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2016 en 16 bandes sonores

Vous avez vu, lu et entendu la fantastique sélection que Jean Arousi et moi vous avons concoctée? Vous avez été ravis, mais êtes toujours en reste d’albums à écouter? Qui plus est, vous avez faim de musique instrumentale? Ok. J’ai ce qu’il vous faut. Ici, 16 autres suggestions d’albums, mais cette fois, je me cloisonne dans l’univers des trames sonores composées pour des films (pas toujours aussi excellents que leur musique) et autres petites exceptions. Encore une fois, il s’agit d’une compilation de mes coups de cœur de l’année et non pas d’un palmarès où lesdits albums sont classés. On se lance!

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Stranger Things
Kyle Dixon & Michael Stein

Petite variante, ici : la trame sonore d’une série originale de Netflix. Ultime incontournable de 2016, Stranger Things, probablement la nouveauté dont on a le plus entendu parler cette année. La série de science-fiction a su rejoindre tout le monde : les hipsters ont été ravis, les nostalgiques (que The Goonies avait marqués) furent subjugués et les cœurs plus sensibles ont été charmés. La bande sonore, s’étalant sur deux disques et totalisant un moment de bonheur de deux heures et vingt-deux minutes, est fantastique. Ceux qui ont visionné la série des frères Duffer, Matt et Ross (qui ne l’a pas visionnée, anyway?!), retrouveront dans les lignes musicales des moments de l’intrigue, bien ancrés dans la mémoire auditive. Les synthétiseurs sont à l’avant-poste (en fait, ils constituent quasiment l’entièreté de la trame sonore), comme en hommage aux films des années ’80 qui en ont grandement influencé l’univers. Mirifique.

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Suicide Squad
Steven Price

Celui que plusieurs ont découvert en écoutant Gravity, d’Alfonso Cuarón, en est à la troisième mégaproduction dont il écrit la musique (la deuxième était Fury, de David Ayer). Après le suspense et la tension, il prend d’assaut les oreilles avec une trame bien plus rythmée où règnent… ben… tous les instruments (!). Autant les cuivres que les violons, les percussions, les effets électroniques et même quelques chœurs bien placés, on nous bombarde les sens (ce que le long-métrage duquel l’impressionnante musique est issue n’a pas su faire).

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The Jungle Book
John Debney

C’est le film le plus familial de la sélection (même si Disney possède maintenant les droits de Star Wars), mais la soundtrack, grandiose, plait autant aux enfants qu’aux mélomanes. Agrémentée de quelques performances des acteurs du film (Scarlett Johansson, Christopher Walken et Bill Murray), autant amusantes qu’entrainantes, la musique originale est impeccablement écrite par un John Debney au sommet de sa forme (celle de Jungle Book est indéniablement sa meilleure création).

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Atomic: Living Dead and Promise
Mogwai

La formation écossaise ne s’épuise pas et assure la musique du documentaire de Mark Cousins, traitant de l’histoire nucléaire à travers – uniquement – des images d’archives. Formée en 1991, Mogwai avait il y a trois ans offert la trame de la série française Les revenants, envoutante et lancinante, mais cette année, la subtilité a laissé place aux sons plus percutants et aux arrangements plus amples et menaçants. Quelques moments calmes proposent une halte agréable, mais là n’est pas l’essence de cette excellente soundtrack qui sort des sentiers battus du genre.

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Rogue One: A Star Wars Story
Michael Giacchino

Décrocher ce contrat aurait facilement mener au désastre : les attentes, quand il s’agit de la musique pour un film issu de l’univers de Star Wars, sont toujours immenses. John Williams était de retour à la barre, l’année passée, pour composer la bande sonore du VIIe épisode de la saga, et il a prouvé encore une fois son talent incommensurable. Je me souviens encore de la première fois que j’ai entendu Rey’s Theme… c’était superbe. Ici, pour la première fois, c’est un autre compositeur qui a dû s’affairer à écrire la musique de l’une des plus grandes épopées du cinéma. Giacchino, éternel fan de Williams, a composé une musique tout en respect et en inventivité, où les leitmotivs mélodiques sont rappelés, parfois même soutenus, mais jamais intacts : on joue sur les temps, les intensités, mais on ne joue pas sur le plaisir, parce que celui-ci reste total. Défi relevé pour celui à qui l’on doit la musique, entre autres, de Doctor Strange, Jurassic WorldSuper 8 et à qui on devra celles de War for the Planet of the ApesThe Incredibles 2 et Spider-Man: Homecoming. Petite note intéressante : Giacchino offre, dans le livret officiel de l’album, une version alternative et humoristique des titres des pièces qui y figurent. Ainsi, par exemple, le morceau Cargo Shuttle SW-0608 devient World’s Worst Vacation Destination et Hope devient Live and Let Jedi. Comique, le mec!

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☠ ☠ 
10 Cloverfield Lane
Bear McCreary

Ici commence la parenthèse horreur de la liste.
C’est à Bear McCreary que l’on doit l’incroyablement angoissante (dans le bon sens du terme) musique de la série The Walking Dead. Pas étonnant que l’on ait retenu son nom pour composer la musique de 10 Cloverfield Lane, de Dan Trachtenberg (que Damien Chazelle, réalisateur de La La Land, que vous retrouverez plus loin dans la présente liste, a partiellement écrit). Ici, l’inquiétude est palpable. Le compositeur maitrise les rouages du genre et parvient à rappeler le film à l’auditeur qui l’a déjà vu. Tout est dans les basses et les crescendos.

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☠ ☠ 
The Witch
Mark Korven

Pigeant davantage dans le répertoire folklorique de la Nouvelle-Angleterre, où se déroulent les évènements du long-métrage de Robert Eggers, mais se permettant aussi l’exploration (des mélodies du Moyen-Orient, entre autres, peuvent être dénotées), la trame sonore de The Witch fait partie des plus troublantes que j’aie entendues… en d’autres mots, c’est «weird» à souhait! Il faudra être courageux pour écouter cette excellente musique seul dans le noir, mais quand on aime se mettre soi-même au défi, c’est la trame de prédilection.

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☠ ☠ 
The Conjuring 2
Joseph Bishara

Pour le deuxième volet des récits des Warren, réalisé par James Wan, le compositeur Joseph Bishara, qui avait aussi imaginé la musique savoureusement effrayante du film précédent, garde ses bases et renchérit de textures. Il faut dire qu’il a l’habitude d’écrire la musique de films d’horreur, puisqu’il a aussi composé celle des trois volets de la série des Insidious ainsi que celle d’Annabelle (spin-off de The Conjuring). Or, tout comme dans la soundtrack de The Witch, les voix sont très importantes ici. Si, dans le premier, elles appuyaient la tension, ici, elle la forgent. Rien qu’à en parler, j’ai des frissons. Bon, évidemment, il faut quelque peu être masochiste pour autant triper sur la musique de film d’horreur… mais n’est-ce pas, plus souvent qu’autrement, la musique de ces derniers qui les rend aussi emblématiques (pensez à Jaws ou à Tubular Bells, composée pour l’anthologique The Exorcist)?

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Ici s’achève la parenthèse horreur de la liste.

 

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Arrival

Jóhan Jóhansson

L’Islandais Jóhan Jóhansson n’en est pas à sa première collaboration avec Denis Villeneuve. Il a déjà créé les univers musicaux de Prisoners et Sicario et sera aussi en poste pour Blade Runner 2049, qui sortira l’an prochain. Avec la bande originale d’Arrival, il prouve encore une fois qu’il fait partie des grands du domaine. Cet album sera d’ailleurs fort probablement en nomination au cours de la prochaine édition des Academy Awards (elle l’est déjà pour les Golden Globes, d’ailleurs). Je ne me fatigue pas d’écouter cette trame-là. L’horreur, l’oppression sonore, se mêlent aux teintes plus sci-fi glaciales qu’a imaginées Jóhansson, qui a commencé la composition, alors que le film n’en était qu’au début du tournage, en s’inspirant de quelques concepts graphiques fournis par le réalisateur bécancourois. À noter aussi qu’une exquise pièce de l’Allemand Max Richter, On the Nature of Daylight, non incluse à l’album, peut être entendue au début ainsi qu’à la fin du film.

 

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The Neon Demon
Cliff Martinez

Après Drive et Only God Forgives, Nicolas Winding Refn fait de nouveau confiance au New Yorkais Cliff Martinez, maître des ambiances électro-suaves noires pour The Neon Demon, un film qui a scindé la critique entre «c’est excellent» et «c’est pourri». Je vous laisse vous faire votre propre idée (au moment d’écrire ces lignes, je n’ai toujours pas vu ledit film), mais, chose certaine, la musique qui a été composé pour celui-ci est absolument mémorable : la pièce titre, Neon Demon, première sur l’album, est délicieusement ensorcelante.

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Uncharted 4
Henry Jackman

Henry Jackman, qui a composé la musique des effrénés Kick-Ass, des deux derniers Captain America et des Kingsman, fait le saut du côté vidéoludique, et on souhaite sérieusement que la chose se répète dans les années qui viennent. Greg Edmonson avait écrit celle des trois premiers opus des aventures de Nathan Drake, donnant les bases d’une trame immersive, mais Jackman parvient à rehausser l’intensité et la qualité générale de la soundtrack. L’Italie, le Panama, l’Écosse et Madagascar (pour ne nommer que ceux-ci) profèrent des inspirations musicales à la tonne, se mêlant aux atmosphères des moments mélancoliques ou d’action soutenue à merveille.

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Jackie
Mica Levi

L’Anglaise Mica Levi, aussi connue sous le pseudonyme Micachu, appose au film Jackie, de Pablo Larraín et écrit par Noah Oppenheim, une bande son électronique lourde (mais moins que celle qu’elle avait composée pour Under the Skin, sinistrement parfaite et marquante) mais très artistique, nuancée et viscérale. La trame de trente-cinq minutes seulement rentabilise chaque seconde et maintient le ton tragique des faits historiques qu’elle appuie à merveille. L’approche de Mica Levi diffère de la majorité de ce que l’on entend dans l’univers des soundtracks (quoique celle-ci n’est pas sans rappeler, par moments, l’ahurissante trame qu’avait composée Jonny Greenwood pour There Will Be Blood, de Paul Thomas Anderson), et c’est pour le meilleur : les compositions de celle qui n’a encore que 29 ans témoignent d’un talent maitrisé et laissent poindre à l’horizon une carrière des plus enviables.

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Jason Bourne
John Powell & David Buckley

John Powell avait créé la musique des trois volets de la série des Bourne mettant en vedette Matt Damon, et James Newton Howard avait offert celle du très moyen The Bourne Legacy, où le très moyen Jeremy Renner tenait le premier rôle. Powell connait donc l’univers auquel il s’adonne une quatrième fois. David Buckley vient ici insuffler un vent de nouveauté aux leitmotivs que les amateurs de la série connaissent depuis longtemps. Inspirée en grande partie des lieux de tournages (Espagne, Islande, Italie, Allemagne, Royaume-Uni et États-Unis), la bande sonore est très mouvementée, captivante et la variété des instruments utilisés, fort notable, profère à l’ensemble un sentiment de voyage dont on ne se lasse pas. Et en guise de cerise sur le gâteau, Moby a réarrangé la désormais classique Extreme Ways pour la résurrection de Jason Bourne. Miam.

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Batman v Superman: Dawn of Justice
Hans Zimmer & Junkie XL

Autre bon exemple de trame sonore qui surpasse la qualité du film, celle de Batman v Superman décolle sur les chapeaux de roues, mais pas sans rappeler les pulsations grotesques (dans le bon sens du terme, mettons) qu’avait imaginées Hans Zimmer pour le film Inception (Christopher Nolan). Le tandem avec Junkie XL, qui a servi la musique grandiloquentissime de Mad Max: Fury Road ainsi que celle, pas-si-pire-du-tout, de Deadpool, également parue cette année, est très efficace. L’expérience de l’un se joint à la folie de l’autre et procure une lourdeur fort intéressante. J’espère réentendre ce duo éventuellement… et parlant d’espoir, j’ai aussi celui que l’univers de DC Comics change de cap et se fasse justice en revenant à des films de l’ampleur de la trilogie du Dark Knight qu’avait réalisée Christopher Nolan (oui, encore lui).

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La La Land
Justin Hurwitz

Arrivant à la toute fin de 2016, La La Land, de Damien Chazelle (qui a écrit et réalisé Whiplash, dont la bande sonore, du même compositeur, était également exquise), promet déjà de récolter les honneurs un peu partout. D’ailleurs, il règne au chapitre des nominations en vue des prochains Golden Globes. Ici, je traite de deux albums, tous deux composés par Hurwitz : La La Land (Original Motion Picture Soundtrack) et La La Land (Original Motion Picture Score). Le premier présente les chansons qui figurent dans le film alors que le second contient sa musique originale. La qualité ne varie pas : les deux albums sont magiques. Sur l’un, les voix de Ryan Gosling et Emma Stone, entre autres, sont fabuleuses et presque angéliques (City of Stars) et sur l’autre, les mélodies envoutantes donnent le goût de se plonger dans le monde féérique (mais illusoire, on le sait) d’un Hollywood doré. Du jazz doux et sensible qu’on réécoute sans se fatiguer.

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(Ici, la pièce Planetarium est immédiatement suivie de Summer Montage / Madeline)

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MENTIONS HONORABLES (selon des ouï-dires)

  • Moonlight, Nicholas Britell
  • Before the Flood, Trent Reznor, Atticus Ross, Mogwai & Gustavo Santaolalla
  • Inferno, Hans Zimmer
  • The 9th Life of Louis Drax, Patrick Watson
  • Florence Foster Jenkins, Alexandre Desplats
  • Lion, Hauschka & Dustin O’Halloran
  • Hidden Figures, Hans Zimmer, Pharrell Williams & Benjamin Wallfisch

BONUS EN CADEAU

S’il y a deux bandes sonores de 2015 à écouter, il s’agit de celle qu’ont composée par Ryuichi Sakamoto, Alva Noto et Bryce Dessner pour The Revenant, d’Alejandro González Iñárritu et de celle de l’illustre Ennio Morricone pour le huitième long-métrage de Quentin Tarantino, The Hateful Eight. Voilà, tout est dit.

 

Cet article est symboliquement dédié à la mémoire de Carrie Fisher, l’interprète de la légendaire Princesse Leia.

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Nos 16 albums préférés de 2016

albums2016

Nous sommes en fin d’année, il est alors temps de faire des listes! Puisqu’il est très difficile de faire un décompte de nos albums préférés de l’année qui s’achève, on vous présente nos 16 albums faforis de 2016, pêle-mêle, sans ordre précis. (Nous vous avons même préparé une playlist pour tout écouter en bas de la page. Oui, on est nice de même.)


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Blackstar
David Bowie

L’ultime album du Thin White Duke, paru deux jours avant le décès de l’emblème androgyne, a frappé fort. Autant par ce que cet album est une mine d’univers sonores plus fantasques et oniriques les uns que les autres que par tout ce qui y est véhiculé. La légende, combattant depuis plus d’un an le cancer savait bien ce qui l’attendait. Au travers les sept morceaux de Blackstar (l’unique album où n’apparait pas le visage de l’artiste sur la couverture), Bowie confronte la mort de manière grandiose, encore narquois par moment. Il faut absolument visionner les vidéos issus de la chanson titre et de Lazarus, ceux-ci se complétant horriblement bien. Blackstar est déjà un album iconique. – KB

Chansons à écouter absolument : « Lazarus » et « Girl Loves Me »

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You Want It Darker
Leonard Cohen

En novembre, la faucheuse frappe encore et vient chercher Leonard Cohen, l’un des plus grands auteurs contemporains. Moins d’un mois après avoir lancé You Want It Darker, un album que tout amateur aura entendu comme un adieu. Serein, calme et réfléchi, le créateur de l’immortelle Hallelujah était prêt et, assisté à la réalisation de son fils Adam, il livre un album parfait où sa voix caverneuse épouse des mélodies presque biographiques, revisitant les époques de sa, autant au Québec qu’en Grèce, sur l’île d’Hydra. « I wish there was a treaty between your love and mine », finit-il. Leonard Cohen, grandiose, quitte dans une beauté immense. – KB

Chansons à écouter absolument : « Treaty » et « It Seemed The Better Way »

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angel-olsen

My Woman
Angel Olsen

Le 3e album d’Angel Olsen, My Woman, est de loin son meilleur en carrière. Angel quitte ses sonorités folk et embarque dans un dream-rock assumé. Un album qui se distingue par ses deux actes: la première moitié est entraînante et divertissante : on embarque très facilement dans sa vibe « rock des années 60 ». Alors qu’on se dirige tranquillement vers la seconde moitié, la durée des chansons se rallonge et la progression lente nous transporte dans la douleur de l’artiste. C’est seulement à la toute fin, avec la poignante balade « Pops », qu’Angel se vide enfin le coeur avec sa voix empreinte de peine… et ça nous rentre dedans. Un très bel album qui se balance majestueusement entre la joie, la tristesse et l’espoir. – JA

Chansons à écouter absolument: « Shut Up Kiss Me » et « Sister »

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kaytranada999

99.9%
KAYTRANADA

Kevin Celestin, mieux connu sous le pseudonyme de KAYTRANADA, a remporté le prix Polaris en septembre dernier pour son premier album en carrière, intitulé 99,9%. Un prix grandement mérité pour un album qui nous provient tout droit de Saint-Hubert. Une fois qu’on démarre l’écoute de 99.9%, il est très difficile d’en décrocher. L’album entier est pratiquement une longue chanson à plusieurs vagues, contenant un très beau mélange de R&B, de hip-hop et de « lounge électronique », habilement soutenu par des collaborations de qualité comme BADBADNOTGOOD, Little Dragon et Anderson Paak. Un album qui coule bien, de la première toune à la dernière. – JA

Chansons à écouter absolument: « Lite Spots » et « Got it Good »

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ivblackmountain

IV
Black Mountain

Avec IV, Black Mountain s’amuse à créer de longues mélodies rock progressives, voire pratiquement cosmiques, où ils transportent l’auditeur dans un trip presque Black Sabbath-esque. L’album démarre avec Mothers of the Sun, une pièce de huit minutes où le band nous transporte dans leur trip en ouvrant progressivement ses ailes. Car effectivement, les pièces fortes de cet album sont celles qui durent plus de huit minutes. C’est dans celles-ci qu’on embarque totalement dans cette transe de rock progressif où les guitares s’installent et nous emportent calmement vers les premières paroles prononcés par le duo de chanteurs, Stephen et Amber. On se croirait dans un univers parallèle du rock classique des années 70, avec des influences de vos bands préférés comme Kiss, Fleetwood Mac ou même Led Zeppelin. – JA

Chansons à écouter absolument: « Mothers of the Sun » et « (Over and Over) The Chain »

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nickcaveandthebadseeds

Skeleton Tree
Nick Cave and the Bad Seeds

Un autre album que l’aura de la mort entoure. Huit pièces lourdes, bourdonnantes et déchirantes que l’Australien rend de manière très profonde. Son fils Arthur étant tragiquement décédé alors que les Bad Seeds commençaient de nouvelles sessions d’enregistrement, Nick Cave a été plongé dans une noirceur qu’il a décidé, non sans terrible souffrance, d’épouser. Le documentaire One More Time With Feeling, complémentaire à l’album, est absolument excellent et reste longtemps dans les pensées. Un album d’une puissance inouïe. Nick Cave and the Bad Seeds seront au Métropolis le 29 mai 2017. – KB

Chansons à écouter absolument : « Girl In Amber » et « I Need You »

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chairlift-moth

Moth
Chairlift

Pour de la bonne pop-indie, ne cherchez pas plus loin. Moth est un excellent album pop, avec des refrains super accrocheurs et des mélodies hyper diversifiées. Sur l’un, on peut entendre un rythme avec des claquements de doigts contagieux (Ch-Ching) alors que plus tard, on se laisse emporter dans un groove saccadé (Ottawa to Osaka). Mis à part la belle production léchée de l’album, c’est surtout la belle voix versatile de Caroline Polachek qui brille à travers les dix chansons de l’album, surtout dans les pièces les plus calmes, comme Crying in Public et Unfinished Business. – JA

Chansons à écouter absolument: « Ch-Ching » et « Moth to the Flame »

[Mise à jour: le duo annonce le 17 décembre qu’il se sépare. « Moth » sera donc malheureusement leur dernier album.]

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ultramarr

Ultramarr
Fred Fortin

Ici, on se penche du côté concret des choses. Un album terre à terre, d’une grande poésie du réel, qu’offre Fred Fortin. Bien installé sur la scène musicale québécoise, l’auteur-compositeur-interprète est touchant, volatile inusité à la voix charmante, et Ultramarr ne s’épuise jamais. Les textes varient entre le léger du quotidien et l’omniprésence des sentiments amoureux, en passant parfois par un mal-être dont Fortin sait se moquer habilement. Parmi ce qui s’est produit de mieux au Québec en 2016, sans l’ombre d’un doute. – KB

Chansons à écouter absolument : « Tête perdue » et « Grippe »

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L’Étoile Thoracique
Klô Pelgag

Après un excellent premier album (L’Alchimie des Monstres), Klô a mis la barre très haute. Eh bien, trois années plus tard, avec L’étoile Thoracique, elle réussit à atteindre la barre et même à la dépasser. Son univers unique et éclaté est de retour, et il ne s’essouffle pas une seconde. Pour la conception de cet album, Klô s’est entourée de 20 musiciens pour composer la musique. C’est d’ailleurs son frère Mathieu qui a aidé à concocter les orchestrations. Rajoutez à ça les textes imagés et poétiques de Klô et vous obtenez un album délicieux pour les oreilles. – JA

Chansons à écouter absolument : « Les instants d’équilibre » et « Samedi soir à la violence »

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phantogramthree

Three
Phantogram

Phantogram, c’est comme du bon vin. Plus les années passent, plus ils sont meilleurs. Avec Three, le duo New Yorkais est au sommet de leur art. Ici, Phantogram nous présente un album avec un son beaucoup plus pop qu’avant. Les mélodies sont captivantes et nous restent longtemps dans la tête, puisque Sarah alterne aisément entre le chant et le rap, alors que Josh s’amuse à nous surprendre avec les coupures de rythmes. – JA

Chansons à écouter absolument: « You Don’t Get Me High Anymore » et « Run Run Blood »

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charlottecardinep

Big Boy
Charlotte Cardin

J’ignore si le choix d’inclure un EP dans cette liste est légitime, mais je ne peux pas passer à côté de ce disqueLe petit album de 18 minutes de Charlotte Cardin vaut grandement la peine d’être écouté. Charlotte nous invite dans son univers où elle se livre et nous raconte ses désirs amoureux ainsi que toutes les autres émotions qui en découlent. Avec ce magnifique EP, la Montréalaise nous démontre qu’elle est prête pour la grande scène. – JA

Chansons à écouter absolument: « Dirty Dirty » et « Les échardes »

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plantsandanimals

Waltzed In From The Rumbling
Plants & Animals

Le 4e album du groupe montréalais (qui mérite d’être beaucoup plus populaire!!) est probablement leur album le plus achevé en carrière jusqu’à aujourd’hui. On sent que la longue pause entre le dernier album et celui-ci a été très bénéfique. Sur Waltzed In From The Rumbling, on ne se retrouve pas dans un univers étranger, puisque leur signature de folk-indie est toujours là. Cependant, les meilleurs moments de l’album sont lorsqu’ils nous surprennent en changeant de cap à mi-chemin (comme sur Je voulais te dire) ou pour se diriger vers des finales imprévisibles (comme sur la balade So Many Nights). Un excellent album pop-progressif, fait par un band bien de chez nous. – JA

Chansons à écouter absolument: « No Worries Gonna Find Us » et « So Many Nights »

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lemonadebeyonce

Lemonade
Beyoncé

Beyoncé a étonné tout le monde le 23 avril dernier lorsqu’elle a droppé, sans aucun avertissement, son nouvel album Lemonade sur internet, accompagné d’un impressionnant moyen-métrage musical portant le même titre. Dans cet excellent long-jeu (où des noms comme Jack White, James Blake et Robert Plant ont collaboré!!), Beyoncé livre des chansons où la pop rencontre le funk, le soul, le R&B et le blues à travers des textes traitant de vengeance, d’infidélité et de force féminine. Détrompez-vous: ceci n’est pas « un autre album de pop-hits » pour la radio; ceci est un album puissant, mettant en scène une Beyoncé féroce et totalement assumée. Avec Lemonade, la Queen B vient de gagner la course de la musique pop américaine et laisse tous les autres concurrents loin derrière elle. – JA

Chansons à écouter absolument: « Hold Up » et « 6 Inch (avec The Weeknd) »

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amoonshapedpool

A Moon Shaped Pool
Radiohead

Oh, wow. Comment rester de marbre devant un nouvel album de Radiohead? Thom Yorke et sa bande récidivent et arrivent avec A Moon Shaped Pool, qui s’éloigne de King of Limbs avec un son plus riche et avec des arrangements musicaux très intéressants. Notamment sur le succès Burn The Witch, les violonistes jouent en col legno, c’est-à-dire en utilisant le dos de l’archet (le bois) pour frapper les cordes, ce qui donne un effet de percussion et donne un ton plus féroce à la chanson. D’ailleurs, cette chanson, ainsi que tout l’album, rassemble des textes profonds et dramatiques, dont seul Thom Yorke a le talent créatif. – JA

Chansons à écouter absolument: « Burn the Witch » et « Identikit »

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anohni

Hopelessness
Anohni

Plus connue sous le nom (changé depuis) d’Antony Hegarty, Anohni a fait paraitre en mai dernier un album sombre et désillusionné du nom de Hopelessness (le fait de ne plus avoir d’espoir). En rage devant les multinationales, le traitement honteux de l’environnement et la politique de partout, elle emprunte une musique électronique savante et corrosive et chante, de sa voix digne d’un autre univers, les démons du monde contemporain. D’une tristesse évidente, il n’est pas question ici de laisser poindre l’espoir à l’horizon. C’est un coup de gueule acerbe et vindicatif qui servira de mise en garde, si ça n’est de constat viscéral et urgent. – KB

Chansons à écouter absolument : « 4 Degrees » et « Crisis »

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warpaintheadsup

Heads Up
Warpaint

Les filles de Warpaint, qui nous ont habitués à leur pop calme et apaisante, nous arrivent aujourd’hui avec un album où elles ont décidé d’ajouter des teintes plus rythmées et dansantes à leurs mélodies. Pas beaucoup, mais juste un brin, pour donner un petit « oumf! » tout en gardant le même esprit de tranquillité. Les textes gravitent toujours autour des grands thèmes comme l’amour et l’amitié, mais ce sont les différences de ton utilisées qui viennent ajouter une couche de sincérité aux émotions véhiculées vocalement et musicalement par le quatuor. Heads Up est comme une rêve doux où les filles nous partagent leurs craintes et leurs secrets dans un ouragan de trip-pop réconfortant. – JA

Chansons à écouter absolument: « Whiteout » et « Heads Up »

PLAYLIST SPOTIFY

Écoutez les albums sur notre playlist Spotify ici:
(l’album Lemonade n’est pas disponible sur le service)

MENTIONS HONORABLES:

  • We Got It from Here… Thank You 4 Your Service, A Tribe Called Quest
  • Bottomless Pit, Death Grips
  • Emily’s D+Evolution, Esperanza Spalding
  • How to be a Human Being, Glass Animals
  • S’armer de Patience, Ivy
  • Il, Jean-Michel Blais
  • Caissier Concierge, Julien Gagné et Basta
  • The Life of Pablo, Kanye West
  • ANTI, Rihanna
  • Fixion, Trentemøller
  • Paradise, White Lung
  • Dreamland, Wild Belle
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JULIEN GAGNÉ et BASTA – Caissier Concierge (critique)

Près d’un an après Contre-Courage, opus de cinq titres aux sons variés mais à l’unicité certaine, traitant de perte, d’amour, de peur et du désespoir d’un travailleur épuisé, arrive Caissier Concierge, un album plus long (sept chansons, cette fois), plus précis, plus mature et d’une puissance inouïe. Julien Gagné et Basta (le nouveau nom de la formation) nous servent ici un EP sérieux qui shake les stabilités les plus intrinsèques des classes des plus hauts placés, des plus riches, et ce, dès la première chanson. Intitulée Caissier Concierge 1, celle-ci n’hésite pas à faire un clin d’œil à La tour, pièce de l’album précédent. Elle place le contexte comme ouvrant une histoire qui se dévoilera à mesure de chanson. Sans être un album thématique à part entière, le fil conducteur y est manifeste : la résilience.

S’il faut parler du vrai, c’est ici qu’on le fait avec la plus grande honnêteté, dépourvu des effets de styles qui éloignent l’attention des mots, quand les mots ne la valent pas. Julien Gagné, syndicaliste passionné, parolier depuis une adolescence que l’on sent bien loin derrière, transformée en rigueur, en écoute de soi et en urgence, affronte la vérité avec aplomb et conviction, même si cette vérité est parfois difficile à digérer : « Aussi brillant que tous les planchers qu’il a essuyés, et que le Conseil des Arts et tous les refus qu’il lui a fait essuyer » admet-il, cynique ou ironique, dans le premier morceau. Le fait est qu’il est probablement question, admettant que l’on prenne les paroles au pied de la lettre, du dernier album que Julien Gagné et Basta comptent nous offrir. Et c’est dommage.


(crédit photo : Kevin Brazeau)

Pièce par pièce

Caissier Concierge 1 : Minimaliste au plus haut point, l’ouverture de l’album se fait façon basse et voix. Simple, parlée, autobiographique comme la plupart des chansons de Gagné, le rappel d’un rêve effrité et la volonté d’évasion d’un travailleur entouré de déchets, humains ou autres, trouvent facilement écho chez quiconque s’est déjà fait chier dans une job dégradante. On annonce que ce sera la dernière fois que le caissier concierge s’adressera à nous… écoutons-le autant que le veston ignore la moppe : beaucoup.

J’essaie encore : Angoisse d’un insomniaque éternellement anxieux, la chanson fait tout de même taper du pied, comme le pendule d’une horloge dont le son refuse le sommeil à l’entendeur. La frustration de ne pas s’affranchir de ses démons tapisse aussi le récit qui parfois s’envole, cauchemardesque et cru. Julien Gagné, dont la voix flirte avec l’univers post-punk par ses cris qui ne veulent pas être beaux mais bien virulents, crache une tourmente poétique dont plusieurs passages sauront marquer l’imaginaire dès la première écoute…

« Le désordre au milieu
D’une dernière cigarette
Le souvenir de la fête
Mais y avait pas de fête
Dehors il pleut des cordes
Pour monter jusqu’au ciel
Quand on trouve la vie belle
Certains se pendent avec »

Chez toi comme chez moi : Cette pièce à la progression impressionnante a de quoi rendre jaloux celui ou celle qui tente de poétiser une séparation. Les musiciens, impeccables, et la mélodie, en osmose avec le propos, suscitent immanquablement le frisson. Une histoire d’une triste beauté, aussi habilement déballée que les textes les plus émouvants de Desjardins, piano à l’appui et violoncelle tout en lamentations douces… et puis « la tempête s’amène » : plus le parolier le répète, plus on le sent. Et elle s’amène effectivement dans une catharsis cacophonique – qu’on voudra réécouter et réécouter.


(crédit photo : Fanny Basque)

Les bons sentiments : Récit d’une prise de conscience difficile, expliqué comme à un ami, franc et sarcastique par moments, au rythme entrainant et libérant vers la fin un fiel plus rock, complètement désillusionné : « les hommes entre dans le monde avec leurs souliers sales pour dire « C’est à moi! », pour tout gâcher ». Bien qu’il apporte une certaine légèreté la chanson, on pourra néanmoins questionner le choix du tambourin, qui fait une apparition brève et quelque peu maladroite (c’est peut-être juste moi, aussi). Les bons sentiments n’en perd pas de son impact et, peut-être, cela aide en fait à l’excellent contraste musical entre les deux extrémités de la pièce.

Le concret : Une lourde ligne de basse accueille peut-être la plus belle mélodie de l’album, servie au violoncelle par Julien Thibault. Tantôt surréaliste, tantôt festive et « jumpy », la cinquième pièce arrive au parfait moment, procure un regain d’énergie bienvenu, soutenu par une guitare électrique corrosive, et prend des allures d’ode à la résistance. Les paroles sont vites apprises et on se fera un bonheur virulent de les scander avec les membres de Basta qui les beuglent allègrement : « Ressusciter Allende! Une vraie révolution qui n’est pas scrappée par les États-Unis ». Cri du cœur, force et juste assez de rancœur devant un monde terne qui encourage le terne.

Un abri : Plus douce, plus intime, habillée d’une autre magnifique mélodie – elles sont toutes de Jean-Pascal Carbonneau, camarade créatif de Julien Gagné depuis plusieurs années et qui est à la basse tout au long de Caissier Concierge – l’avant-dernier morceau est empreint d’espoir. Le leadeur de la formation est toujours aussi habité par ce qu’il raconte et c’en est désarmant d’humilité. Grand texte.

Caissier Concierge 2 : On ferme les livres avec un retour musical et lyrique à la première pièce de l’album. Julien Gagné, nouvellement père, dédie cet EP à son enfant, et s’adresse à lui ici de manière lucide et émouvante, sans compliquer les mots : « Tu verras, fiston, que ton papa était un homme exceptionnel, presque aussi grand que toi, le plus grand caissier concierge ». Encore une fois, la résilience est présente, superbe et courageuse. Ça clôt l’album de manière viscérale, dans le plus grand amour possible, et Basta s’installe pour une dernière fois, fait rêver encore.


(crédit photo : Daniela Margina)

Julien Gagné et Basta, on en n’a que peu entendu parler, et pourtant, le matériel qui sort de ces têtes-là est tout simplement renversant. Il est difficile, dans le spectre culturel du Québec actuel, de confronter notre confort ridicule et d’admettre qu’on se nourrit du vide et de la répétition. Il est bien plus simple d’oublier que certains auteurs tentent de révolutionner la musique par la parole. Ici, c’est sans compromis.

L’album est disponible sur la page bandcamp de la formation (http://juliengagneetbasta.bandcamp.com), pour le prix de base de 7$. L’écoute sur place des chansons est entièrement gratuite.

 

Caissier concierge, de Julien Gagné et Basta – ★★★★½

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Le Side B des Muscadettes

Le 6 novembre dernier, les jumelles californiennes/montréalaises Kathleen et Chantal Ambridge du groupe The Muscadettes nous on présenté leur nouveau EP : Side B. Si vous avez déjà entendu leur travail, rien de bien nouveau ici. Pour les autres, imaginez si vous le voulez bien, les Breastfeeders converties en surfeurs. C’est joyeux, c’est dansant, c’est juste assez garage pour ne pas nous donner l’impression d’écouter de la simple pop (comme les autres jumelles Tegan and Sara, par exemple.)
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Avec ses 5 chansons (6 en comptant l’interlude), c’est un EP qui nous laisse sur notre faim, bien évidement. On passe à travers sans presque en prendre conscience tellement les chansons s’enchaînent bien. Il n’y a que la chanson Stray Cats qui détonne du lot: avec les voix soudainement devenues langoureuses, la pièce semble être un B side du groupe anglais Morcheeba. Ce changement de ton n’est pas déplaisant, loin de là. C’est toujours bien d’explorer d’autres avenues, même lorsque l’on possède déjà une formule gagnante.

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Si vous hésitez encore à les laisser entrer dans votre playlist Itunes, laissez moi vous donner un conseil, un secret même. Allez les voir en spectacle. C’est impossible de résister à leur énergie et leur charisme fou. Des musiciennes de talent et une ambiance grungy-joyeuse, c’est un coup de foudre assuré.

Et ça tombe bien, The Muscadettes sont en spectacle samedi 14 novembre au bar Le Ritz. C’est le temps de mettre t-shirt rayé et jean jacket, puis d’aller vous éclater en sortant vos meilleurs moves de dance.

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À Maniwaki avec Francis Faubert

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C’est un 3e opus que présente Francis Faubert après un premier éponyme en 2011 et le EP Duclos – St.Prime en 2013. L’auteur-compositeur-interprète s’est enfermé pendant 1 an dans son shack de l’Outaouais pour préparer ce nouvel album. Soutenu par Dany Placard pour la réalisation et l’enregistrement, l’artiste a lancé au début de l’automne son Maniwaki sous l’étiquette Coyote Records.

Francis Faubert nous propose un album résolument rock qui, bien que teinté des influences de Placard, reste quand même assez singulier et fidèle à son style. Musicalement, le rock est décapant et lourd d’un bout à l’autre, excepté Chaque fois et R’tourne pas danser qui viennent balancer le tout.

Les textes assez crus de Faubert sont basés sur « l’histoire du vrai monde, leur misère, leur beauté, leur poésie ». Difficile de rester insensible en entendant ses phrases souvent un peu tristes, car justement si imprégnées d’une dure réalité : « J’préfère trouver une autre job que tu relèves ta robe en plein hiver ». (R’tourne pas danser)

J’ai trouvé que l’album de Faubert sonne vrai et c’est ce qui m’a conquise. Pas de compromis, pas de faux semblant, l’artiste va où il veut en parlant de ce qu’il veut ! Il nous fait naturellement réfléchir à l’aide de ses histoires et des personnages qui ne l’ont pas toujours facile. Un très bon album à écouter quand on n’a pas trop les blues 😉

En spectacle à Coup de cœur francophone | 5 novembre 20h | Club Soda

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Les soeurs Boulay arrivent à la maison

Texte : Geneviève Dupuis

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Après avoir écouté leur premier album, Le poids des confettis, beaucoup trop de fois pour pouvoir les compter, j’étais impatiente d’entendre ce que Mélanie et Stéphanie Boulay nous avaient mijoté. Sur 4488 de l’Amour, dont la réalisation a été confiée à Philippe B, j’ai retrouvé tout ce qui pouvait faire mon bonheur. J’ai replongé dans cet univers folk pop, accueillant et amical, truffé de descriptions singulières de la vie de tous les jours.  Cet album est une invitation à un party avec la pièce Fais-moi un show de boucane qui est résolument festive et T’es ben mieux d’les ouvrir tes yeux qui nous fait embarquer dans un trip de gang.

Les soeurs Boulay sont maintenant prêtes à faire des essais et des erreurs, mais certainement pas à se faire marcher sur les pieds. On l’entend particulièrement bien dans Langue de bois dans laquelle un trombone souligne le ton espiègle d’un duo qui n’a pas peur d’être mis au défi. Cela se traduit également dans Jus de boussole, texte offert par Stéphane Lafleur (Avec pas d’casque) et dans Sonne-décrisse. En contraste, les soeurs dévoilent leur vulnérabilité dans la pièce Prière, délicate, précieuse et dénudée, laissant place à leurs voix et au piano.

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4488 de l’Amour est un album romantique et coquin. Ça parle de gars et d’attirances à demi-avouées ou complètement assumées. Il y a cet homme rencontré aux Andaman Islands. On retrouve aussi un personnage que les deux chanteuses nous avaient déjà présenté à l’occasion de quelques concerts: un certain Gab des Îles avec son pick-up dans une chanson toute douce et claire-obscure. Avec Alexandre, un amour semble avoir fait son temps sans toutefois être totalement disparu.

Les soeurs Boulay nous offrent encore une fois un album de road trips bien de chez nous auxquels s’ajoutent des voyages exotiques. Pourtant, à travers leurs périples, elles ont su se construire une Maison, se rappeler des souvenirs avec Les couteaux à beurre. Elles sont maintenant arrivées chez elles, dans leur musique. Leur repère chaleureux et lumineux se trouve au 4488 de l’Amour.

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Lancement dans le backyard d’Adamus

Sorel Soviet So What. C’est comme ça que s’appelle l’album que Bernard Adamus a lancé hier soir aux Foufounes Électriques. Un titre qui laisse sa marque et un lancement qui nous a permis de renouer avec l’univers unique d’Adamus! Toutes les photos ici.

Je suis arrivée un peu en retard, la place était déjà bondée de beau monde, tous une bière à la main : l’ambiance s’annonçait déjà très prometteuse! Le show avait lieu dans la cour arrière des Foufs, nous donnant l’impression d’être invités dans le backyard de Bernard. On a pu l’apercevoir avant le show, à gauche à droite, sympathique avec tout le monde, souriant! Il est même venu me dire de ne pas hésiter à monter dans l’escalier pour prendre mes photos. Thanks man. Merci aussi à la sécurité des Foufs et au public qui n’ont pas perdu patience avec les 38 photographes et 13 caméramans.

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Adamus est fidèle à lui-même avec ce nouvel album. Une trame sonore tantôt blues, tantôt folk, tantôt funk. Des textes toujours aussi crus, où notre cher Bernard s’amuse encore à habilement jongler avec les mots. On a pu entendre plusieurs artistes sur scène, des trompettistes aux choristes en passant par le contrebassiste qui ajoutent une chaleur unique à l’album. Tous avaient l’air d’avoir beaucoup de plaisir à être là en ce beau mercredi de septembre. Bernard était lui-même en pleine forme, toujours souriant. Le public lui aussi avait fait ses devoirs, quasiment tous savaient un passage du single sorti en juillet dernier Hola les lolos. C’est décidément la chanson phare de ce nouvel opus très bien construit.

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L’album sera en magasin ce vendredi 25 septembre, une date symbolique peut-être puisque No. 2, était sorti à pareille date il y a maintenant 3 ans. On vous conseille maintenant de mettre votre bibliothèque iTunes à jour!

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Little Mourning de Milk & Bone : de l’électro pour les romantiques

Milk & Bone. C’est deux filles, Camille Poliquin et Laurence Lafond-Beaulne, qui ont fait leur preuve en tant que choristes pour de nombreux d’artistes d’ici. Elles sont également les nouvelles coqueluches de la blogosphère, qui s’est littéralement jetée sur leurs derniers singles, New York, Coconut Water et Pressure.

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Milk & Bone, c’est surtout deux voix cristallines, extrêmement maîtrisées, qui se confondent souvent, si bien qu’on a l’impression qu’elles ne font qu’une. Rajoutez à cela une trame sonore électro-juste assez de synthés-ben à la mode, on a ici la recette gagnante pour un succès qui s’étend bien au-delà de Montréal. Les demoiselles avaient alors un peu de pression pour leur premier opus, Little Mourning. Elles ont cependant remporté leur pari : tout en conservant l’essence des premiers singles, elles réussissent à nous surprendre sur Little Mourning par quelques détours inattendus.

Par exemple, les cordes d’Easy to Read nous ajoutent beaucoup aux beats électros déjà très présents. Le résultat est une chanson ultra-sensible, plus triste que le reste de l’album. Deuxième surprise : la collaboration avec le rappeur torontois Terrell Morris sur Tomodachi. Le mix hip-hop/Milk & Bone fonctionne tellement bien que je m’en veux de ne pas y avoir pensé plus tôt. Mon coup de cœur de l’album reste toutefois la dernière pièce de l’album, la superbe Watch. Les harmonies y sont particulièrement réussies, les voix des filles sont à leur meilleur.

Poliquin et Lafond-Beaulne parviennent également, par les textes des chansons, à créer un univers intéressant. On y parle de se tenir la main, de sentir le battement de cœur, de désir. On y aussi parle de sexe, de tromperie, de regrets. Bref, Milk & Bone réussit à résumer pas mal la vie amoureuse de tous les jeunes gens dans leur vingtaine : un heureux mélange d’innocence et de déception.

Les filles seront en spectacle demain soir, au Centre Phi, pour lancer leur nouvel album. Ça risque d’être prenant et pas mal beau… mes sources me disent qu’elles sont hallucinantes live. On vous y attend.

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Dolce Désir, le nouveau EP chaud de Le Couleur

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(Critique album)

DOLCE DÉSIR (EP)
LE COULEUR

Plusieurs mots pourraient décrire le son du trio montréalais. On pourrait dire: nu-disco, pop, électro, funk, rétro… mais je préfère simplement m’arrêter sur « fun ».

C’est simple, non?

Dolce Désir, c’est un petit album d’environ 16 minutes qui renferme du gros fun musical. On a l’impression de se retrouver à la fin des années 70, là où les premiers sons de synthétiseur rencontraient le dernier souffle des rythmes disco. Des mélodies colorés qui donnent le goût se crêper la tête, porter nos plus beaux habits fluos et aller faire la fête.

Le Couleur, c’est exactement ça… et en français!

Lors d’une entrevue accordée à SiriusXM en 2013, le groupe expliquait justement qu’il y avait un manque de musique danse-disco en français au Québec et qu’il voulait relever le défi. Eh bien, Dolce Désir est un défi très réussi!

Pour mettre un peu de soleil dans votre hiver froid et sec, Dolce Désir est en plein ce qu’il vous faut.

Achetez sur: iTunes / Bandcamp

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Elliot Maginot présente un premier album complet

Les sœurs Boulay nous avaient prévenu il y a quelques mois en publiant une photo sur Instagram : « Elliot Maginot ouvre pour nous et bientôt ce sera probablement l’inverse ».

La prédiction du duo ne s’est pas encore avérée, mais ce n’est peut-être qu’une question de temps. Elliot Maginot présente cette semaine son tout premier album Young/Old/Everything.In.Between sous Les disques Indica. Réalisé par Jace Lasek (Besnard Lakes, Suuns), le disque de 12 chansons fait suite au EP paru en 2013.

Le folk pop de Maginot interpelle dès la première écoute. Des sonorités lumineuses s’unissent à l’interprétation mélancolique de l’artiste. Les claviers, synthétiseurs et guitares, tantôt acoustiques, tantôt électriques, sont mis de l’avant, appuyés par des tambours plus dépouillés. Le résultat est enveloppant et réconfortant.

La voix du chanteur est très engagée et honnête : l’émotion y passe sans artifice. Constamment dédoublée ou déclinée en plusieurs couches, elle installe un effet planant, qui n’est pas sans rappeler celui à qui Maginot emprunte peut-être son pseudonyme : Elliot Smith.

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Les instruments à vent comme la flûte de pan et les cuivres confèrent plus de profondeur et de nuances à la pop de Maginot. Même remarque pour les synthétiseurs. Sur « Jepeto », le son de musique de vieux VHS est bien utilisé. La trame électronique rappelle parfois la dernière offrande de Peter Peter.

Le disque assez doux comporte de nombreuses balades, telle la magnifique « Bell ». Il demeure néanmoins loin des clichés : le caractère très « emo » de l’artiste reste personnel et authentique. Alors qu’il n’est pas simple d’écrire de la pop en français, Maginot fait un effort remarqué avec « Le siècle bruyant ».

Young/Old/Everything.In.Between est un disque qui s’exportera probablement facilement, si on se fie au rayonnement de Half Moon Run à l’étranger. Le premier single « Monsters at War », s’inscrit d’ailleurs dans le style des collègues de chez Indica.

Le lancement aura lieu le 10 février dès 20h, au National. Elliot Maginot sera accompagné de ses musiciens Mathieu LeGuerrier à la batterie, Jesse Mac Cormack aux claviers et Jean-Philippe Hébert (Lisa Leblanc / Les Soeurs Boulay) aux guitares. On nous promet quelques surprises…

Pour acheter des billets, c’est ici.

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Fanny Bloom – Pan : Fougueuse Miss Bloom

Vous avez entendu le tube «Piscine» à la radio cet été? Moi oui, et j’allume ma radio à peine une fois par 6 mois. C’est pour dire à quel point Fanny Bloom est de retour en force cette année!
Fanny Bloom, qu’on a connue avec les gars de Misteur Valaire (Roboto, Kilo Jules) dans la fantastique formation La Patère Rose, s’était ensuite démarquée avec sa carrière solo. Elle avait présenté en 2012 Apprentie guerrière, un album piano-électro-rock que j’avais beaucoup aimé. Cette année, avec Pan, exit le rock! On retourne un peu vers le style de La Patère avec un son généralement plus électro-pop, encore une fois sous la réalisation d’Étienne Dupuis-Cloutier.
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Et c’est bien tout ça? Oui, car on sent le plaisir de Miss Bloom dans chacune des chansons, je la vois presque danser derrière son clavier. Les moments festifs, comme les deux singles «Piscine» et «Danse» (mon coup de coeur), sans représenter la totalité de l’oeuvre, sont tout de même d’excellents défouloirs coupables. On retrouve aussi la touche Misteur Valaire sur deux pièces, «Il Faudra» et «Dead Bird».
Dans les moments plus calmes, on peut prendre le temps de remarquer que Fanny Bloom n’est pas seulement une machine à faire bouger. Elle a une plume qui me parle et me rejoint; elle connait les mots des peines d’amour modernes. Un peu comme on peut le lire sur les sites Les Fourchettes ou This is better than porn, les histoires de peau d’aujourd’hui ne sont pas propre-propre et loin du romantisme classique. Mais notre génération sait se reconnaitre dans les histoires de rencontres de ruelles et de sexe sur le plancher que nous présente la chanteuse. Il y a beaucoup de passion et de faim dans ses textes.

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L’album n’est pas parfait. Les chansons «Évidemment» et «Mélodie», malgré leurs bons moments, m’ont laissé sur ma faim. J’ai aussi un peu grincé des dents en entendant le passage dans «Pan» qui parle de faire disparaitre l’odeur de son amoureux dans le lavage du linge sale.

 

Dansant, langoureux, sexy-fragile et pop, Pan sort le 23 septembre en magasin, et sera lancé au Belmont le 24 septembre (avec prestation gratuite). Je souhaite à Fanny Bloom une longue tournée, car je veux la voir nous présenter sur scène ses nouvelles pièces en plus de ses classiques. Je crois que c’est la preuve d’un bon nouvel album quand j’ai hâte de l’entendre live. Soyez certain que je vous rapporterai des photos de la belle à son clavier!
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Angus and Julia Stone: moins introspectifs, plus confiants

Quatre ans après la sortie de leur deuxième album Down the way et du hit «Big Jet Plane», le duo australien nous revient avec une oeuvre qui marque un sérieux pas en avant. Les sonorités acoustiques sont remplacées par des guitares électriques aux multiples textures. La richesse mélodique ne s’est pas perdue en chemin et elle est maintenant supportée par des interprètes plus confiants et aguerris.

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Après avoir tourné de façon intensive pendant trois ans à travers le monde et reçu une reconnaissance de l’industrie comme du public, le frère et la soeur, qui considéraient leur aventure en duo comme un accident de passage (le temps de trois albums), se sont séparés afin de poursuivre leur route en solo. Chacun a alors pris le temps de créer dans l’intimité, en explorant sa singularité. C’est à la demande du réalisateur vedette Rick Rubin (Adele, Jay-Z, Beastie Boys) que le groupe s’est reformé et a commencé à écrire, non sans une certaine réticence, les titres de l’album intitulé simplement Angus and Julia Stone, comme pour enfin marquer un réel endossement du projet.

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La première partie est remplie de chansons accrocheuses qui donnent envie d’y revenir souvent. Le reste de l’album s’essoufle toutefois; le duo devient victime de cette folk nonchalante qui les caractérise et qui a fait leur succès. Comme si le réalisateur, par souci de conserver la pureté des compositions, avait oublié de relever la sauce de quelques unes. Dans les bons coups, notons la percussive «A Heartbreak», la sensuelle «Grizzly Bear» et «Wherever You Are», qui s’apparente au succès «For You» de l’album précédent.

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Appréciation: ***1/2

Crédit photos: Jennifer Steinglen

 

 

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Pandaléon – À chacun son gibier

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PANDALÉON – À CHACUN SON GIBIER

cover_numeriqueAudiogram nous présente ce groupe, Pandaléon, formé quelque part dans l’est Ontarien. Un groupe composé de Marc-André Labelle (guitares et amplis), Frédéric Levac (claviers, machines et voix) et Jean-Philippe Levac (batterie et percussions) qui vous propose un premier disque, À chacun son gibier, aux inspirations rock, psychédéliques et industrielles.

L’album débute d’abord par la chanson du même titre, où on apprécie beaucoup la musique ambiante et les voix en arrière-plan qu’on entend doucement, agrémentée par les fortes touches de piano qui surgissent de temps à autres. J’aime ce genre d’introduction à un album, on sent l’ambiance dans laquelle le groupe souhaite nous plonger, un peu comme le générique d’ouverture d’un film.

Et s’enchaine parfaitement la seconde pièce, Toune de chasse. On aime le son criard de la guitare électrique et la voix encore ambiantes, qui ressemblent à un échos. Un son rock-psychédélique se fait également très puissant dès le milieu de la chanson, son qui est souvent repris au fil du disque et donne complètement le ton.

On aime beaucoup les changements de rythmes qu’on peut vivre au fil des chansons. Très rapide, le son de la guitare électrique s’emporte, quelques touches de piano délicates et bien mises en évidences s’en suivent, puis la voix plus grave de Frédéric Levac reprend le dessus et fait tout taire autour. Un album qui nous fait vivre des émotions et parcourir plusieurs sentiers : un joli travail de composition.

J’y vois plusieurs inspirations Karkwasienne, particulièrement si vous réécoutez la chanson Échapper au sort ou Dormir le jour sur Le Volume du Vent. Également, une influence à la Malajube qui nous rappelle la manière dont Julien Mineau interprète les chansons de sa voix absente et  atmosphérique. Y a-t-il peut-être un peu trop de ces sons que l’on connaît et reconnaît trop bien ? Par chance, le groupe y ajoute quelques bruits psychédéliques qui rendent presque mal à l’aise (dans le bon sens du terme), comme sur la pièce Comme dans le sang ou la fin de Combler le vide.

Un album qui puise ses inspirations dans la nature sans aucun doute, source infinie de composition, aux saveurs très automnales! On retrouve des titres tels Nature morte, Toune de chasse, Sous les plumes… Également, dans la chanson Basse-cour, on peut carrément entendre les chants criards des oiseaux, des ailes, qui va en ascension et se clos d’un coup sec, c’est très beau et crée une atmosphère dense. Tout comme, dans la chanson Source neuf, on entend très bien les bruits de la nature qui ajoutent cette touche mystérieuse à celle-ci pour bien clore le tout à la manière dont le disque a débuté!

À chacun son gibier vous englobe et vous fait découvrir un jeune groupe qui a une vision musicale bien définie et qui vous offre un album complet, qui se tient et qui vous fait entrer dans cette atmosphère légèrement glauque et rock : à découvrir !