halloran
  • Hidden Figures, Hans Zimmer, Pharrell Williams & Benjamin Wallfisch

BONUS EN CADEAU

S’il y a deux bandes sonores de 2015 à écouter, il s’agit de celle qu’ont composée par Ryuichi Sakamoto, Alva Noto et Bryce Dessner pour The Revenant, d’Alejandro González Iñárritu et de celle de l’illustre Ennio Morricone pour le huitième long-métrage de Quentin Tarantino, The Hateful Eight. Voilà, tout est dit.

 

Cet article est symboliquement dédié à la mémoire de Carrie Fisher, l’interprète de la légendaire Princesse Leia.

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Nos 16 albums préférés de 2016

albums2016

Nous sommes en fin d’année, il est alors temps de faire des listes! Puisqu’il est très difficile de faire un décompte de nos albums préférés de l’année qui s’achève, on vous présente nos 16 albums faforis de 2016, pêle-mêle, sans ordre précis. (Nous vous avons même préparé une playlist pour tout écouter en bas de la page. Oui, on est nice de même.)


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Blackstar
David Bowie

L’ultime album du Thin White Duke, paru deux jours avant le décès de l’emblème androgyne, a frappé fort. Autant par ce que cet album est une mine d’univers sonores plus fantasques et oniriques les uns que les autres que par tout ce qui y est véhiculé. La légende, combattant depuis plus d’un an le cancer savait bien ce qui l’attendait. Au travers les sept morceaux de Blackstar (l’unique album où n’apparait pas le visage de l’artiste sur la couverture), Bowie confronte la mort de manière grandiose, encore narquois par moment. Il faut absolument visionner les vidéos issus de la chanson titre et de Lazarus, ceux-ci se complétant horriblement bien. Blackstar est déjà un album iconique. – KB

Chansons à écouter absolument : « Lazarus » et « Girl Loves Me »

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youwantitdarker

You Want It Darker
Leonard Cohen

En novembre, la faucheuse frappe encore et vient chercher Leonard Cohen, l’un des plus grands auteurs contemporains. Moins d’un mois après avoir lancé You Want It Darker, un album que tout amateur aura entendu comme un adieu. Serein, calme et réfléchi, le créateur de l’immortelle Hallelujah était prêt et, assisté à la réalisation de son fils Adam, il livre un album parfait où sa voix caverneuse épouse des mélodies presque biographiques, revisitant les époques de sa, autant au Québec qu’en Grèce, sur l’île d’Hydra. « I wish there was a treaty between your love and mine », finit-il. Leonard Cohen, grandiose, quitte dans une beauté immense. – KB

Chansons à écouter absolument : « Treaty » et « It Seemed The Better Way »

***

angel-olsen

My Woman
Angel Olsen

Le 3e album d’Angel Olsen, My Woman, est de loin son meilleur en carrière. Angel quitte ses sonorités folk et embarque dans un dream-rock assumé. Un album qui se distingue par ses deux actes: la première moitié est entraînante et divertissante : on embarque très facilement dans sa vibe « rock des années 60 ». Alors qu’on se dirige tranquillement vers la seconde moitié, la durée des chansons se rallonge et la progression lente nous transporte dans la douleur de l’artiste. C’est seulement à la toute fin, avec la poignante balade « Pops », qu’Angel se vide enfin le coeur avec sa voix empreinte de peine… et ça nous rentre dedans. Un très bel album qui se balance majestueusement entre la joie, la tristesse et l’espoir. – JA

Chansons à écouter absolument: « Shut Up Kiss Me » et « Sister »

***

kaytranada999

99.9%
KAYTRANADA

Kevin Celestin, mieux connu sous le pseudonyme de KAYTRANADA, a remporté le prix Polaris en septembre dernier pour son premier album en carrière, intitulé 99,9%. Un prix grandement mérité pour un album qui nous provient tout droit de Saint-Hubert. Une fois qu’on démarre l’écoute de 99.9%, il est très difficile d’en décrocher. L’album entier est pratiquement une longue chanson à plusieurs vagues, contenant un très beau mélange de R&B, de hip-hop et de « lounge électronique », habilement soutenu par des collaborations de qualité comme BADBADNOTGOOD, Little Dragon et Anderson Paak. Un album qui coule bien, de la première toune à la dernière. – JA

Chansons à écouter absolument: « Lite Spots » et « Got it Good »

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ivblackmountain

IV
Black Mountain

Avec IV, Black Mountain s’amuse à créer de longues mélodies rock progressives, voire pratiquement cosmiques, où ils transportent l’auditeur dans un trip presque Black Sabbath-esque. L’album démarre avec Mothers of the Sun, une pièce de huit minutes où le band nous transporte dans leur trip en ouvrant progressivement ses ailes. Car effectivement, les pièces fortes de cet album sont celles qui durent plus de huit minutes. C’est dans celles-ci qu’on embarque totalement dans cette transe de rock progressif où les guitares s’installent et nous emportent calmement vers les premières paroles prononcés par le duo de chanteurs, Stephen et Amber. On se croirait dans un univers parallèle du rock classique des années 70, avec des influences de vos bands préférés comme Kiss, Fleetwood Mac ou même Led Zeppelin. – JA

Chansons à écouter absolument: « Mothers of the Sun » et « (Over and Over) The Chain »

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nickcaveandthebadseeds

Skeleton Tree
Nick Cave and the Bad Seeds

Un autre album que l’aura de la mort entoure. Huit pièces lourdes, bourdonnantes et déchirantes que l’Australien rend de manière très profonde. Son fils Arthur étant tragiquement décédé alors que les Bad Seeds commençaient de nouvelles sessions d’enregistrement, Nick Cave a été plongé dans une noirceur qu’il a décidé, non sans terrible souffrance, d’épouser. Le documentaire One More Time With Feeling, complémentaire à l’album, est absolument excellent et reste longtemps dans les pensées. Un album d’une puissance inouïe. Nick Cave and the Bad Seeds seront au Métropolis le 29 mai 2017. – KB

Chansons à écouter absolument : « Girl In Amber » et « I Need You »

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chairlift-moth

Moth
Chairlift

Pour de la bonne pop-indie, ne cherchez pas plus loin. Moth est un excellent album pop, avec des refrains super accrocheurs et des mélodies hyper diversifiées. Sur l’un, on peut entendre un rythme avec des claquements de doigts contagieux (Ch-Ching) alors que plus tard, on se laisse emporter dans un groove saccadé (Ottawa to Osaka). Mis à part la belle production léchée de l’album, c’est surtout la belle voix versatile de Caroline Polachek qui brille à travers les dix chansons de l’album, surtout dans les pièces les plus calmes, comme Crying in Public et Unfinished Business. – JA

Chansons à écouter absolument: « Ch-Ching » et « Moth to the Flame »

[Mise à jour: le duo annonce le 17 décembre qu’il se sépare. « Moth » sera donc malheureusement leur dernier album.]

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ultramarr

Ultramarr
Fred Fortin

Ici, on se penche du côté concret des choses. Un album terre à terre, d’une grande poésie du réel, qu’offre Fred Fortin. Bien installé sur la scène musicale québécoise, l’auteur-compositeur-interprète est touchant, volatile inusité à la voix charmante, et Ultramarr ne s’épuise jamais. Les textes varient entre le léger du quotidien et l’omniprésence des sentiments amoureux, en passant parfois par un mal-être dont Fortin sait se moquer habilement. Parmi ce qui s’est produit de mieux au Québec en 2016, sans l’ombre d’un doute. – KB

Chansons à écouter absolument : « Tête perdue » et « Grippe »

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letoilethoracique-klopelgag

L’Étoile Thoracique
Klô Pelgag

Après un excellent premier album (L’Alchimie des Monstres), Klô a mis la barre très haute. Eh bien, trois années plus tard, avec L’étoile Thoracique, elle réussit à atteindre la barre et même à la dépasser. Son univers unique et éclaté est de retour, et il ne s’essouffle pas une seconde. Pour la conception de cet album, Klô s’est entourée de 20 musiciens pour composer la musique. C’est d’ailleurs son frère Mathieu qui a aidé à concocter les orchestrations. Rajoutez à ça les textes imagés et poétiques de Klô et vous obtenez un album délicieux pour les oreilles. – JA

Chansons à écouter absolument : « Les instants d’équilibre » et « Samedi soir à la violence »

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phantogramthree

Three
Phantogram

Phantogram, c’est comme du bon vin. Plus les années passent, plus ils sont meilleurs. Avec Three, le duo New Yorkais est au sommet de leur art. Ici, Phantogram nous présente un album avec un son beaucoup plus pop qu’avant. Les mélodies sont captivantes et nous restent longtemps dans la tête, puisque Sarah alterne aisément entre le chant et le rap, alors que Josh s’amuse à nous surprendre avec les coupures de rythmes. – JA

Chansons à écouter absolument: « You Don’t Get Me High Anymore » et « Run Run Blood »

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charlottecardinep

Big Boy
Charlotte Cardin

J’ignore si le choix d’inclure un EP dans cette liste est légitime, mais je ne peux pas passer à côté de ce disqueLe petit album de 18 minutes de Charlotte Cardin vaut grandement la peine d’être écouté. Charlotte nous invite dans son univers où elle se livre et nous raconte ses désirs amoureux ainsi que toutes les autres émotions qui en découlent. Avec ce magnifique EP, la Montréalaise nous démontre qu’elle est prête pour la grande scène. – JA

Chansons à écouter absolument: « Dirty Dirty » et « Les échardes »

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plantsandanimals

Waltzed In From The Rumbling
Plants & Animals

Le 4e album du groupe montréalais (qui mérite d’être beaucoup plus populaire!!) est probablement leur album le plus achevé en carrière jusqu’à aujourd’hui. On sent que la longue pause entre le dernier album et celui-ci a été très bénéfique. Sur Waltzed In From The Rumbling, on ne se retrouve pas dans un univers étranger, puisque leur signature de folk-indie est toujours là. Cependant, les meilleurs moments de l’album sont lorsqu’ils nous surprennent en changeant de cap à mi-chemin (comme sur Je voulais te dire) ou pour se diriger vers des finales imprévisibles (comme sur la balade So Many Nights). Un excellent album pop-progressif, fait par un band bien de chez nous. – JA

Chansons à écouter absolument: « No Worries Gonna Find Us » et « So Many Nights »

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Lemonade
Beyoncé

Beyoncé a étonné tout le monde le 23 avril dernier lorsqu’elle a droppé, sans aucun avertissement, son nouvel album Lemonade sur internet, accompagné d’un impressionnant moyen-métrage musical portant le même titre. Dans cet excellent long-jeu (où des noms comme Jack White, James Blake et Robert Plant ont collaboré!!), Beyoncé livre des chansons où la pop rencontre le funk, le soul, le R&B et le blues à travers des textes traitant de vengeance, d’infidélité et de force féminine. Détrompez-vous: ceci n’est pas « un autre album de pop-hits » pour la radio; ceci est un album puissant, mettant en scène une Beyoncé féroce et totalement assumée. Avec Lemonade, la Queen B vient de gagner la course de la musique pop américaine et laisse tous les autres concurrents loin derrière elle. – JA

Chansons à écouter absolument: « Hold Up » et « 6 Inch (avec The Weeknd) »

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A Moon Shaped Pool
Radiohead

Oh, wow. Comment rester de marbre devant un nouvel album de Radiohead? Thom Yorke et sa bande récidivent et arrivent avec A Moon Shaped Pool, qui s’éloigne de King of Limbs avec un son plus riche et avec des arrangements musicaux très intéressants. Notamment sur le succès Burn The Witch, les violonistes jouent en col legno, c’est-à-dire en utilisant le dos de l’archet (le bois) pour frapper les cordes, ce qui donne un effet de percussion et donne un ton plus féroce à la chanson. D’ailleurs, cette chanson, ainsi que tout l’album, rassemble des textes profonds et dramatiques, dont seul Thom Yorke a le talent créatif. – JA

Chansons à écouter absolument: « Burn the Witch » et « Identikit »

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anohni

Hopelessness
Anohni

Plus connue sous le nom (changé depuis) d’Antony Hegarty, Anohni a fait paraitre en mai dernier un album sombre et désillusionné du nom de Hopelessness (le fait de ne plus avoir d’espoir). En rage devant les multinationales, le traitement honteux de l’environnement et la politique de partout, elle emprunte une musique électronique savante et corrosive et chante, de sa voix digne d’un autre univers, les démons du monde contemporain. D’une tristesse évidente, il n’est pas question ici de laisser poindre l’espoir à l’horizon. C’est un coup de gueule acerbe et vindicatif qui servira de mise en garde, si ça n’est de constat viscéral et urgent. – KB

Chansons à écouter absolument : « 4 Degrees » et « Crisis »

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Heads Up
Warpaint

Les filles de Warpaint, qui nous ont habitués à leur pop calme et apaisante, nous arrivent aujourd’hui avec un album où elles ont décidé d’ajouter des teintes plus rythmées et dansantes à leurs mélodies. Pas beaucoup, mais juste un brin, pour donner un petit « oumf! » tout en gardant le même esprit de tranquillité. Les textes gravitent toujours autour des grands thèmes comme l’amour et l’amitié, mais ce sont les différences de ton utilisées qui viennent ajouter une couche de sincérité aux émotions véhiculées vocalement et musicalement par le quatuor. Heads Up est comme une rêve doux où les filles nous partagent leurs craintes et leurs secrets dans un ouragan de trip-pop réconfortant. – JA

Chansons à écouter absolument: « Whiteout » et « Heads Up »

PLAYLIST SPOTIFY

Écoutez les albums sur notre playlist Spotify ici:
(l’album Lemonade n’est pas disponible sur le service)

MENTIONS HONORABLES:

  • We Got It from Here… Thank You 4 Your Service, A Tribe Called Quest
  • Bottomless Pit, Death Grips
  • Emily’s D+Evolution, Esperanza Spalding
  • How to be a Human Being, Glass Animals
  • S’armer de Patience, Ivy
  • Il, Jean-Michel Blais
  • Caissier Concierge, Julien Gagné et Basta
  • The Life of Pablo, Kanye West
  • ANTI, Rihanna
  • Fixion, Trentemøller
  • Paradise, White Lung
  • Dreamland, Wild Belle
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JULIEN GAGNÉ et BASTA – Caissier Concierge (critique)

Près d’un an après Contre-Courage, opus de cinq titres aux sons variés mais à l’unicité certaine, traitant de perte, d’amour, de peur et du désespoir d’un travailleur épuisé, arrive Caissier Concierge, un album plus long (sept chansons, cette fois), plus précis, plus mature et d’une puissance inouïe. Julien Gagné et Basta (le nouveau nom de la formation) nous servent ici un EP sérieux qui shake les stabilités les plus intrinsèques des classes des plus hauts placés, des plus riches, et ce, dès la première chanson. Intitulée Caissier Concierge 1, celle-ci n’hésite pas à faire un clin d’œil à La tour, pièce de l’album précédent. Elle place le contexte comme ouvrant une histoire qui se dévoilera à mesure de chanson. Sans être un album thématique à part entière, le fil conducteur y est manifeste : la résilience.

S’il faut parler du vrai, c’est ici qu’on le fait avec la plus grande honnêteté, dépourvu des effets de styles qui éloignent l’attention des mots, quand les mots ne la valent pas. Julien Gagné, syndicaliste passionné, parolier depuis une adolescence que l’on sent bien loin derrière, transformée en rigueur, en écoute de soi et en urgence, affronte la vérité avec aplomb et conviction, même si cette vérité est parfois difficile à digérer : « Aussi brillant que tous les planchers qu’il a essuyés, et que le Conseil des Arts et tous les refus qu’il lui a fait essuyer » admet-il, cynique ou ironique, dans le premier morceau. Le fait est qu’il est probablement question, admettant que l’on prenne les paroles au pied de la lettre, du dernier album que Julien Gagné et Basta comptent nous offrir. Et c’est dommage.


(crédit photo : Kevin Brazeau)

Pièce par pièce

Caissier Concierge 1 : Minimaliste au plus haut point, l’ouverture de l’album se fait façon basse et voix. Simple, parlée, autobiographique comme la plupart des chansons de Gagné, le rappel d’un rêve effrité et la volonté d’évasion d’un travailleur entouré de déchets, humains ou autres, trouvent facilement écho chez quiconque s’est déjà fait chier dans une job dégradante. On annonce que ce sera la dernière fois que le caissier concierge s’adressera à nous… écoutons-le autant que le veston ignore la moppe : beaucoup.

J’essaie encore : Angoisse d’un insomniaque éternellement anxieux, la chanson fait tout de même taper du pied, comme le pendule d’une horloge dont le son refuse le sommeil à l’entendeur. La frustration de ne pas s’affranchir de ses démons tapisse aussi le récit qui parfois s’envole, cauchemardesque et cru. Julien Gagné, dont la voix flirte avec l’univers post-punk par ses cris qui ne veulent pas être beaux mais bien virulents, crache une tourmente poétique dont plusieurs passages sauront marquer l’imaginaire dès la première écoute…

« Le désordre au milieu
D’une dernière cigarette
Le souvenir de la fête
Mais y avait pas de fête
Dehors il pleut des cordes
Pour monter jusqu’au ciel
Quand on trouve la vie belle
Certains se pendent avec »

Chez toi comme chez moi : Cette pièce à la progression impressionnante a de quoi rendre jaloux celui ou celle qui tente de poétiser une séparation. Les musiciens, impeccables, et la mélodie, en osmose avec le propos, suscitent immanquablement le frisson. Une histoire d’une triste beauté, aussi habilement déballée que les textes les plus émouvants de Desjardins, piano à l’appui et violoncelle tout en lamentations douces… et puis « la tempête s’amène » : plus le parolier le répète, plus on le sent. Et elle s’amène effectivement dans une catharsis cacophonique – qu’on voudra réécouter et réécouter.


(crédit photo : Fanny Basque)

Les bons sentiments : Récit d’une prise de conscience difficile, expliqué comme à un ami, franc et sarcastique par moments, au rythme entrainant et libérant vers la fin un fiel plus rock, complètement désillusionné : « les hommes entre dans le monde avec leurs souliers sales pour dire « C’est à moi! », pour tout gâcher ». Bien qu’il apporte une certaine légèreté la chanson, on pourra néanmoins questionner le choix du tambourin, qui fait une apparition brève et quelque peu maladroite (c’est peut-être juste moi, aussi). Les bons sentiments n’en perd pas de son impact et, peut-être, cela aide en fait à l’excellent contraste musical entre les deux extrémités de la pièce.

Le concret : Une lourde ligne de basse accueille peut-être la plus belle mélodie de l’album, servie au violoncelle par Julien Thibault. Tantôt surréaliste, tantôt festive et « jumpy », la cinquième pièce arrive au parfait moment, procure un regain d’énergie bienvenu, soutenu par une guitare électrique corrosive, et prend des allures d’ode à la résistance. Les paroles sont vites apprises et on se fera un bonheur virulent de les scander avec les membres de Basta qui les beuglent allègrement : « Ressusciter Allende! Une vraie révolution qui n’est pas scrappée par les États-Unis ». Cri du cœur, force et juste assez de rancœur devant un monde terne qui encourage le terne.

Un abri : Plus douce, plus intime, habillée d’une autre magnifique mélodie – elles sont toutes de Jean-Pascal Carbonneau, camarade créatif de Julien Gagné depuis plusieurs années et qui est à la basse tout au long de Caissier Concierge – l’avant-dernier morceau est empreint d’espoir. Le leadeur de la formation est toujours aussi habité par ce qu’il raconte et c’en est désarmant d’humilité. Grand texte.

Caissier Concierge 2 : On ferme les livres avec un retour musical et lyrique à la première pièce de l’album. Julien Gagné, nouvellement père, dédie cet EP à son enfant, et s’adresse à lui ici de manière lucide et émouvante, sans compliquer les mots : « Tu verras, fiston, que ton papa était un homme exceptionnel, presque aussi grand que toi, le plus grand caissier concierge ». Encore une fois, la résilience est présente, superbe et courageuse. Ça clôt l’album de manière viscérale, dans le plus grand amour possible, et Basta s’installe pour une dernière fois, fait rêver encore.


(crédit photo : Daniela Margina)

Julien Gagné et Basta, on en n’a que peu entendu parler, et pourtant, le matériel qui sort de ces têtes-là est tout simplement renversant. Il est difficile, dans le spectre culturel du Québec actuel, de confronter notre confort ridicule et d’admettre qu’on se nourrit du vide et de la répétition. Il est bien plus simple d’oublier que certains auteurs tentent de révolutionner la musique par la parole. Ici, c’est sans compromis.

L’album est disponible sur la page bandcamp de la formation (http://juliengagneetbasta.bandcamp.com), pour le prix de base de 7$. L’écoute sur place des chansons est entièrement gratuite.

 

Caissier concierge, de Julien Gagné et Basta – ★★★★½

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Un chanteur doit mourir (Leonard Cohen, 1934 – 2016)

La première fois que j’ai entendu parler de toi, c’est il y a très longtemps. T’étais le chanteur préféré de ma mère (avec David Bowie – c’est dire comme 2016 la fait chier). Tu ne m’intéressais pas. Tu m’endormais et je ne savais pas t’écouter, je ne savais pas te comprendre. La lenteur et la lourdeur de tes chansons me laissaient tiède. I guess que ça se comprend. J’étais tout petit. Mais bon, t’étais le chanteur préféré de ma mère… One of us cannot be wrong, et c’était elle. T’allais réapparaître quelque part, comme doivent réapparaitre un jour les artistes et les œuvres qui marqueront la vie d’une personne.

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Je t’ai vraiment rencontré une fois au cégep. C’est là que commencent les dizaines de souvenirs t’étant rattachés… et au moment d’écrire ceci, l’époque dont je parle date d’à peine cinq ans. Dans le même profil que moi, y’avait Julien Gagné, un gars bourru, auteur-compositeur-interprète dont l’image typique était alors un chapeau, une guit’classique et une smoke… en plus de lunettes. Bref, lui et moi, on se lie d’amitié. Il fait preuve d’un grand cœur, parce que même si je suis en création littéraire et que j’écris tout le temps, je suis pas mal ignorant pour ce qui est des grands auteurs, des grands artistes de ce monde. Je connais Brel, mettons. Pas Dylan, pas Waits, pas Ferré, pas Cave and the Bad Seeds… pas toi.

Julien m’invite régulièrement chez lui, pour jouer au jeux vidéo et pour me faire découvrir l’art. Ça le gossait tellement, quand je lui disais que je savais que tu étais excellent, mais que ton matériel ne me rejoignait pas et m’endormait. Il ne se tannait néanmoins pas pour toujours me faire découvrir de tes chansons. Il avait lui-même traduit Chelsea Hotel No.2 : tu étais son favori à lui aussi. J’ai écouté de tes grands textes, toujours impassible. Ça a duré plus d’un an. Éventuellement, il est déménagé de chez ses parents. J’avais 19 ans et l’année suivante, je suis allé le rejoindre, lui et Fanny, dans le Ninja appart’. Pose pas de question. Lors des soupers entre colocs, ta musique est celle qui jouait le plus souvent. New Skin for the Old CeremonySongs of Love and Hate et Songs of Leonard Cohen, je les ai apprivoisés durant cette époque-là.

Puis il y a eu un déclic : ben oui, c’est lui, le meilleur de la gang. Et je me suis mis à t’écouter, à lire tes textes plus en profondeur – Everybody knows qu’ils en ont. Je sais ce que tu penses : le monde s’en fout ben, de moi pis de ma rencontre avec ta musique. Tout ce que je veux dire, c’est que l’amour n’est pas acquis. Ni pour les gens ni pour les choses. Ça se pratique, l’amour, mais du moment où on le connait, Ain’t no cure.

Je découvre encore aujourd’hui ta musique – faut dire qu’il y en a beaucoup et qu’on peut s’immerger longtemps dans tes sons folk, traditionnels à la Juive ou à la Grecque, tes accents rock et tes slows tout droit sortis de l’éternité. Ta dernière trilogie, Old IdeasPopular Problems et You Want It Darker, m’accompagnent souvent et déjà, je peux dire que ton ultime album m’a imprégné de ta force, de ta grandeur. Il n’y a pas mot que tu ne savais épouser. Tes textes, d’une précision impeccable, même dans l’abstrait d’une poésie romantique ou existentielle, émouvront toujours. Ta voix devenue plus grave que ton blues résonnera infiniment entre les murs de la Tower of song. Tu avais un regard clair sur la vie, une humanité que personne n’égale, un sens du devoir patriotique admirable, un sentiment d’appartenance à ta communauté (à tes communautés, en fait) remarquable, une pensée plus ardente que Love itself, la plus merveilleuse plume qu’il m’ait été donné de lire…

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A singer must die. Mais tu étais prêt, tu l’as dit. Tu voulais pouvoir chanter une fois vieux et tu l’as fait. Tu as recommencé à fumer quelques temps avant de nous quitter et c’est fucking parfait, parce que tu le voulais et que ça te faisait du bien. Tu as écrit de tes plus belles chansons avant de prendre ta retraite et tout l’amour qui t’est porté est figé dans le temps. Tu as inspiré, sans doute, des milliers de poètes, d’auteurs, de chanteurs, d’humains partout dans le monde, laissé une marque immense en Israël, au États-Unis, au Québec et sur le reste du globe. Personne ne t’oublie.

Nous gardons de toi qu’il n’est pas de douleur que les mots et le temps ne surmontent et qu’on peut se relever des souffrances les plus internes, que les amours passent et qu’on ne s’en lasse pourtant pas, parce que l’amour, plus que tout malheur, on en tire les plus belles poésies, et que celles-ci ne nous quittent jamais. Nous retenons que l’on échoue à répétition, Beautiful losers que nous sommes, mais que l’on doit se résilier à vivre au travers les années avec ces défaites dans la peau, et que, toujours, on peut trouver, enfouie dans la Darkness, une saveur d’humour, parfois cynique, mais humour tout de même…

I have to die a little
Between each murderous thought
And when I’m finished thinking
I have to die a lot
There’s torture and there’s killing
And there’s all my bad reviews
The war, the children missing
Lord, it’s almost like the blues

De toi, nous ne gardons pas que l’essence. Nous gardons tout. So long, Leonard Cohen.

http://www.youtube.com/watch?v=zQI3uG0ss5c

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Quoi écouter cette semaine: Miike Snow, Yeasayer, Chairlift & Basia Bulat

Le retour des vacances, le retour du grand froid, le retour au boulot… ouaip, c’est effectivement le début de la nouvelle année. Question de bien démarrer 2016, on vous propose une belle petite liste de nouveautés musicales en ce mercredi matin de la mi-janvier.


MIIKE SNOW

« Genghis Khan »

Miike Snow sont très forts pour créer de la musique up-beat qui nous met de bonne humeur, accompagné d’un clip complètement pété. Eh bien, ils ne font pas exception à la règle avec leur nouveau single « Genghis Khan ». On les attendait depuis si longtemps, les revoici enfin!

BASIA BULAT

« Fool »

Après avoir été nominé pour un Juno ainsi qu’un prix Polaris en 2014 pour Tall Tall Shadow, Basia Bulat n’a plus besoin de présentation. Elle revient en 2016 avec un nouvel album sur laquelle on retrouvera « Fool », son nouveau single. Une très belle chanson folk qui vient nous réchauffer en ce temps frisquet.

CHAIRLIFT

« Ch-Ching »

Ils portent un des noms de band le plus plate ever, mais c’est vite pardonné lorsqu’on écoute leur musique. Ils nous préparent un nouvel album pour 2016 et leur toune « Ch-Ching » nous donne un avant-goût très appétissant. Honnêtement, je n’ai pas pu m’enlever cette toune-là de ma tête durant le temps des fêtes. Si le nom Chairlift ne vous dit rien, vous les reconnaissez sûrement via cette pub du iPod nano, (le meilleur iPod selon moi)

YEASAYER

« I am Chemistry »

Vous trouviez que le clip de Miike Snow était pas assez flyé? Voilà, vous êtes servis. Dans cette chanson, Chris Keating se compare à la chimie en énumérant quasiment tout le tableau périodique. Une toune à déchiffrer avec un dictionnaire, mais une très jolie mélodie à apprécier avec les oreilles. Le dernier album de Yeasayer était sorti 2012, ça fait du bien d’entendre enfin du nouveau stock!

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À découvrir : Geoffroy

Récemment, alors que j’écoutais la musique ambiante simplement d’une oreille, j’ai été captivée par une voix aérienne et le son pop d’un certain Geoffroy. Plus j’écoutais cette chanson qui jouait dans l’air, plus j’étais entrainée par le rythme dansant, légèrement électro. Un son qu’on écouterait très facilement un soir d’automne sur la route qui mène au chalet.

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Par la suite, je me suis plus attardée à la musique de ce Geoffroy, nouvelle venue chez Bonsound. Son premier EP, Soaked in Gold, est maintenant disponible comportant uniquement quatre titres. Quatre titres qui sont toutefois très accrocheurs. On commence avec une introduction musicale délicate et douce, parsemée de petites notes telles des clochettes qui résonnent à nos oreilles. On a l’impression que le soleil vient d’envahir la pièce et réchauffe nos visages. S’en suit la chanson You Say qui nous donne envie de danser et nous plonge un peu plus dans l’univers du musicien. On retrouve cette tonalité électro un peu partout dans ce EP, une voix aiguë, mais flottante qui est d’ailleurs appuyée par l’entière musique qu’on retrouve sur Soaked in Gold.

Bref, ces quatre morceaux nous donnent certainement envie de découvrir la suite et de suivre le parcours de Geoffroy. Il sera d’ailleurs en spectacle le 17 novembre à la Casa del Popolo.

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Milk & Bone ravit le public du théâtre Corona Virgin Mobile

Texte: Geneviève Dupuis — Photos: Pierrick Patry Gobeil

C’était le premier concert montréalais en salle de Milk & Bone le 7 octobre dernier. Laurence Lafond-Beaulne et Camille Poliquin ont investi la scène du théâtre Corona Virgin Mobile avec un sublime spectacle qui affichait complet.

La tâche de réchauffer la salle est d’abord revenue à l’artiste électro CRi. Il a su s’entourer brillamment de la claviériste Ouri pour offrir un cocktail électro dansant, puis de la chanteuse Odile pour une petite touche R&B en fermeture.

Ensuite, Geoffroy (entendu lors de la deuxième saison de La Voix) était fébrile à l’occasion de son premier concert et de l’annonce de son entrée dans la famille Bonsound. Des cinq chansons qu’il a livrées, c’est l’interprétation accrocheuse de son single You Say qui a retenu mon attention.

Enfin, toutes de noir vêtues, les filles de Milk & Bone ont ouvert leur spectacle avec Elephant et Easy to Read et la très appréciée Coconut Water. Les voix aériennes des deux interprètes se sont élevées, guidant le kaléidoscope des animations projetées sur un immense écran derrière elles et s’accordant parfaitement au son des synthétiseurs. Elles nous ont appâtés dans leur univers onirique, sombre et magnétique.

La reprise de Death With Dignity de Sufjan Stevens a été amorcée avec de douces harmonies de voix et d’un ukulele. Puis, le duo nous a montré de quel bois il se chauffait, nous faisant entendre un mélange éclectique de sons savoureux et cristallins. Le public ne s’est fait pas prier pour répondre par des cris retentissants lorsqu’elles ont demandé « Donc, ça vous a plu ? ». Les dames nous ont amenés dans des avenues encore plus ténébreuses en offrant le fruit d’une collaboration avec le producteur de musique électronique Rivver, montée spécialement la veille.

Milk & Bone ont servi les sensuelles Pressure et Watch en pièces de résistance pour une foule déjà en extase qui s’est manifestement délectée. En rappel, la douce-amère New York a conclus une expérience qui a amplifié les frissons qu’on ressentait déjà à l’écoute de leur album Little Mourning. Les sourires espiègles et confiants échangés par les membres du duo ainsi que leur étreinte triomphante ont clos ce spectacle captivant de Milk & Bone devant un public ensorcelé.

PHOTOS:

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Lancement dans le backyard d’Adamus

Sorel Soviet So What. C’est comme ça que s’appelle l’album que Bernard Adamus a lancé hier soir aux Foufounes Électriques. Un titre qui laisse sa marque et un lancement qui nous a permis de renouer avec l’univers unique d’Adamus! Toutes les photos ici.

Je suis arrivée un peu en retard, la place était déjà bondée de beau monde, tous une bière à la main : l’ambiance s’annonçait déjà très prometteuse! Le show avait lieu dans la cour arrière des Foufs, nous donnant l’impression d’être invités dans le backyard de Bernard. On a pu l’apercevoir avant le show, à gauche à droite, sympathique avec tout le monde, souriant! Il est même venu me dire de ne pas hésiter à monter dans l’escalier pour prendre mes photos. Thanks man. Merci aussi à la sécurité des Foufs et au public qui n’ont pas perdu patience avec les 38 photographes et 13 caméramans.

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Adamus est fidèle à lui-même avec ce nouvel album. Une trame sonore tantôt blues, tantôt folk, tantôt funk. Des textes toujours aussi crus, où notre cher Bernard s’amuse encore à habilement jongler avec les mots. On a pu entendre plusieurs artistes sur scène, des trompettistes aux choristes en passant par le contrebassiste qui ajoutent une chaleur unique à l’album. Tous avaient l’air d’avoir beaucoup de plaisir à être là en ce beau mercredi de septembre. Bernard était lui-même en pleine forme, toujours souriant. Le public lui aussi avait fait ses devoirs, quasiment tous savaient un passage du single sorti en juillet dernier Hola les lolos. C’est décidément la chanson phare de ce nouvel opus très bien construit.

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L’album sera en magasin ce vendredi 25 septembre, une date symbolique peut-être puisque No. 2, était sorti à pareille date il y a maintenant 3 ans. On vous conseille maintenant de mettre votre bibliothèque iTunes à jour!

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Un départ canon pour la terasse d’Ubisoft

Texte de Geneviève Dupuis, photos par Pierrick Patry Gobeil

La chanteuse de Groenland, Sabrina Halde, réalise son rêve de jouer pour les concerts Sur le toit d’Ubisoft en ouvrant la sixième édition de spectacles organisées avec Bonsound en ce haut lieu, avec en première partie, Safia Nolin. Spectacle heureux réservé à une poignée de chanceux qui, à l’exception de quelques envolées, sont restés tout de même réservés.

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Le vent se lève, le ciel gris surplombe la montagne dont nous avons une vue magnifique. Malgré la menace d’orages qui inquiètent Safia Nolin, c’est tout de même un décor approprié pour nous faire entrer dans son univers musical mélancolique. Le sympathique guitariste Joseph Marchand accompagne habilement la chanteuse de Limoilou. La présence timide et légère de Nolin ponctue les huit chansons qui te serrent les tripes et te revirent à l’envers. Les deux musiciens nous disent au revoir avec une interprétation d’« Igloo » qui n’a laissé personne de glace.

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Groenland nous a offert l’ensemble de son album The Chase en plus des pièces « Don’t Fix Me Yet » et « Some of Us ». Les membres du groupe prennent d’assaut la scène avec la présence qu’on leur connaît. L’énergie complice et débordante partagée par Sabrina Halde et Simon Gosselin est délicieuse à voir. On s’est réjouit d’entendre le violon et le violoncelle, et même la beauté inattendue de l’égoïne, qui ont brillé de leurs propres feux à quelques reprises. C’est en assistant à une prestation de ce groupe qu’on peut saisir avec bonheur la qualité orchestrale de leur oeuvre, même si j’aurais souhaité que les musiciens prennent un peu plus de liberté avec leur répertoire.

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La foule s’est emballée pour les pièces « Immune » et « Things I’ve Done ». Mon coup de coeur de la soirée reste « La pieuvre » interprétée en contrastes, tantôt en douceur par la chanteuse en solo, tantôt avec intensité avec le reste du groupe. En rappel, Groenland ferme la soirée avec le cover de la pièce « Oblivion » de Grimes, suivi par une prestation originale de « Our Last Shot » à laquelle Jonathan Charette ajoute une qualité rugueuse des plus intéressantes, gracieuseté de la guitare empruntée à Safia Nolin.

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Enfin, c’est un duo gagnant qui a réussi la double épreuve de ravir son public et de rediriger la pluie loin de nos têtes.

Pour le reste des photos du spectacle, c’est ici!